Jean l'Aumônier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Saint Jean.
Monument funéraire et retable de St Jean l'Aumônier Église San Giovanni in Bragora
Saint Jean l'Aumônier, de Titien. Église San Giovanni in Bragora

Jean l'Aumônier, Jean V d'Alexandrie et Jean de Chypre, né dans la seconde moitié du VIe siècle et mort en novembre 619 ou 636, est patriarche d'Alexandrie de 610 au 11 novembre 619[1].

Saint patron de la ville de Casarano, il est fêté le 23 janvier en Occident et le 11 novembre en Orient.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean naquit à Chypre dans la seconde moitié du VIe siècle. Marié, il devint père de famille et fonctionnaire impérial. Veuf, il entra alors dans l'Église et déménagea à Alexandrie en Égypte, où le peuple le nomma archevêque et patriarche de la ville en 608, même s'il n'avait pas reçu le sacerdoce. Il lutta contre le monophysisme. Sa première action fut de recenser tous les pauvres de son diocèse. Il en compta sept mille cinq cents. Jean les logea tous dans son palais patriarcal et la nourriture ne manqua jamais grâces aux prières et miracles de celui-ci. Lors de l'invasion de la Palestine par les Perses, de nombreux réfugiés vinrent se cacher à Alexandrie qui était alors la deuxième cité de l'Empire romain. Jean les accueillit chez lui avec une grande générosité. Il soigna lui-même les blessés, créa de nombreux hôpitaux et fonda la première maternité pour que les femmes accouchent dignement.

Il dut partir d'Alexandrie, avant de mourir en 619.

D'après la Légende dorée, il donna tout ce qu'il possédait aux pauvres, qu'il appelait ses « seigneurs ». Un riche, qui vit que Jean n'avait sur son lit plus que des guenilles, lui offrit une couverture très précieuse. Mais durant la nuit qui suivit, Jean ne put dormir en songeant à tous ses « seigneurs » qui auraient pu être couverts grâce à sa valeur, aussi le lendemain la vendit-il et distribua l'argent aux pauvres. Le riche le découvrit, et lui racheta une couverture, que Jean revendit aussitôt. Le riche racheta encore une couverture, en disant à Jean : « Nous verrons qui se lassera, toi de vendre, ou moi de racheter. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Après sa mort, il fut appelé Jean le Miséricordieux. Il fut proclamé Saint par l'Église catholique et orthodoxe. Ses reliques furent transportées d'Alexandrie à Venise, où son corps intact et quelques vêtements sont encore vénérés dans une chapelle à droite du chœur de l'Église San Giovanni in Bragora.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Venance Grumel, Traité d'Études Byzantines, vol. I : La Chronologie, Presses Universitaires de France, Paris, 1958, « Patriarches Melkites d'Alexandrie », p. 443.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léontios de Néapolis, Vie de Syméon le Fou et Vie de Jean de Chypre, éd. A.J. Festugière, L. Ryden, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1974.
  • (en) E. Dawes (dir.), Three Byzantine Saints: Contemporary Biographies of St. Daniel the Stylite, St. Theodore of Sykeon and St. John the Almsgiver, Londres, 1948.
  • (it) Leonzio di Napoli, Vita di S. Giovanni Elemosiniere, patriarca di Alessandria, Monza, 1866.
  • Jacques de Voragine, La Légende dorée, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, publication sous la direction d'Alain Boureau.

Lien[modifier | modifier le code]