Kodak Kodachrome

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Kodachrome II - Film pour diapositives couleur

Le Kodachrome est un film inversible couleur qui fut produit par la firme américaine Kodak jusqu'en juin 2009. C'est le premier procédé soustractif de l'histoire du cinéma, il fut breveté en 1915 par J.G Capstaff. Inventé par Leopold Godowsky, Jr. et Leopold Mannes, il est introduit en 1935 en format 16 mm pour le cinéma. L'année suivante, Kodak le rendra disponible au format 8 mm et 35 mm, toujours pour le cinéma. L'utilisation des appareils photo de petit format commençant à se développer à la même époque, le Kodachrome au format 35 mm trouve alors une utilisation en photographie.

Le 22 juin 2009, après 74 ans de fabrication et après qu'elle eut conquis le titre de pellicule couleur la plus vendue au monde, Kodak annonce la fin de la fabrication de la pellicule Kodachrome.

Le 13 juillet 2010 est développée la dernière cartouche de film Kodachrome produite par les usines Kodak. Le 30 décembre 2010 a été le dernier jour pour déposer les pellicules à développer à l'unique laboratoire traitant encore les films Kodachrome[1].

Principe[modifier | modifier le code]

Kodachrome 64

L'obtention des couleurs se fait au moyen d'une synthèse soustractive. De façon simplifiée, on peut dire que la Kodachrome consiste en trois films noir et blanc superposés (un pour chaque couleur fondamentale ; trichromie) - ceci se retrouve dans le grain particulier de ce film (visible surtout avec la Kodachrome 200), plus consistant et sec que ce qu'on voit avec les films inversibles ultérieurs (de type Ektachrome) ou avec les films négatifs couleur.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Traitement[modifier | modifier le code]

Le procédé de développement a évolué et est aujourd'hui appelé K-14. Complexe, il n'est pas accessible à un amateur : par exemple, il faut répéter trois fois (une fois pour chaque couleur fondamentale) un traitement délicat dans lequel les couleurs finales de l'image sont apportées chimiquement (chaque couche argentique à l'origine monochrome prenant alors sa couleur adaptée)

Jusqu'en 2010, il ne restait qu'un seul laboratoire dans le monde qui se chargeait de ce traitement[2], celui-ci était donc toujours effectué par correspondance. Les films Kodachrome vendus en Europe étaient d'ailleurs livrés avec une enveloppe permettant un développement sans frais supplémentaires, ce qui relativisait le prix élevé lors de l'achat. Ce laboratoire a définitivement arrêté le développement du Kodachrome le 30 décembre 2010.

Rendu[modifier | modifier le code]

Le rendu du Kodachrome se caractérise par un contraste important, des couleurs vives et saturées. Le rouge est sa couleur dominante. À l'inverse des films inversibles E-6 qui se déclinent en plusieurs versions ; des couleurs les plus vives aux couleurs les plus neutres. Ce rendu atypique associé à une certaine époque, combiné à un grain très fin, a fait les beaux jours de la presse illustrée et de bien des cinéastes au cours du XXe siècle.

Durabilité[modifier | modifier le code]

Utilisé pour l'archivage avant l'avènement du numérique, en particulier dans de nombreux Musées, le film Kodachrome a longtemps présenté une durabilité des teintes exceptionnelle, bien supérieure à toutes les émulsions couleurs concurrentes d'une certaine époque. Bien que cette réputation de durabilité a longtemps fait un mythe, il s'est avéré qu’après plusieurs années, les couleurs finissent tout de même par virer (l'argentique n'est pas éternel). La recherche et le développement des derniers traitements E-6, si les bains sont biens préparés et selon le type de film, ont permis une durabilité accrue qui n'a plus rien à envier au K-14.

Types de films, et périodes de production[3][modifier | modifier le code]

Film Date
film Kodachrome 16 mm, daylight (ASA 10) & Type A (ASA 16) 1935–1962
8 mm, daylight (ASA 10) & Type A (ASA 16) 1936–1962
35 mm et 828, daylight & Type A 1936–1962
Kodachrome Professional film (plans-film) daylight (ASA 8) et Type B (ASA 10) 1938–1951
Traitement K-11
Film Kodachrome 35 mm and 828, Type F (ASA 12) 1955–1962
Kodachrome Professional film 35 mm, Type A (ASA 16) 1956–1962
Kodak Color Print Material Type D (slide duping film) 1955–1957
Traitement K-12
Film Kodachrome II 16 mm, daylight (ASA 25) et Type A (ASA 40) 1961–1974
8 mm, daylight (ASA 25) et Type A (ASA 40) 1961–1974
S-8, Type A (ASA 40) 1965–1974
35 mm et 828, daylight (ASA 25) 1961–1974
Professional, 35 mm, Type A (ASA 40) 1962–1978
Kodachrome-X film 35 mm (ASA 64) 1962–1974
Format 126 1963–1974
Format 110 1972–1974
Traitement K-14
Film Kodachrome 25 35 mm, daylight 1974–2001
Film cinéma, 16 mm, daylight 1974–2002
Film cinéma, 8 mm, daylight 1974–1992
Film professionnel, 35 mm, daylight 1983–1999
Film Kodachrome 40 35 mm, Type A 1978–1997
Film cinéma, 16 mm, Type A 1974–2006
Film cinéma, S-8, Type A 1974–2005
Film cinéma sonore, S-8, Type A 1974–1998
Film cinéma, 8 mm, Type A 1974–1992
Kodachrome 64 35 mm, daylight 1974–2009
Format 126, daylight 1974–1993
Format 110, daylight 1974–1987
Film professionnel, 35 mm, daylight 1983–2009
Film professionnel, daylight, format 120 1986–1996
Kodachrome 200 Film professionnel, 35 mm, daylight 1986–2004
35 mm, daylight 1988–2007

Traitement et abandon du procédé[modifier | modifier le code]

Après l'arrêt en 2002 de la fabrication de la Kodachrome 25 (film photo), en 2005 de la Kodachrome 40 (film cinéma Super 8 et 16 mm), en novembre 2006 de la Kodachrome 200, la production de la dernière Kodachrome 64 au format 35 mm ne se faisait plus qu'une fois par an[2]. La firme de Rochester a annoncé le 22 juin 2009 l'arrêt définitif de la commercialisation de la Kodachrome 64[4]. Le traitement des pellicules a été être assuré jusqu'à la fin de l'année 2010, date de péremption portée par les dernières pellicules commercialisées.

Le dernier laboratoire européen (à Renens en Suisse) a fermé le 30 septembre 2006, celui de Tokyo en décembre 2007[2]. Il n'a subsisté jusqu'au 30 décembre 2010 qu'un laboratoire au monde, traitant tous les types de films Kodachrome, Dwayne's Photo Service[1], situé dans la petite ville de Parsons aux États-Unis.

Le laboratoire Kodak de Lausanne, bien qu'il ne développe plus les films sur place, a continué à recevoir ceux-ci et les transmettre aux États-Unis pour qu'ils y soient développés, jusqu'au 23 décembre 2010. Les films photographiques Kodachrome « développement compris » ont donc pu, jusqu'à cette date être expédiés pour l'Europe à l'adresse de l'ancien laboratoire de Lausanne[5] :

Kodak Photo Service
Case Postale
1001 Lausanne
Suisse
Ancien laboratoire Kodak à Lausanne

Les pellicules avec développement inclus pouvaient être envoyées à cette adresse jusqu'au 30 novembre 2010. (Elle fut finalement repoussée sans annonce préalable au 30 décembre 2010 à 7h00[6]. Après cette date et jusqu'au 30 décembre 2010 à midi, les pellicules ont pu être envoyées directement aux États-Unis à Dwayne's Photo Service, avec une facturation du développement.

Le développement des pellicules Kodachrome par le procédé couleur K-14 n'est plus possible à compter du 31 décembre 2010[7].

La dernière cartouche de film Kodachrome produite a été confié par Kodak à Steve McCurry. Il s'en est servi pour photographier New York, sauf les 3 dernières images du film, qui ont été prises à Parsons, où est sis Dwayne's Photo Service. Cette pellicule a été développée en 13 juillet 2010 par Dwayne's Photo Service[8].

Numérisation[modifier | modifier le code]

Une diapositive Kodachrome montée s’insère comme toute autre diapo dans un scanner de diapo. À l’issue d’une numérisation classique, le résultat sera inutilisable dans presque tous les cas ; une forte dominante bleue est souvent visible. Certains constructeurs offrent dans leur logiciel de numérisation des profils couleurs Kodachrome spécifiques en vue de remédier à ce problème. Toutefois, un calibrage IT8 s’avère nécessaire pour des scans en couleurs fidèles à l'original.

À grains particulièrement fins, les diapositives Kodachrome présentent une résolution très élevée et une très grande plage de densité. Un scanner à haute résolution (3 000 dpi minimum) présentant une grande plage de densité est donc nécessaire si l’on ne souhaite aucune perte à l’issue de la numérisation.

Les techniques de différents scanners qui détectent et corrigent les imperfections telles que les poussières, les rayures, les traces de doigt etc. au moyen d'un canal infrarouge additionnel, ne peuvent être employées ou seulement dans certaines conditions sur les Kodachrome en raison de la présence d’halogénure d’argent. Le scanner de film sorti en 2004, le Nikon Coolscan 9000 ED, est le seul scanner en vente jusqu'ici qui permet sans logiciel additionnel d'éliminer efficacement les poussières et les rayures sur les films Kodachrome. Des concepteurs de logiciels indépendants travaillent actuellement sur le développement d'outils de suppression de poussières et de rayures. Depuis fin 2008, le logiciel SilverFast utilise une variante améliorée de la technologie iSRD (infrared based Smart Removal of Defects), courante sur tous les scanners de film Nikon et de nombreux scanners d'autres constructeurs et permettant d’obtenir des résultats de haute qualité.

Photographes célèbres et Kodachrome[modifier | modifier le code]

Voici une liste non exhaustive de photographes célèbres utilisant (ou ayant utilisé) la Kodachrome pour une partie importante de leur production :

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]