Hanns Heinz Ewers

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Hanns Heinz Ewers

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Activités écrivain, réalisateur, globetrotter
Naissance 3 novembre 1871
Drapeau de l'Allemagne Düsseldorf
Décès 12 juin 1943
Drapeau de l'Allemagne Berlin
Langue d'écriture allemand
Mouvement fantastique, épouvante
Genres roman, nouvelle

Œuvres principales

Hanns Heinz Ewers (1871 - 1943) est un écrivain, réalisateur et globetrotter allemand. Auteur de nouvelles, romans et pièces de théâtre, il a élaboré une littérature de l'étrange proche du fantastique et de l'épouvante. Ses récits souvent macabres et érotiques lui ont conféré une réputation d'écrivain scandaleux. Son œuvre a été interdite en 1935 par les nazis, avec lesquels il entretenait des rapports ambigus.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fait ses débuts en 1901 en récitant des poèmes humoristiques sur la scène du cabaret berlinois Uberbrettl, à l'époque où il entretient une liaison avec Frida Uhl. Il se lie d'amitié avec l'anarchiste Erich Mühsam, et fonde sa propre troupe avec laquelle il part en tournée. Après cette période, ayant besoin d'argent pour rembourser ses dettes et financer ses projets de voyages, Ewers réalise des traductions (en particulier de textes de Villiers de l'Isle-Adam) et écrit des contes pour enfants. Il part pour l'Amérique en 1906. Son voyage le mènera jusqu'en Haiti, où il découvre le culte vaudou.

En 1907 paraît le recueil de nouvelles Das Grauen, qui remporte un grand succès. 1908 : séjour en France. Rédaction de sa plus célèbre nouvelle, L'Araignée. Les années suivantes voient la parution des romans L'apprenti-sorcier et Mandragore. Il continue à voyager.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Ewers, qui se trouve alors aux États-Unis, se rapproche des nationalistes allemands, et ce malgré ses affinités avec la France. Il va même jusqu'à collaborer à la propagande allemande. Lorsque les États-Unis entrent en guerre, il est arrêté et incarcéré. Il ne peut rentrer en Allemagne qu'en 1920.

Plus par opportunisme[1] que par antisémitisme, il adhère au parti national-socialiste en 1931. Une fois les nazis au pouvoir, il se voit confier la rédaction d'une biographie de Horst Wessel, un membre important du parti, décédé en 1930. Mais le projet se transforme bientôt en un roman "à scandale" où l'accent est mis sur les vices de Wessel. S'ensuit dans les milieux nazis une polémique qui aboutit en 1935 à une interdiction de publier. Les œuvres d'Ewers sont alors censurées. Cependant, cette compromission temporaire avec le nazisme nuira terriblement à sa postérité.

Points de vue[modifier | modifier le code]

Écrivain à succès avant la guerre, Ewers était cependant très mal perçu dans les milieux intellectuels. Bertolt Brecht l'a qualifié de « pornographe en vogue ». Heinrich Mann quant à lui trouvait ses récits « faussement démoniaques et intentionnellement malsains ».

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • L'apprenti-sorcier (Der Zauberlehrling oder die Teufelsjäger, 1909)
  • Mandragore (Alraune. Die Geschichte eines lebenden Wesens, 1911)
  • Vampir. Un roman tout en couleurs et en lambeaux (Vampir. Ein verwilderter Roman in Fetzen und Farben, 1920)
  • Der Geisterseher, 1922
  • Fundvogel. Die Geschichte einer Wandlung, 1928
  • Reiter in deutscher Nacht, 1932
  • Horst Wessel, edition allemande 1933. Édition française 2010, aux Éditions de l'Homme Libre.

Principaux recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Der gekreuzigte Tannhäuser, 1901
  • C.33 und anderes, 1904
  • Dans l'épouvante (Das Grauen, 1907)
  • Die Besessenen. Selsame Geschicten, 1908
    contient la nouvelle L'araignée
  • Grotesken, 1910
  • Mein Begräbnis und andere seltsame Geschichten, 1917
  • Nachtmahr, Seltsame Geschichten, 1922
  • Von sieben Meeren, 1928

Hanns Heinz Ewers est l'auteur d'une œuvre abondante et très diversifiée qui n'est que très partiellement traduite en français. Il a également écrit un essai sur Edgar Allan Poe en 1905, ainsi que le libretto de l'opéra Die toten Augen (Les yeux morts) de Eugen d'Albert.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur ce passage, voir p. 250 de Lionel Richard, Nazisme et culture, éditions Complexe, 2006
  2. Wilfried Kugel est l'auteur d'une thèse quasi-exhaustive sur Hanns Heinz Ewers publiée en 1992, Der Unverantwortliche. Das Leben des Hanns Heinz Ewers (L'irresponsable. La vie de Hanns Heinz Ewers).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]