Joseph Saurin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saurin.

Joseph Saurin, né à Courthézon (Vaucluse) le 1er septembre 1659 et mort à Paris le 29 décembre 1737 (à 78 ans), est un mathématicien français. Il est le frère puiné du théologien protestant Élie Saurin et le père de l'auteur dramatique Bernard-Joseph Saurin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Pierre Saurin, pasteur protestant à Courthézon au moment de sa naissance, et de son épouse Suzanne Matté, Joseph Saurin fut éduqué et formé par son père ; celui-ci lui enseigna la théologie réformée et l'hébreu[1]. Il devint lui-même pasteur en 1684 et prêcha dans le Dauphiné.

Sa liberté de parole ne tarda pas à lui attirer des ennuis. Il alla exercer son ministère en Suisse en 1683, d'abord à Bercher, puis à Yverdon. En 1685, en dépit de fortes pressions exercées sur lui, il refusa de signer le Consensus de Genève (en) ; la Révocation de l'Édit de Nantes date de la même année. Il quitta la Suisse par suite de querelles religieuses ou, selon certains, afin d'éviter une condamnation pour vol. Revenu en France, il s'installa à Paris et, sous l'influence de Bossuet, se convertit au catholicisme en 1690[2].

Louis XIV lui fit alors une pension de 1 500 livres, qu'il consacra à l'étude des mathématiques. Il entreprit de les enseigner et se lia avec Guillaume de L'Hôpital, Nicolas Malebranche et Pierre Varignon. De 1702 à 1703, il participa à la rédaction du Journal des savants. En 1702, il engagea une controverse avec Michel Rolle au sujet du calcul différentiel, qui l'intéressait particulièrement. Il en appela à l'Académie des sciences : celle-ci ne voulut pas se prononcer contre Rolle, qui en était membre, mais elle accueillit Saurin en son sein quelques années plus tard, en 1707. Selon Fontenelle, Saurin était partisan de la théorie des tourbillons, qu'il soutint contre Huygens.

Ami d'Antoine Houdar de la Motte, Antoine Danchet, Nicolas Boindin, familier du café de la veuve Laurent rue Dauphine, il fut accusé par Jean-Baptiste Rousseau d'être l'auteur de poèmes injurieux et blasphématoires. Cette accusation parut d'autant plus plausible que Saurin avait montré beaucoup d'aigreur et de méchanceté dans la querelle qui l'opposait, avec ses amis, à Rousseau, et il fut arrêté le 24 septembre 1710 et passa quelques mois en prison. Mais il put démontrer que les témoins produits contre lui avaient été subornés et fut blanchi par une sentence du Châtelet du 12 décembre 1710, confirmée par un arrêt du Parlement de Paris du 27 mars 1711, qui condamna en outre Rousseau à lui verser une somme de 4 000 livres.

Il se retira alors et passa le reste de sa vie à s'occuper de mathématiques. Il écrivit sur le problème de Jacques Bernoulli[Quoi ?] et sur la théorie des oscillations du pendule de Christian Huygens.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sciences[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

  • « Éloge de Bossuet », dans Recueil des oraisons funèbres, prononcées par messire Jacques Bénigne Bossuet, évêque de Meaux. Nouvelle édition, revûe avec soin & considérablement augmentée, Paris, Desaint & Saillant, 1762[3]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard de Casaban, « Joseph Saurin, membre de l'Académie royale des sciences », dans Mémoires de l'Académie de Vaucluse, 6e série, t. II 1968, p. 187–310 — Aussi publié en monographie
  • Bernard le Bouyer de Fontenelle, « Éloge de M. Saurin », 1737 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fontenelle
  2. (de) Andreas Räss et Ferdinand Janner, Die Convertiten seit der Reformation nach ihrem Leben und aus ihren Schriften dargestellt, vol. 8, p. 452, Herder'sche Buchhandlung, 1868.
  3. http://www.sudoc.fr/060736097