L'Arroseur arrosé
L'Arroseur arrosé est un titre généralement donné à deux vues comiques de Louis Lumière (les Lumière nommaient leurs bobineaux de court métrage, des "vues", comme les vues fixes sur verre qu'ils commercialisaient avec succès). En fait, aucun des deux films n'a porté ce titre mais ils sont tous deux adaptés d’une page humoristique d’Hermann Vogel, fameuse à l'époque. La première version est en fait intitulée Le Jardinier et le Petit Espiègle et la seconde version Arroseur et Arrosé, celle-ci étant la seule à être inscrite dans le catalogue Lumière[1]. Véritables piliers culturels, ces films très courts sont particulièrement célèbres. Ce sont les premières "vues" photographiques animées qui suivent un scénario.
Avant Louis Lumière, Émile Reynaud avait dès 1892 imaginé des scénarios plus complexes, de 1 à 5 minutes, pour ses pantomimes lumineuses projetées dans son Théâtre optique au sous-sol du Musée Grévin. Ses bandes étaient à la fois les premières fictions du cinéma et les premiers dessins animés, peints directement sur la pellicule Eastman de 70 mm de large. Il est le premier dans l'histoire du cinéma à utiliser le slapstick, par exemple dans son film Autour d'une cabine (1894)[2].
L'Arroseur arrosé de Louis Lumière est quant à lui la première fiction d'images photographiques animées. Il a été projeté pour la première fois le 21 septembre 1895, à La Ciotat, au cours d'une projection privée historique, puis mis à l'affiche des projections payantes organisées par les frères Lumière à Paris dans le Salon indien du Grand Café, boulevard des Capucines, à partir du 28 décembre 1895[3].
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Synopsis[modifier]
Un jardinier arrose son jardin. Un gamin met le pied sur le tuyau d'arrosage. L'homme regarde le bec du tuyau, pensant qu'il est bouché. Le chenapan retire son pied et le jardinier est aspergé. Il n'apprécie pas la plaisanterie, court après le jeune garçon, le rattrape et lui donne une fessée.
Fiche technique[modifier]
- Réalisation : Louis Lumière
- Production : Société Lumière
- Photographie : Louis Lumière
- Durée : 49 secondes environ (17 m de pellicule)
- Format : 35 mm, noir et blanc, à double jeu de perforations rondes Lumière par photogramme
Distribution[modifier]
- François Clerc : le jardinier
- Léon Trotobas[4], puis Benoît Duval : le garçon
Autour du film[modifier]
- La scène a été tournée dans le jardin de la propriété de la famille Lumière à La Ciotat, « Les Terres rousses », qui existait encore en 1960. L'arroseur arrosé est le jardinier des Lumière, et le chenapan est dans la première version un jeune électricien de La Ciotat travaillant sur la propriété des Lumière, dans la seconde le fils d'un ouvrier de leur usine.
- L'expression "arroseur arrosé" est entrée dans le langage courant et désigne celui qui commet une farce qui se retourne contre lui.
Notes et références[modifier]
- (sous la direction de) Michelle Aubert et Jean-Claude Seguin, « La Production cinématographique des frères Lumière », Bifi-éditions, Mémoires de cinéma, Paris, 1996 (ISBN 2-9509048-1-5)
- Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, « Grammaire du cinéma », Nouveau Monde éditions, Paris, 2010 (ISBN 978-2-84736-458-3)
- www.institut-lumiere.org|Patrimoine Lumière|Le Cinématographe
- Le Cinématographe
Voir aussi[modifier]
Article connexe[modifier]
- L'Arroseur de Georges Meliès (1896)
- The Biter Bit (A joke on the Gardener) de James Bamforth (1900). Voir (en)Wikipedia
Bibliographie[modifier]
- Joël Magny, Le Point de vue, Les Cahiers du Cinéma, 2001, p. 19-23.
Liens externes[modifier]
- Le Jardinier et le petit espiègle, restauré, sur le site de l'institut Lumière (ou lien direct Youtube)
- Enveloppe timbrée représentant la séance du film
- (en) L'Arroseur arrosé sur l’Internet Movie Database