Jacomo Fontana

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Jacomo Fontana ou Giovanni Fontana (1393-1455) était un médecin, naturaliste, physicien, mécanicien et écrivain technique italien auteur d’un Bellicorum instrumentorum liber.

Biographie[modifier | modifier le code]

Peu d’éléments biographiques sont connus. Jacomo Fontana serait né vers 1393 et mort vers 1455 : il était donc le cadet de Filippo Brunelleschi et de Konrad Kyeser.

En 1418, il étudia les arts et la médecine à Padoue. Il fut médecin appointé de la République de Venise et appartint en cette qualité, de 1420 à 1430, aux armées qui stationnaient à Brescia.

Fontana appartient à la première génération d’ingénieurs italiens, génération dont les préoccupations furent plus larges que celles des prédécesseurs comme Konrad Kyeser[1].

Le Bellicorum instrumentorum liber[modifier | modifier le code]

Bellicorum instrumentorum liber
Un automate

Fontana est le premier des italiens dont nous ayons conservé des œuvres écrites et, en particulier un carnet de dessins de machines connu sous le nom complet de Bellicorum instrumentorum Liber, cum figuris et fictitys litoris conscriptus dont le seul exemplaire est conservé à la Bayerische Staatsbibliothek de Munich.

Le livre comprend 70 pages avec plus de 140 illustrations accompagnées de brèves notices, en général la première phrase est en latin, mais la suite est en écriture cryptographique. L'utilisation d'une écriture cryptée a peut-être pour objectif de garantir la propriété de son travail en rendant la lecture plus difficile. Il permet aussi de protéger le contenu et peut aider à se souvenir du texte.

Il s’agit d’un « Théâtre de machine », analogue à ces ouvrages qui vont se multiplier au XVIe siècle.

Son intérêt n’est pas exclusivement militaire. L’hydraulique, les fontaines, et les adductions d’eau sont développés et le principe du siphon est utilisé à plusieurs reprises, siphon que l'on retrouvera dans tous les carnets d’ingénieurs du XVe siècle.

Poursuivant la tradition grecque puis arabe, les automates y tiennent une large place et fonctionnent par toutes sortes de mécanismes dont des transmissions par cordes. C’est également dans l’œuvre de Fontana qu’est repris le dessin de l’éolipyle d'Héron d'Alexandrie. On y trouve quelques machines à abattre les murailles mais rien sur les armes de jet ou l’artillerie [1].

Jacomo Fontana s’intéressa aux sciences naturelles et à la physique et apparaît ainsi plus savant que praticien[2].

Autres publications[modifier | modifier le code]

Secretum de thesauro experimentorum ymaginationis hominum[modifier | modifier le code]

Ce livre (Paris, Bibliothèque Nationale, Cod. Lat. Nouv. Acq. 635) est consacré aux dispositifs mnémoniques, de la mémoire et des expériences de philosophie naturelle. Fontana y a utilisé le même codage pour rédiger les commentaires[3].

Pour mémoriser, on peut utiliser des instruments internes ou externes. Fontana présente ses instruments externes qui sont de véritables machines avec des rouleaux qui permettent des combinaisons de lettres[4].

Della prospettiva[modifier | modifier le code]

Ce manuscrit, rédigé vers 1455, se trouve à la Biblioteca Riccardiana, Florence, Ricc. 2110[5]. Dans ce manuscrit, Fontana s'intéresse à l'optique[6].

Autres écrits[modifier | modifier le code]

  • Nova compositio horologi (Biblioteca Universitaria di Bologna MS 2705 f. 1-52). 1418.
  • De horologio aqueo (Biblioteca Universitaria di Bologna MS 2705 f. 53 sg.). Scritto verso il 1417 e dedicato a un amico di nome Poliseo.
  • De pisce, cane et volucre (Biblioteca Universitaria di Bologna MS 2705 f. 85-105). 1417-1418.
  • De trigono balistario (Oxford, Bodleian Library, MS Canon Misc. 47). Scritto a Udine nel 1440.
  • De omnibus rebus naturalibus. Scritto intorno al 1450. È una grande enciclopedia stampata nel 1545 da Ottaviano Scoto a Venezia sotto il falso nome di Pompilio Azzali Piacentino.

Publication[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Les ingénieurs de la Renaissance - Bertrand Gille
  2. Histoire des techniques - Bertrand Gille
  3. H. Omont Un Traité de Physique et d'Alchimie du XVe Siècle en Ecriture Cryptographique, p.  253-258, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes no 58, Paris, 1897) Texte
  4. Lina Bolzon, La chambre de la mémoire: modèles littéraires et iconographies à l'âge de l'imprimerie, p. 164-167, 221, 222, 282, Librairie Droz, Genève, 2005 (ISBN 978-2-600-00528-5[à vérifier : isbn invalide]) Extraits
  5. Istituto e Museo di Soria delle Sienza : Giovanni Fontana, Della prospettiva, ms., c. 1460
  6. Sven Dupré, Visualization in Renaissance optics : The function of geometrical diagrams and pictures in the transmission of practical knowledge, p. 20, dans Transmitting Knowledge: Words, Images, And Instruments in Early Modern Europe, édité par Sachiko Kusukawa et Ian MacLean, Oxford University Press, New York, 2006 (ISBN 978-0-19-928878-6) Texte

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (s. dir.), Bertrand Gille : Histoire des techniques, Gallimard, coll. « La Pléiade », 1978 (ISBN 978-2-07-010881-7)
  • Les Ingénieurs de la Renaissance, Thèse Histoire, Paris, 1960 ; Seuil, coll. « Points Sciences » 1978 (ISBN 2-02-004913-9);
  • Eugenio Battisti, Giuseppa Saccàro Battisti, Le macchine cifrate di Giovanni Fontana, con la riproduzione del Cod. icon. 242 della Bayerische Staatsbibliothek di Monaco di Baviera e la decrittazione di esso e del Cod. lat. nouv. acq. 635 della Bibliothèque nationale di Parigi, Arcadia Edizioni, Milan, 1984 (ISBN 978-8885684065) ; p. 167

Lien externe[modifier | modifier le code]