Lézard de Bédriaga

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Archaeolacerta bedriagae • Lézard montagnard corse

Archaeolacerta bedriagae

Description de cette image, également commentée ci-après

Archaeolacerta bedriagae photographié en Corse

Classification selon ReptileDB
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Reptilia
Sous-classe Lepidosauria
Ordre Squamata
Sous-ordre Sauria
Infra-ordre Scincomorpha
Famille Lacertidae

Genre

Archaeolacerta
Mertens, 1921

Nom binominal

Archaeolacerta bedriagae
(Camerano, 1885)

Synonymes

  • Lacerta oxycephala bedriagae Camerano, 1885
  • Lacerta bedriagae Camerano, 1885
  • Lacerta sardoa Peracca, 1905
  • Lacerta bedriagae paessleri Mertens, 1927
  • Lacerta bedriagae ferrerae Stemmler, 1961

Statut de conservation UICN

( NT )
NT  : Quasi menacé

Archaeolacerta bedriagae, le Lézard de Bédriaga ou Lézard montagnard corse, unique représentant du genre Archaeolacerta, est une espèce de sauriens de la famille des Lacertidae[1].

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition de l'espèce.

Le Lézard de Bedriaga se rencontre en Corse et en Sardaigne[1].

Parmi les sous-espèces répertoriées, seule la nominale (Lacerta bedriagae bedriagae) est présente en Corse. Longtemps considéré comme strictement montagnard, ce lézard a été découvert largement en dehors des montagnes au cours des dix dernières années. Il est présent dans la plus grande partie de la Corse, à l'exception des régions les plus septentrionales et de la plaine orientale.

Le Lézard de Bedriaga se trouve généralement entre 600 et 2 000 m d'altitude[2], mais sa répartition altitudinale va du niveau de la mer jusqu'au sommet de la Corse (2710 m au Monte Cinto).

Il recherche les faciès rupestres très faillés ou présentant de nombreuses zones interstitielles. Au niveau de la mer, il peut fréquenter localement une frange littorale quasi abiotique. On le trouve dans les régions pierreuses, falaises, éboulis, murs de pierres sèches et bords de torrents. La seule végétation de son habitat est composée de mousses et de lichens[2].

Description[modifier | modifier le code]

Archaeolacerta bedriagae
Archaeolacerta bedriagae

Le Lézard de Bédriaga a l'air plat et possède une morphologie longue et élancée. Il a le nez pointu et des membres très robustes avec lesquels il grimpe très facilement. Ses écailles sont lisses (non carénées) et collées au corps. La queue est jusqu'à deux fois plus longue que le corps. Il se reconnaît facilement à sa tête effilée et son museau pointu[2].

Taille[modifier | modifier le code]

La longueur du corps varie de 3,7 à 8 cm pour les mâles et de 5,5 à 7 cm pour les femelles. La longueur totale oscille entre 20 et 28 cm.

Coloration[modifier | modifier le code]

La face dorsale est verdâtre, brunâtre, grisâtre, brun jaunâtre ou vert sombre avec des taches de brun foncé à noir plus ou moins développées, souvent réticulées. Le dessus de la tête est plus ou moins vermiculé de noir. La face ventrale est grisâtre, blanc verdâtre, jaunâtre, rosé, rougeâtre ou orangé, avec ou sans taches noires. Les jeunes ressemblent aux adultes, mais la queue est souvent bleu-vert vif.

Dimorphisme sexuel[modifier | modifier le code]

Le mâle est plus grand avec une coloration plutôt verte et une ornementation dorsale marquée et étendue. La femelle a le dos brun avec plusieurs traînées latérales claires.

Éthologie[modifier | modifier le code]

Ce lézard est agile, rapide et bon grimpeur. À 20 °C, la plupart des individus d'une population sont actifs. Il aime sortir par grand soleil et vivre en véritables colonies ; là où ce lézard est abondant, il devient presque grégaire[2], ce qui est un comportement rare chez les Lacertidae.

Hivernage[modifier | modifier le code]

La durée de l'hivernage varie avec l'altitude ; elle peut atteindre 6 à 7 mois.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Il se nourrit d'Invertébrés et occasionnellement de fruits mûrs.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Selon l'altitude, l'accouplement a lieu d'avril à juin. La femelle pond de 3 à 6 œufs, généralement en juillet[2]. L'incubation dure 8 à 9 semaines. Les jeunes qui naissent de juillet à septembre mesurent de 5 à 6,5 cm.

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

Selon Reptarium Reptile Database (9 décembre 2012)[3] :

  • Archaeolacerta bedriagae bedriagae (Camerano, 1885)
  • Archaeolacerta bedriagae paessleri (Mertens, 1927)
  • Archaeolacerta bedriagae sardoa (Peracca, 1903)

Étymologie[modifier | modifier le code]

Cette espèce est nommée en l'honneur de l'herpétologiste Jacques von Bedriaga (1854-1906)[4].

Le nom de ce genre, Archaeolacerta, vient du grec αρχαιος, « ancien, primitif », et du latin lacerta, « lézard »[5].

Le Lézard de Bédriaga et l'Homme[modifier | modifier le code]

En Corse, les bergers les utilisaient pour manger les mouches dans les casgile, constructions en pierre qui servaient à abriter le fromage.[réf. nécessaire]

Publications originales[modifier | modifier le code]

  • Camerano, 1885 : Monografia dei Sauri italiani. Zoologische Anzeiger, vol. 8, p. 417-419 (texte intégral).
  • Mertens, 1921 : Zur Kenntnis der Reptilienfauna von Malta. Zoologische Anzeiger, vol. 53, p. 236-240 (texte intégral).
  • Mertens, 1927 : Herpetologische Mitteilungen. XVI. Eine neue Rasse von Lacerta bedriagae Camerano. Senckenbergiana, vol. 8, n. 3/4, p. 178-180.
  • Peracca, 1903 : escrizione di una nuova specie del Gen. Lacerta L. di Sardegna. Bollettino dei Musei di Zoologia ed Anatomia comparata della R. Universita di Torino, vol. 18, n. 458, p. 1-3.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Référence Reptarium Reptile Database : Archaeolacerta bedriagae  (en)
  2. a, b, c, d et e Losange, 2008 : Amphibiens & reptiles. Découverte nature, éditions Artémis, p. 1-125.
  3. Reptarium Reptile Database, consulté le 9 décembre 2012
  4. Beolens, Watkins & Grayson, 2009 : The Eponym Dictionary of Reptiles. Johns Hopkins University Press, p. 1-296
  5. Jean Lescure et Bernard Le Garff, L'étymologie des noms d'amphibiens et de reptiles d'Europe, Belin, coll. « Éveil nature »,‎ 2006, 207 p. (ISBN 2-7011-4142-7)