Nicétas (patrice)

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Nicétas (ou Nikétas), né vers 570 et mort après 619 ou en 629, esr un général et patrice byzantin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Grégorios, frère de l'exarque de Carthage Héraclius l'Ancien, et de sa femme Euphemia, fille de Jean Mystacon et de sa femme Placidia, et petit-fils paternel de Theodorus et de sa femme Vigilantia, nièce maternelle de Justinien Ier. Il fut le mari de sa cousine germaine Gregoria, fille de Héraclius l'Ancien et d'Epiphania.

Avec son cousin Héraclius le jeune (plus tard l'empereur Héraclius) il organise en 609 une expédition contre Constantinople pour y détrôner l'usurpateur Phocas. Héraclius le jeune prit la tête de la flotte, tandis que Nicétas, à la tête des forces terrestres, envahit l'Égypte et la Palestine.

Après le couronnement de son cousin Héraclius à Constantinople, Nicétas reçut le titre de patrice et gouverna l'Égypte en tant que préfet augustal. Il nomma son ami le chalcédonien Saint Jean l'Aumônier patriarche d'Alexandrie, mais entra en conflit avec lui quand il tenta de réquisitionner des biens de l'Église pour financer l'effort de guerre contre les Perses.

En 611 Nicétas tenta en Syrie, près d'Émèse (Homs), d'arrêter les Perses commandés par Schahr-Barâz, général de Chosroès II, et retourna à ConstantinopleHéraclius le confirma comme commandant des armées du sud. L'Empire n'y gagna que deux ans de répit. En 613 Nicétas ne put arrêter l'avance des Perses qui s'emparèrent de Jérusalem. Nicétas fit retraite vers l'Égypte. Tandis que la Vraie Croix était emportée en Perse, Nicétas ne put sauver que la relique de la Sainte Lance de Jérusalem (ou un fragment de celle-ci) et la rapporta à Constantinople[1].

Selon l'historien Walter Emil Kaegi, la Sainte Lance fut apportée à Constantinople par un autre Nicétas, fils du général perse Schahr-Barâz en 629[2].

Malgré ces échecs Nicétas garda la confiance de son cousin l'empereur. Héraclius Constantin, le jeune fils d'Héraclius, fut fiancé à Grégoria, la fille de Nicétas.

De 616 à 619 Nicétas tenta, avec l'aide du patriarche chalcédonien Saint Jean l'Aumônier, de regrouper les forces chrétiennes en unissant chalcédoniens (l'Église orthodoxe) et monophysites (qui étaient favorisés par les Perses) mais il ne put empêcher l'invasion de l'Égypte. Il retourna à Constantinople et fut nommé exarque de Carthage. Il transmit à sa mort cette charge à son fils Grégorios.

Sa fille Grégoria Anastasia, née ca 612 et décédée après 650, avait épousé son cousin l'empereur Constantin III et sa fille Niké, née ca 615 et décédée après 630, s'était mariée avec son cousin Théodosius, né en Perse en 622, était sourd-muet et mourut ca 631 ou en alternative, avant 641, frère ainé d'Héraclonas, sans postérité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il existe plusieurs versions byzantines de cet événement qui fit grand bruit, au moment où la prise de Jérusalem par les « barbares » était ressentie comme la plus grande catastrophe de tous les temps. Le Chronicon Paschale précise : « Sacra spongia […] veneranda lancea e sacris Hierosolymarum locis allata est, quam quidam familiaris execrabilis Sarbarae, acceptam a barbaris, dedit Nicetae » : « la Sainte éponge […] la lance vénérable fut rapportée des lieux saints de Jérusalem ; un familier de l’exécrable Sarbaras l’avait reçue des barbares et donnée à Nicétas ».
  2. Walter Emil Kaegi, Heraclius, Emperor of Byzantium p.189, Cambridge University Press, 2003

Bibliographie[modifier | modifier le code]