Henri Antoine de Favanne

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Henri Antoine de Favanne

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Autoportrait, v. 1730,
Collection privée (Vente Paris, hôtel Drouot, Delorme, 16 décembre 2009, lot. 30).

Nom de naissance Favanne
Naissance 3 octobre 1668
Londres
Décès 27 avril 1752 (à 83 ans)
Paris
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activités Peintre
Maîtres René-Antoine Houasse
Mouvement artistique Baroque

Œuvres réputées

décors du Château de Chanteloup

Henri Antoine de Favanne est un peintre français, né à Londres en 1668, mort à Paris en 1752.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri de Favanne naquit à Londres, le 3 octobre 1668, de l'union d'Antoine de Favanne et de Catherine Coché.

Des « Gens très-croyables qui ont vécu avec lui dans sa jeunesse, assurent que sa mère accoucha de lui sur mer en passant de Calais à Douvres. La lamille conteste le fait, qui de là deviendroit un peu problématique, à moins qu'on voulût présumer qu'elle ne conteste que par un sentiment d'amour-propre mal conçu » nous indique Hendrick van Huslt, membre honoraire de l'Académie Royale et historiographe de l'institution[n 1],[1].

Le père d'Henri de Favanne était né sur le sol français et, toujours selon Huslt, « Il entendoit fort bien la chasse ». C'est pourquoi Charles II d'Angleterre, le prit à son service et le fit son premier veneur, place dans laquelle il fut continué sous Jacques 11. L'historiographe assure que Jacques II voulut même que cette charge passât à Henri de Favanne, alors tout juste âgé de 15 ans : « Il s'agissoit de le mettre en état de la bien remplir. L'Angleterre n'avoit pas encore eu l'esprit de faire de la chasse une science réglée. Le roi vouloit surtout que son premier veneur donnât bien du cor. Notre Henri fut envoyé en France, pensionné de son maître, pour se former dans ces deux talents. »

Mais, si Favanne père semblait parfaitement remplir les espérances de ses fonctions, son jeune fils, « avoit tout le flegme d'un philosophe contemplatif » avouait Huslt. « On l'appeloit chez lui le solitaire, par la peine qu'on avoit de l'arracher de son cabinet. C'étoit la peinture qui l'y retenoit. Elle s'étoit montrée à lui par des estampes des maîtres d'Italie et de France qui pénétroient de temps en temps à Londres ; il employoit jusqu'à son nécessaire pour s'en procurer, et les copioit sans relâche. A force de s'opiniâtrer à ce travail, il y fit des progrès si séduisants qu'il les prit pour des preuves de génie et d'une vocation marquée pour l'art. Il se trouva dans ces dispositions lorsqu'il arriva à Paris, chargé de donner du cor et de courre le cerf. »[2].

Henri de Favanne par Jacques Autreau. Morceau de réception à l'Académie Royale en 1741. Paris, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts

Pourtant, Favanne réussit à obtenir un congé pour étudier le dessin et la peinture, consacrant même une partie de sa pension à cela. Il prit ses leçons de René-Antoine Houasse dont le coloris avait déjà acquis une certaine réputation : « Par une sorte de mouvement sympathique, le jeune Favanne choisit pour son instituteur celui de tous les maîtres de ce temps qui étoit peut-être le moins propre à tirer parti d'un génie tel que le sien. Ce fut M. Houasse. Le disciple avoit bien plus besoin d'être échauffé que d'être contenu. C'est l'exemple du maître et le ton de son école qui peuvent seuls communiquer quelque portion de ce feu qu'on regarde comme l'âme de la peinture, et qu'on peut dire qui manquoit ici. L'application la plus fervente a beau offrir des compensations, elle n'en fournit jamais qui vont au grand et au sublime. Cela n'exclut point qu'elle ne peut former des maîtres d'un ordre méritant. »[3]

Celle du jeune Favanne fut couronnée jusqu'à trois fois par l'Académie. Il obtint d'elle le premier des petits prix du quartier d'octobre 1689, et de celui de janvier 1692, et elle lui adjugea le premier des grands prix de peinture de l'année 1693.

Henri de Favanne. Hercule et Omphale

Les difficultés des temps ne permirent pas d'abord qu'il recueillît le principal fruit de cette dernière victoire, et que le roi l'envoyât à Rome. Il s'y rendit à ses frais. Peu de mois après qu'il y fut arrivé, il fut admis au nombre des pensionnaires de S. M. Ce fut en 1695. Pendant le séjour qu'il fit à Rome, il se lia d'amitié avec M. d'Aubigny, secrétaire de la princesse des Ursins. L'on cite ici cette liaison parce qu'elle influa beaucoup sur les principaux événements de sa vie. Il ne quitta Rome qu'en 1700, après avoir vu faire l'ouverture du grand jubilé séculaire.

De retour à Paris, il se présenta à l'Académie et y fut agréé le 29 janvier 1701. Il reçut d'elle à cette occasion une distinction honorable pour ses mœurs : celle d'être dispensé de certifier par acte de son pays, comme tout étranger qui cherche à entrer chez elle y est tenu, suivant la délibération du 6 mai 1662. M. de Favanne fut reçu académicien, le 23 août 1704, sur un tableau où il avoit pris pour sujet l'Espagne offrant la couronne à Philippe de France, duc d'Anjou.

Ce sujet n'avoit pas été choisi sans dessein. La cour de Madrid avoit des vues sur le jeune académicien auxquelles il s'empressa de répondre. Il s'y rendit l'année suivante et y fit divers ouvrages de marque, dont il a fourni un état détaillé[n 2], et qui l'occupèrent jusqu'au renvoi de la princesse des Ursins. La destinée de cette princesse décida de la sienne et le ramena en France. Il y suivit M. d'Aubigny, qui, des biens immenses qu'il avoit amassés en Espagne pendant sa grande faveur, avoit acquis la terre de Chanteloup, en Touraine, et y avoit fait bâtir un château magnifique. L'opulente disgrâce dont il jouissoit se fit un principal de s'occuper de l'embellissement du dedans de ce château. Son ami Favanne fut engagé à s'y dévouer, et on lui fit entendre qu'il y retrouverait la fortune qu'on avoit négligé de lui ménager en Espagne.

L'on peut dire que ce que M. de Favanne a fait de plus considérable et de plus recommandable, ce sont les ouvrages qu'il a faits dans cette espèce de palais[n 3]. Ils consistent entre autres :

  • 1° Dans une grande galerie, où, dans tableaux, il a représenté les événements les plus remarquables de l'histoire du roi Philippe V.
La bataille d’Almança ou La bataille de Villaviciosa (v. 1714) - Esquisse pour le décor du château de Chanteloup (Tours, musée des Beaux-arts) - Acquis en 2007.
  • 2° Dans un salon très-vaste dans le plafond duquel il a peint la chute de Phaéton et qu'il a décoré en tout son pourtour de plusieurs grands tableaux relatifs à ce sujet.
  • 3° Et dans une suite de morceaux fort étudiés, représentant l'histoire de la sainte Vierge, et placés dans la chapelle du château, compris la coupole où il a peint une Assomption.

Ces travaux l'ont occupé uniquement l'espace de six autres années, mais peu utilement. L'amitié de son patron étoit une amitié de cour, abondante en promesses, stérile au décompte. Le traitement qu'elle assigna à notre artiste l'a mis mal à son aise pour le restant de ses jours.

L'Académie l'élu adjoint à professeur le 29 mai 1717, professeur le 28 septembre 1725, adjoint à recteur le 26 mars 1746, et recteur le 6 juillet 1748.

Il mourut à Paris le 27 avril 1752, et ainsi âgé de 83 ans, 6 mois et 24 jours.

« Homme de bien dans le sens le plus exact, sage, posé, laborieux. Il paroît difficile d'apprécier ses ouvrages, surtout dans un éloge académique. Nos habiles maîtres les ont regardés comme un vrai paradoxe pittoresque, et les ont trouvés composés dans les règles, assez bien dessinés, peints et coloriés, pas mal entendus du côté de la disposition des groupes, des draperies, etc. Avec tout cela, ils leur ont toujours paru ramener droit au proverbe italien : Senza la gracie ogne fattica e vane. La tranquillité d'âme, si louable dans les actions de la vie, peut devenir un grand défaut, comme on voit, lorsqu'elle s'étend jusque sur les productions de l'art. »

Prix de Rome de peinture en 1693.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Prix de Rome : Rebbeca, fille de Bathuel, choisie pour être la femme d'Isaac.
  • Auxerre, Musée Leblanc-Duvernoy, Corolian quittant sa famille pour combattre contre sa patrie, huile sur toile, 0,97 par 1,29.
  • Auxerre, Musée Leblanc-Duvernoy, Corolian supplié par sa femme et sa mère, huile sur toile, 0,97 par 1,29.
  • Marseille, Musée des Beaux-Arts : Junon vient trouver l'Océan pour lui demander que la grande ourse ne vienne jamais plonger dans ses eaux.

Postérité[modifier | modifier le code]

Son fils Jacques fut graveur.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Hendrick van Hulst, Faits qui semblent pouvoir figurer dans la vie de Henri de Favanne, recteur de l'Académie
  2. « Cet état est entre les mains de M. Lépicié ». (Note de Hulst.)
  3. « Ces ouvrages sont aussi indiqués dans l'état mentionné ci-dessus». (Note de Hulst.)

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles-Philippe de Chennevières-Pointel, Louis Étienne Dussieux, Paul Mantz, Anatole de Montaiglon, Édouard Soulié, Mémoires inédits sur la vie et les ouvrages des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture, publiés d’après les manuscrits conservés à l’école impériale des beaux-arts, vol. II, Paris, Société de l'histoire de l'art français,‎ 1854 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Anatole de Montaiglon, Procès-verbaux de l’Académie royale de peinture et de sculpture (1648-1793) publiés par Anatole de Montaiglon d’après les registres originaux conservés à l’École des beaux-arts de Paris, Paris, Société de l’histoire de l’art français,‎ 1875-1892

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