Hermann Contract

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Hermann ContractHermann de Reichenau

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Hermann Contract (à droite) avec un astrolabe

Surnom Hermann le Contrefait
Naissance 18 juillet 1013
Altshausen, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Décès 24 septembre 1054 (à 41 ans)
Abbaye de Reichenau, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Activité principale Compositeur, astronome, chercheur, mathématicien

Hermann Contract[1] ou Hermann de Reichenau ou encore Hermannus Contractus (18 juillet 1013 - 24 septembre 1054), surnommé Hermann le Contrefait, fils du comte d'Altshausen était paralysé depuis son enfance (d'où son surnom latin de Contractus). Il a passé sa vie entière dans le monastère de Reichenau comme moine, écolâtre, savant et hymnographe. Il aurait composé l’Alma Redemptoris Mater, le Salve Regina et peut-être l’Ave Regina.

Il a développé sa propre notation de musique, a traité d'astronomie et de chronométrage et écrit une chronique excellente et de grande précision.

On doit à son élève Berthold une courte Vita d'Hermann de Reichenau. Il est honoré comme saint par l'Église catholique romaine et fêté le 25 septembre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Hermann descendait d'une famille noble de Souabe, les comtes Altshausen. Il souffrait depuis sa naissance d'une paralysie spastique générale, et pour cette raison n'apprit jamais à marcher et avait beaucoup de peine à parler d'une façon compréhensible. Il reçut le surnom de contractus à cause de ses infirmités. À l'âge de sept ans, en septembre 1020, il vint au monastère de Reichenau, sur le lac de Constance, qu'il ne devait plus quitter de toute sa vie. Il reçut la formation habituelle donnée à l'époque dans les couvents et il y exerça la fonction d'écolâtre. Il acquit des connaissances exceptionnelles en histoire et en musique comme en mathématiques et en astronomie.

Relique de saint Hermann Contract à Altshausen.

C'est sans doute à lui qu'on doit la répartition des heures en minutes (probablement pour ses observations astronomiques). Il joua de son temps un rôle fondamental dans la transmission des connaissances mathématiques et astronomiques qui jusque-là venaient exclusivement des Arabes ; c'est ainsi qu'il inventa le terme astronomique « Almicantarat » pour désigner un cercle parallèle à l'horizon sur la sphère céleste. Il inventa un astrolabe, une machine à calculer, divers instruments de musique. La question est discutée de savoir s'il pouvait parler l'arabe ou, au moins, le lire ou s'il avait la possibilité de recourir aux compétences d'autres moines[2]. Sur le plan artistique, il se distinguait comme compositeur et poète. Vers l'âge de 30 ans, il prononça ses vœux monastiques. Il mourut en 1054 et fut inhumé dans la tombe de famille à Altshausen.

Hermann Contract a composé plusieurs chants à la Vierge Marie. On lui attribue en particulier l'Alma Redemptoris Mater et le Salve Regina[3]. On lui devrait aussi le Veni Sancte Spiritus[4].

On disait de lui qu'il était « la merveille du siècle », tandis que lui prétendait :

« Je suis le rebut des pauvres du Christ qui marche à la traîne des philosophes, plus lent d'esprit qu'un ânon.  ».

Son importance[modifier | modifier le code]

Sa chronique est une source essentielle pour l'histoire du milieu du XIe siècle. Compte tenu de ses conditions de vie difficiles, on ne saurait sous-estimer son mérite d’être monté si haut dans le savoir et d’avoir poursuivi activement ses recherches. Même si, du point de vue de l’histoire des sciences, on ne saurait voir en lui le prodige de l'époque, il ne compte pas moins parmi les savants éminents de son temps, et le médiéviste Arno Borst admire l’universalité de ses connaissances, alors que ses apports propres ont eu du mal à s’imposer. Sa véritable importance réside surtout dans son rôle de compilateur, c'est-à-dire qu’il a rendu accessible la connaissance déjà disponible en la présentant de façon intelligente et claire.

Liste de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Historiographie[modifier | modifier le code]

  • "Chronique" (Chronicon). Cette chronique va de la naissance du Christ jusqu'à l'année 1054. Elle a été continuée par son élève Berthold de Reichenau jusqu'à l'an 1080. On peut la consulter en ligne.
  • "Vies des empereurs Conrad et Henri" (Gesta Chuoradi et Heinrici imperatorum). Il s'agit en fait de simples d'additions à la "Vie de Conrad" (Gesta Chuoradi) composée par le prêtre Wipon (Wipo Presbyter).

Musique et musicologie[modifier | modifier le code]

Salve Regina de Herman de Reichenau chantée par Les Petits Chanteurs de Passy
  • "Traité sur la Musique" (De musica). On peut le consulter en ligne.
  • "Séquences" : "Séquence de la Sainte Vierge" (Sequentia de beata Maria virgine)[5]; "Grates honos hierarchia"; "Rex regum Dei Agne"; "Benedictio trinae unitati"[6]; "Exurgat totus almiphonus".
  • Antiennes : les célébrissimes antiennes Alma Redemptoris Mater et Salve Regina lui sont souvent attribuées.

Histoire[modifier | modifier le code]

Afra-Officium, éd. Brambach, 1892. "Andere, wahrscheinlich nicht mehr erhaltene, laut der Vita eines Schülers, Berthold" ("D'autres, qui ne sont probablement plus conservées, selon la Vita d'un élève, Berthold").

Astronomie et mathématiques[modifier | modifier le code]

  • "Traité de la mesure au moyen de l'astrolabe" (Liber de mensura astrolabii), révision d'un œuvre de Gerbert d'Aurillac.
  • "Traité en deux parties sur l'utilisation de l'astrolabe" (De utilitatibus astrolabii libri duo). Seul le premier chapitre paraît être d'Hermann.
  • "Traité du mois lunaire" (De mense lunari, où la durée de ce mois est évaluée à 29 jours, 12 heures et 29 minutes)[7].
  • "De la composition des horloges" (De horlogiorum compositione): il n'en subsiste qu'un fragment[8].
  • "Règles pour le calcul chronologique" (Regulae in computum).
  • "Traité du Jeu de Pythagore appelé Aritmomachie"(De conflictu arithmimachiae)[9].
  • "Comment faire des multiplications avec un abaque" (Qualiter multiplicationes fiant in abaco)[10].
  • "Traité sur la Géométrie" (De geometria).

Poésie[modifier | modifier le code]

  • "Poème (didactique) sur les huit principaux vices (Carmen de octo vitiis principalibus)[11].
  • "Vers en guise d'épitaphe pour sa mère" (versus pro epitaphio matris suae), inséré dans sa Chronique.
  • "Martyrologe (Martyrologium)[12].

Différents noms[modifier | modifier le code]

  • En latin : Hermannus Contractus Augiensis ("Heriman le Paralysé de Reichenau")
  • En allemand : Hermann von Reichenau, Hermann der Lahme ("le Boiteux"), Hermann von Altshausen.
  • En français : Hermann ou Hermann le Contrefait, le bienheureux Hermann, Hermann de Reichenau.
  • En anglais : Herman Contractus, Herman the Cripple, Herman of Reichenau, Hermann of Reichenau, Blessed Hermann of Reichenau.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire de patrologie - Paul Belouino - A.Sevestre - Migne - 1854 - disponible sur Gallica
  • Prions en Église - Éditions Bayard - N° 261 - page 19

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon la notice d'autorité de la BnF n° FRBNF13484586
  2. Biographie Universelle ancienne et moderne de Louis Gabriel Michaud disponible sur Gallica 19e tome - 1857
  3. Séances de Congrès archéologique de France - 1854 disponible sur Gallica
  4. lequel a aussi été attribué à Robert le Pieux, ou au pape Innocent III
  5. L'attribution de cette séquence à Hermann a été discutée, cf. Oesch, p. 145. On peut la consulter en ligne
  6. Attribution pratiquement incontestée.
  7. Édité par Meier à Einsiedeln en 1887.
  8. Édité par Oesch en 1961.
  9. Édité par Wappler en 1892.
  10. Édité par Treutelein en 1877.
  11. Édité par Dümmler en 1867
  12. Édité par Dümmler en 1885.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]