L'Arroseur arrosé

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L'Arroseur arrosé

Réalisation Louis Lumière
Pays d’origine Drapeau de la France France
Sortie 1895
Durée 49 s

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Arroseur arrosé, réalisé par Louis Lumière, est montré pour la première fois le 21 septembre 1895, à La Ciotat, au cours d'une projection privée, puis mis à l'affiche des projections payantes organisées par les frères Lumière à Paris dans le Salon indien du Grand Café, boulevard des Capucines, à partir du 28 décembre 1895, première projection historique de films photographiques animés[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un jardinier arrose son jardin. Un gamin met le pied sur le tuyau d'arrosage. L'homme regarde le bec du tuyau, pensant qu'il est bouché. Le chenapan retire son pied et le jardinier est aspergé. Il n'apprécie pas la plaisanterie, court après le jeune garçon, l'attrape et lui donne une fessée.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre originel : Le Jardinier et le Petit Espiègle
  • Titre plus tardif : Arroseur et Arrosé
  • Titre retenu par l'histoire : L'Arroseur arrosé
  • Réalisation : Louis Lumière
  • Production : Société Lumière
  • Photographie : Louis Lumière
  • Durée : 49 secondes environ (17 m de pellicule)
  • Format : 35 mm, noir et blanc, à double jeu de perforations rondes Lumière par photogramme
  • Pays : Drapeau de la France France

Distribution[modifier | modifier le code]

  • François Clerc : le jardinier
  • Léon Trotobas[2], puis Benoît Duval : le garçon

À propos du titre[modifier | modifier le code]

L'Arroseur arrosé est un titre donné à deux vues comiques réalisées par Louis Lumière, sorties en 1895. La société Lumière nomme ses bobineaux de court métrage, des "vues animées", à l'instar des vues fixes sur verre qu'elle commercialise depuis longtemps avec succès (le mot anglais film, adapté au cinéma pour la première fois par Thomas Edison en 1891, quand il met au point avec son assistant William Kennedy Laurie Dickson, le format 35 mm, encore en usage de nos jours, et que Dickson tourne les premiers "films Edison", s'imposera plus tard).

Le synopsis est adapté d’une page humoristique d’Hermann Vogel, fameuse à l'époque.

En fait, aucun des deux films n'a porté le célèbre titre. La première version est intitulée Le Jardinier et le Petit Espiègle et la seconde version Arroseur et Arrosé, celle-ci étant la seule à être inscrite dans le catalogue Lumière, mais c'est bien sous le titre L'Arroseur arrosé que cette œuvre est retenue par l'histoire du cinéma[3].

Contexte et analyse[modifier | modifier le code]

Véritables piliers culturels, ces films sont particulièrement célèbres dans le monde entier. Ce sont les premières "vues" photographiques animées à suivre un scénario préétabli.

Avant Louis Lumière, Émile Reynaud imagine dès 1892 des scénarios plus complexes, de 1 à 5 minutes, pour ses pantomimes lumineuses projetées dans son Théâtre optique au sous-sol du Musée Grévin. Ses bandes sont à la fois les premières fictions du cinéma et les premiers dessins animés, peints directement sur la pellicule Eastman de 70 mm de large. Reynaud est le premier dans l'histoire du cinéma à utiliser le slapstick, par exemple dans son film Autour d'une cabine (1894)[4].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • La scène a été tournée dans le jardin de la propriété de la famille Lumière à La Ciotat, « Les Terres rousses », qui existait encore en 1960. L'arroseur arrosé est le jardinier des Lumière, et le chenapan est dans la première version un jeune électricien de La Ciotat travaillant sur la propriété des Lumière, dans la seconde le fils d'un ouvrier de leur usine.
  • L'expression "arroseur arrosé" est entrée dans le langage courant et désigne celui qui commet une farce qui se retourne contre lui.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.institut-lumiere.org|Patrimoine Lumière|Le Cinématographe
  2. Le Cinématographe
  3. (sous la direction de) Michelle Aubert et Jean-Claude Seguin, « La Production cinématographique des frères Lumière », Bifi-éditions, Mémoires de cinéma, Paris, 1996 (ISBN 2-9509048-1-5)
  4. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, « Grammaire du cinéma », pages 21 à 23, Nouveau Monde éditions, Paris, 2010 (ISBN 978-2-84736-458-3), 588 pages

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joël Magny, Le Point de vue, Les Cahiers du Cinéma, 2001, p. 19-23.
  • Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, « Grammaire du cinéma », page 34, Nouveau Monde éditions, Paris, 2010 (ISBN 978-2-84736-458-3), 588 pages.

Liens externes[modifier | modifier le code]