Jean-Pierre Bibring

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Jean-Pierre Bibring

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Jean-Pierre Bibring à l'Espace des sciences, 24 janvier 2012

Naissance 24 juin 1948 (66 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau : France Français
Champs Astrophysique
Institutions Prof. de physique à l'Université Paris-Sud 11.
Astrophysicien à l'IAS d'Orsay
Diplôme Maîtrise en physique et doctorat en astrophysique à l'Université Paris-Sud 11 d'Orsay en 1978.
Renommé pour Responsable de l'instrument OMEGA en fonctionnement sur la sonde Mars Express depuis début 2004

Jean-Pierre Bibring, né le 24 juin 1948 à Paris, est un astrophysicien français.

Carrière[modifier | modifier le code]

Titulaire d'un doctorat en astrophysique obtenu en 1978 à l'Université Paris-Sud 11, il exerce comme professeur de physique à l'Université Paris-Sud 11, et comme astrophysicien à l'IAS d'Orsay. Il intervient à haut niveau sur plusieurs programmes spatiaux de premier plan, notamment, par le passé, la mission Cassini-Huygens, conjointe entre le JPL et l'ESA, qui a étudié Saturne et ses satellites, dont notamment Titan en 2005, et actuellement la mission MRO de la NASA, en orbite autour de Mars depuis le printemps 2006, ainsi que les missions Venus Express et Mars Express de l'ESA.

En tant que responsable de l'instrument OMEGA de Mars Express, il est à l'origine d'une chronostratigraphie minéralogique de la planète Mars sensiblement différente de l'échelle des temps géologiques martiens généralement acceptée[1]. Cette approche novatrice repose sur un système stratigraphique en trois éons :

  • Phyllosien : « âge des argiles » antérieur à 4,2 Ga, terrains caractérisés par la présence de phyllosilicates, dont des argiles, vraisemblablement formés sous l'action d'eau liquide
  • Theiikien : « âge sulfurique[2] » entre 4,2 et 3,8 Ga, géologie dominée par les minéraux soufrés résultant du volcanisme martien
  • Sidérikien : « âge ferrique[3] » après 3,8 Ga, époque de formation des oxydes de fer anhydres, omniprésents à la surface de la planète et responsables de sa couleur rouge.

La datation précise de ces éons demeure largement incertaine, et l'analyse détaillée des résultats d'OMEGA suggère en fait une discontinuité ente le Phyllosien et le Theiikien, faisant coïncider le début de ce dernier avec l'Hespérien de la géologie martienne[4] tout en maintenant une durée moindre pour le Phyllosien que pour le Noachien, ce qui conduit du même coup à réajuster la définition des époques géologiques martiennes :

Cette discontinuité, qui coïnciderait plus ou moins avec l'hypothétique « grand bombardement tardif » (LHB en anglais, daté plutôt entre 4,1 et 3,8 milliards d'années), matérialiserait en fait l'époque d'activité volcanique maximum, qui se prolongerait au Theiikien en disparaissant progressivement au fur et à mesure que la planète aurait perdu l'essentiel de son activité interne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jean-Pierre Bibring, Yves Langevin, John F. Mustard, François Poulet, Raymond Arvidson, Aline Gendrin, Brigitte Gondet, Nicolas Mangold, P. Pinet et F. Forget, ainsi que l'équipe OMEGA : Michel Berthé, Jean-Pierre Bibring, Aline Gendrin, Cécile Gomez, Brigitte Gondet, Denis Jouglet, François Poulet, Alain Soufflot, Mathieu Vincendon, Michel Combes, Pierre Drossart, Thérèse Encrenaz, Thierry Fouchet, Riccardo Merchiorri, GianCarlo Belluci, Francesca Altieri, Vittorio Formisano, Fabricio Capaccioni, Pricilla Cerroni, Angioletta Coradini, Sergio Fonti, Oleg Korablev, Volodia Kottsov, Nikolai Ignatiev, Vassili Moroz, Dimitri Titov, Ludmilla Zasova, Damien Loiseau, Nicolas Mangold, Patrick Pinet, Sylvain Douté, Bernard Schmitt, Christophe Sotin, Ernst Hauber, Harald Hoffmann, Ralf Jaumann, Uwe Keller, Ray Arvidson, John F. Mustard, Tom Duxbury, François Forget, G. Neukum, « Global Mineralogical and Aqueous Mars History Derived from OMEGA/Mars Express Data », Science, vol. 312, no 5772,‎ 21 avril 2006, p. 400-404 (ISSN 1095-9203, lire en ligne)
    DOI:10.1126/science.1122659
  2. Terme forgé à partir du grec ancien τὸ θεΐον signifiant « le soufre » ; la racine exacte serait plutôt l'adjectif *θειικον dans le sens de « sulfurique. »
  3. Terme forgé à partir du grec ancien ὁ σίδηρος signifiant « le fer » ; la racine exacte serait plutôt l'adjectif *σιδηρικος dans le sens de « ferrique. »
  4. Science – 21 avril 2006 « Sketch of the alteration history of Mars, with phyllosilicates formed first, then sulfates, then anhydrous ferric oxides, » dans l'article cité plus haut (DOI:10.1126/science.1122659)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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