Gabriel Ignace Ritter

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ritter.
Notre Dame de Guebwiller (intérieur)

Gabriel Ignace Ritter, ou Ignace Ritter, né en 1732 à Andelsbuch (Andelstadt); près de Bregenz dans le Vorarlberg, mort en 1813 à Guebwiller, est un architecte français et alsacien. Son style est celui d'un ornementaliste néoclassique. On lui doit notamment l'essentiel de l'église Notre-Dame de Guebwiller.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Anton Ritter (1703-1781) et de Barbarum Thum (ou Barbe Thumm), elle-même fille d'architecte. Il travaille d'abord à Lure pour le compte de l'abbaye impériale bénédictine, réunie au monastère de Murbach et dirigée par un prince-abbé. Ignace Ritter entre bientôt au service du prince abbé Dom Casimir Léger de Rathsamhausen. En 1759, l'abbaye de Murbach est transférée à Guebwiller et Ignace Ritter dessine pour son prince abbé, d'abord à Belfort puis à Guebwiller, où il dirige la construction de plusieurs maisons de chanoines (constructions d'un chapitre séculier le mieux conservé d'Alsace), dont l'ancien hôtel du Grand-Doyenné (musée du Flovial depuis 1984), une abbaye (Saint-Léger), l'église paroissiale Saint-Jean (rue François-Joseph-Deyber), et une maison, la maison Ritter, qui se visite encore aujourd'hui rue Joffre et abrite une salle de danse et l’université populaire. Il demeure l'architecte officiel du chapitre jusqu'à la Révolution française. Il se marie deux fois, dont un second mariage avec Madeleine Simon. Ils ont pour fils Jean-Baptiste Xavier, canonnier d'empire et futur maire de Guebwiller. De lui descendent l'historien des mathématiques Frédéric Ritter (spécialiste de l'algèbre nouvelle et de François Viète) ainsi que le pyrénéiste Raymond Ritter.

œuvres[modifier | modifier le code]

Dom Léger de Rathsamhausen
Œuvres principales
  • 1768 : L'Église Notre-Dame de Guebwiller, collégiale construite au XVIIIe siècle[1]. Le prince-abbé de Rathsamhausen engage la construction d'une nouvelle église abbatiale dès son arrivée à Guebwiller (1759). Il fait appel à l'architecte bisontin Louis Beuque, qui rend ses plans en 1761. Les travaux commencent en 1762 (place Jeanne d'Arc) et en 1768, Beuque est remplacé par Gabriel-Ignace Ritter qui achève sa tâche vers 1779. Six années suivantes seront nécessaires pour procéder à l'ameublement et à la décoration du monument, dans un style intermédiaire entre l'art classique français et l'art baroque germanique. Gabriel Ignace Ritter est l'auteur de ces décors. Consacrée en 1785, l'église devient église paroissiale de Guebwiller mais la tour nord n'est terminée qu'entre 1844 et 1846 par les ingénieurs Grun et Caillot ; . Elle ne possède pas de tour sud. L’église Notre-Dame de Guebwiller est sise dans la ville basse, au centre du quartier canonial qui rassemble cinq maisons de chanoines et le château abbatial (une antenne de l’IUFM d’Alsace en 2010)[2].
  • 1768 : Maison de Chanoines du quartier canonial[3] ; rue du 4 février, rue Casimir de Rathsamhausen, rue des Chanoines et place Jeanne-d'Arc. Les chanoines de l'abbaye de Murbach forment en 1758 (un an avant le transfert de leur communauté de Murbarch vers Guebwiller), un premier projet (abandonné) de reconstruction de leurs maisons particulières (projet Querret) ; En 1760, ce projet est repris par Louis Beuque, qui s'y attelle de 1763 à 1767, année où il est renvoyé. Gabriel Ignace Ritter reprend son œuvre en 1768. Entre l'église Notre-Dame et le château de Neuenbourg (bâti de 1715 à 1720), qui fait office de palais du prince-abbé de Murbach, se trouvent déjà quelques maisons canoniales, construites dès 1765. Deux maisons, celles de la rue des Chanoines, ont été démolies au XIXe siècle. Façades et toitures ont été classées par les monuments historiques le .
Autres travaux
  • 1771-1773 : L'église paroissiale Saint-Nicolas d'Oderen. le clocher gothique fut conservé. Le chapitre de Murbach à Guebwiller paya une partie des travaux. L'édifice fut consacré en 1786.
  • 1775 : Une apparition de la Vierge à Saint-Léger d'Autun (Guebwiller)[4], tableau du retable de l'ancien maître-autel de l'église Saint-Léger.
  • 1776 : Un maître-autel à Bruebach[5], au décor en ronde bosse, et en relief, en faux marbre et en bois peint polychrome, représentant les quatre évangélistes, des anges, des orants, un agneau mystique; etc. Ce maître-autel a été fourni par Ignace Ritter pour 13000 livres. Les statuettes, le tombeau et les anges ne sont pas de la facture de Ritter.
  • 1777 : Deux autels à Soultzmatt, et deux rétables représentant l'immaculée conception, des anges à guirlandes, des nuées d'angelots, réalisés par Gabriel Ignace Ritter entre 1777 et 1778. La statue de la vierge date du 19e siècle, (ateliers de Munich).
  • 1778 : L'hôtel de Ville de Masevaux. Une crue de la Doller endommage la façade. Elle est reconstruite par Gabriel Ignace Ritter, employé à l'époque par l'abbesse de Masevaux[6].
  • 1780 : L'Oberschloss, château de Steinbrunn-le-Haut[7]. La forteresse date du 14e siècle ; sa chapelle consacrée à Saint-Sigismond est attestée en 1441. Jacques de Reinach la fortifie en vers 1525. Elle est saccagée par les Suédois en 1635. Gabriel Ignace Ritter signe le projet de sa rénovation en 1780 mais les travaux demeurent inachevés les nouveaux bâtiments sont détruits en 1789
  • 1780 : Un presbytère à Mollau [8]. Il dispose d'un escalier extérieur en fer à cheval et d'un toit à croupes. Une Coursière en bois fermée a été rajouté au 19e siècle. C'est une propriété privée.
  • 1785 : Deux autels à Herrlisheim-près-Colmar et 4 tableaux représentant une Vierge à l'Enfant, un Saint Nicolas, un Saint Joseph, et l'Éducation de la Vierge. Seule la menuiserie des retables est à Gabriel Ignace Ritter.
  • 1787 : L'église paroissiale Saint-Martin à Masevaux, [9] dédiée à saint Martin, elle s' élève dans le cimetière hors les murs. Sa démolition commence 1786. Gabriel Ignace Ritter s'attaque à sa reconstruction en 1787. Il ne dispse pas de la surveillance des travaux, des lézardes dans la tour motivent l'arrêt des travaux (décidé après inspection de Jean-Baptiste Kléber et de l'ingénieur des Ponts et Chaussées. Elle sert de remise, puis les travaux sont repris en 1837 par l'architecte Jacques François Antoine Kuen de Masevaux (il reprend le projet de Ritter).
  • 1795  : L'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste à Hirsingue[10] Attestée depuis 1111, d'origine romane, démolie en 1772, elle est remplacée (première pierre en juin 1772) sur des plans de l'architecte de l'évêque de Bâle, Pierre Pâris. L'inspecteur Stroltz puis le bailli François Joseph Hell en modifient les plans (1771) et chargent Gabriel Ignace Ritter de la réalisation du mobilier et du décor en stuc.
  • Date inconnue : Des lambris à Dessenheim. Ccomposés de parties modernes et de pièces rapportées de la manière de Ritter[11].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'Eglise Notre-Dame de Guebwiller, fiche synoptique sur le site Terre de trésors [lire en ligne].
  2. L’église Notre-Dame de Guebwiller sur le site Terre de trésors [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)].
  3. Les maisons de Chanoines sur Actuacity, site de Guebwiller [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)].
  4. Tableau, cadre : apparition de la Vierge à Saint-Léger d'Autun à Guebwiller, sur le site Richesses de France [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)].
  5. Autel, tabernacle, baldaquin, statues de Bruebach, sur le site patrimoine-de-france.org [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)].
  6. « Hôtel de ville de Masevaux », base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. L'Oberschloss, de Steinbrunn-le-Haut sur le site Actuacity [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)].
  8. Presbytère à Mollau sur le Site patrimoine-de-france.org [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)].
  9. L'église paroissiale Saint-Martin à Masevaux sur le site Patrimoine de France [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)].
  10. L'église paroissiale Saint-Jean-Baptiste sur le site Patrimoine de France [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)].
  11. Lambris à Dessenheim sur le site Patrimoine de France [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2011)].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

GuebwillerFrédéric RitterRaymond Ritter

Liens externes[modifier | modifier le code]