Guillaume Durand de Saint-Pourçain

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Durand et Saint-Pourçain.

Guillaume Durand de Saint-Pourçain, né à Saint-Pourçain-sur-Sioule (Auvergne) vers 1270 et mort à Meaux en 1332 ou 1334, est un philosophe scolastique et théologien français, connu surtout pour son rejet de certaines thèses philosophiques de Thomas d'Aquin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il entre dans l'ordre dominicain au couvent de Clermont, et il est reçu docteur en théologie à Paris en 1313. Le pape Clément V le nomme maître du sacré palais en 1313, charge dans laquelle il fut confirmé par Jean XXII, et qu'il occupa jusqu'en août 1316. En 1317, il fut élu évêque du Puy, et transféré au siège de Meaux en 1326.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Surnommé le Doctor resolutissimus et le Doctor modernus à cause du caractère radical et novateur de ses opinions, il est tenu pour avoir inauguré la troisième période scolastique, qui distingue la philosophie, considérée comme une science de la raison et la théologie, d'ordre spirituel. Dans la recherche de la vérité, l'exercice de la raison l'emporte donc sur toute autorité humaine, celle d'Aristote y compris[1]. Au réalisme aristotélicien de Thomas d'Aquin, il oppose le nominalisme, et il est l'un des précurseurs du terminisme de Guillaume d'Occam. Au centre de sa pensée semble ancrée la volonté de nier ou de supprimer de nombreux concepts de la scolastique qui lui paraissent inutiles ou superflus.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Durand de Saint-Pourçain est l'auteur d'un commentaire sur les Sentences de Pierre Lombard, dont il existe trois recensions et qui a fait l'objet de nombreuses éditions à partir de 1508 (mais d'aucune édition critique), ainsi que de plusieurs traités de théologie en latin, dont plusieurs questions quodlibétiques.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. La philosophie de saint Thomas d'Aquin, Volume 2, ch. IV (Durand de Saint-Pourçain et Guillaume d'Ockham), p. 155-157 de Charles Marie Gabriel Bréchillet Jourdain, éd. L. Hachette, 1858.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Quétif-Echard, Scriptores O. P., I, 586
  • Daniel-Antonin Mortier,
    • Histoire des maîtres généraux de l'Ordre de Frères Prêcheurs, Paris, 1907, t. III, 1907, p. 69-86;
    • La faculté de théologie de Paris et ses docteurs la plus célèbres, III, 401-408.
  • Guy Bedouelle, Romanus Cessario et Kevin White, Jean Capreolus en son temps (1380-1444), Éditions du Cerf, Paris, 1997.
  • (de) Joseph Koch, Durandus de S. Porciano. Beiträge zur Geschichte der Philosophie des Mittelalters 26, Münster, 1927.
  • (en) Isabel Iribarren, Durandus of St Pourçain. A Dominican theologian in the shadow of Aquinas, Oxford, Oxford University Press, 2005.