Hétérocères

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Pour le langage commun, les papillons de nuit sont ceux des papillons qui sont actif entre le moment où le soleil est couché et l'aube.

On a autrefois nommé « Papillons de nuit » Les Hétérocères ou Heterocera qui formaient un sous-ordre de Lépidoptères, tout à fait abandonné actuellement, fondé sur la simple opposition aux Rhopalocères.
Par rapport à ces derniers, caractérisés par leurs antennes (-cères) « en massues » (rhopalo-), ils regroupaient, sans logique rationnelle, « tous les autres » (hétéro-).

Adaptations à la vie nocturne[modifier | modifier le code]

Les papillons vivant la nuit bénéficient de plusieurs adaptations à l'environnement nocturne, variant selon les espèces.

  • Ils détectent bien la lumière (qui attire la plupart des espèces ; c'est le phototropisme)[1].
  • Ils disposent d'une certaine capacité d'audition ; Leurs principaux prédateurs (des adultes) sont les chauve-souris, mais de nombreuses espèces disposent d'organes auditifs leur permettant d'entendre les ultrasons lancés par les chauve-souris[2].
  • La plupart des espèces ont des couleurs qui les camouflent très bien le jour, quand ces papillons sont inactifs.
  • Ils disposent d'organes olfactifs permettant à des mâles de percevoir les phéromones émises par des femelles situées à des distances parfois considérables[Combien ?].
  • Certaines espèces disposent d'un organe leur permettant de chanter (dans le domaine des ultrasons)

Classification[modifier | modifier le code]

La classification actuelle se base sur des analyses phylogénétiques, tendant à des regroupements naturels, essayant de rendre compte de l'apparition des taxons supérieures selon l'évolution. Ce terme voudrait désigner, à tort, les « papillons de nuit », alors qu'un très grand nombre d'hétérocères sont diurnes.

Les quelque 80 % de Lépidoptères ainsi distingués sont très divers, mesurant de quelques millimètres jusqu'à 30 cm d'envergure. Ceux qui volent de nuit ont bien sûr des couleurs généralement sombres, avec de notables exceptions surprenantes. Les diurnes (Zygènes, Sésies, Castnides, et de nombreuses espèces dans toutes les superfamilles) sont souvent très colorés, comme la plupart des Rhopalocères.

Les anciens les classaient en Nocturnes et Crépusculaires. Linné les regroupait dans ses genres Phalaenae et Sphinx par rapport aux Diurnes, ses Papilio correspondant maintenant plus ou moins aux Papilionoidea, les Rhopalocères ou Papillons au sens strict. Les hétérocères sont maintenant dispersés dans une trentaine ou quarantaine de superfamilles qui ont chacune leur morphologie et leur biologie propre et qui correspondent aux Phalènes, Noctuelles, Sphinx, Bombyx, Tordeuses, Mites et Teignes, etc.

L'audition des papillons de nuit[modifier | modifier le code]

Certains papillons de nuit possèdent un « organe tympanique » dont par exemples les papillons des familles Noctuidae, Notodontidae, Geometridae, Arctiidae et Drepanidae alors que d'autres familles en sont démunies (Saturniidae, Sphingidae et Lasiocmpidae par exemple). Leur ouïe est fine dans le domaine des ultrasons chez de nombreuses espèces, ce qui serait une adaptation à la détection des chauve-souris en approche[2]

Le chant des papillons de nuit[modifier | modifier le code]

De nombreuses espèces de papillons nocturnes émettent des chants inaudibles pour l'Homme. Il s'agit selon les espèces ou les cas de chants de séduction ou d'opposition d'un mâle à un autre[3]. Il est émis par un organe dit timbale abdominale[3].

Jusqu'en 2014, deux types de mélodies seulement avaient été décrites[3] :

  • certaines espèces de papillons ont un chant qui évoque fortement les ultrasons émis par les chauve-souris lors de leurs attaques. Ces chant semblent utilisés par les mâles, qui « figent » ainsi les femelles ;
  • d'autres espèces semblent avoir des chants de séduction du mâle vers la femelle.

Un troisième type de chant a été récemment identifié chez Conogethes punctiferalis, trouvé dans une grande partie de l'Asie. Il s'agit de compositions évoquant dans les ultrasons un refrain entrecoupés de séquences longues et courte[3]. Les impulsions courtes sont semblables à des salves d'écholocations émises par des chauves-souris insectivores à museau en fer à cheval en chasse. Mais contrairement à d'autres espèces de papillons nocturnes, les mâles de cette espèce ne lancent pas ces chant à destination des femelles mais à destination de mâles rivaux. Des chants enregistrés et repassés par des scientifiques ont montré qu'un mâle peut ainsi éloigner ses concurrents grâce aux séquences de courtes impulsions de son chant, tout en séduisant une femelle en vue de s'accoupler par le moyen des longues notes (les papillons femelles vierges réceptives (âgées de 1 à 3 jours) soulève leurs ailes quand elles entendent cette partie de la chanson, signe considéré par les scientifiques comme l'acceptation du mâle par la femelle[3]. Ceci fait de C. punctiferalis le premier papillon dont la mélodie chantée aurait une double signification et utilité[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dufay C (1964) Contribution a l'étude du phototropisme des Lepidopteres noctuides (Doctoral dissertation, Masson).
  2. a et b Morrill, S. B., & Fullard, J. H. (1992). Auditory influences on the flight behaviour of moths in a Nearctic site. I. Flight tendency. Canadian Journal of Zoology, 70(6), 1097-1101.
  3. a, b, c, d, e et f Morell V. (2014) Male moth's song has double meaning, Science Mag, 2014-07-08

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Rhopalocères ou Rhopalocera, l'autre sous-ordre de lépidoptères dans la même classification.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michael Chinery, Insectes de France et d'Europe occidentale, Paris, Flammarion,‎ août 2012, 320 p. (ISBN 978-2-0812-8823-2)
  • Leraut P (2009) Papillons de nuit d'Europe: Géomètres. NAP éd.
  • D.J. Carter et B. Hargreaves, Guide des chenilles d'Europe, Paris, Delachaux et Niestlé, 2001, 311 p. (ISBN 978-2-603-00639-9)
  • Collectif d'entomologistes amateurs, Guide des papillons nocturnes de France, Paris, Delachaux et Niestlé,‎ 2007, 288 p. (ISBN 978-2-603-01429-5)
  • Orhant G (2011) Atlas des papillons de nuit du Nord-Pas-de-Calais.