François d'Aix de La Chaise

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Père Lachaise.
Le père François de la Chaize

François d'Aix, seigneur de La Chaise, est né le 25 août 1624 au château d'Aix dans la Loire près de Saint-Martin-la-Sauveté, et mort le 20 janvier 1709 à Paris. Plus connu sous le nom de père Lachaise, ce jésuite fut le confesseur du roi Louis XIV pendant trente-quatre ans. Il a donné son nom au cimetière du Père-Lachaise, situé à Paris.

Les premières années[modifier | modifier le code]

Fils de Georges d'Aix, seigneur de La Chaise, et de Renée de Rochefort, il était, par son ascendance maternelle, petit-neveu du père Coton, confesseur d'Henri IV.

Il enseigna au collège de la Trinité de Lyon qui était tenu par les jésuites. Numismate réputé, spécialiste des monnaies antiques, il fonda le médailler du collège de Lyon, en même temps qu'il enrichissait sa collection personnelle (les deux cabinets qui ne se confondent pas sont cités par le numismate Jean Foy-Vaillant)[1]. Il emporta ses médailles à Paris et les légua à la maison professe des jésuites[2].

Confesseur du roi[modifier | modifier le code]

C'est en 1675 qu'il devint à son tour confesseur du roi Louis XIV. Il exerça sur celui-ci une influence modératrice dans la lutte contre le jansénisme et de nombreux seigneurs tentaient d'approcher le roi par son intermédiaire. Il modéra également l'action du roi lors de la révocation de l'édit de Nantes en octobre 1685. Ce serait lui qui aurait marié le roi à madame de Maintenon en 1683 après la mort de Marie-Thérèse d'Autriche, bien que retenir cette date soit peu raisonnable car trop proche de la mort de la reine Marie-Thérèse, et en raison du temps de deuil que le Roi, très soucieux de l'étiquette, est « obligé » de garder pour la bienséance. Une étude historique soutenue par Louis Hastier (Louis XIV et Madame de maintenon, éd. Librairie Arthème Fayard) préconise une date plus vraisemblable de 1697 ou 1698. Nul n'en est sûr car le mariage n'a pas été « déclaré » en dépit du souhait de madame de Maintenon.

Le père La Chaise n'habitait pas Versailles, mais la maison professe près de l'église Saint-Paul à Paris, conformément à la règle des jésuites ayant une fonction officielle, et se rendait chaque semaine en carrosse à Versailles.

Atteint par l'âge, il demanda plusieurs fois à son pénitent Louis XIV la permission de se retirer. Le roi n'accepta qu'en 1709, très peu de temps avant sa mort[3] . Il fut remplacé par le père Le Tellier (1643-1719), également jésuite.

Le Père-Lachaise[modifier | modifier le code]

Les terres autour de la maison de campagne qu'il possédait au Mont-Louis, à proximité du Paris d'alors, furent largement étendues par la générosité du souverain. Le confesseur s'y retirait fréquemment. Son frère, le comte de La Chaise, y donnait souvent des fêtes, contribuant à l'embellissement du domaine. Cela permit près d'un siècle après la mort du père La Chaise de disposer d'un terrain assez vaste pour constituer le premier cimetière civil de Paris.

Resté très populaire au cœur des Parisiens, ce nom de Père-Lachaise contribua pour beaucoup à l'adoption par les Parisiens de ce nouveau cimetière (dénommé auparavant administrativement cimetière de l'Est) qu'ils avaient dans ses débuts « boudé » pendant longtemps.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Numismata Praesentoria (1674), I,index des cabinets, in fine
  2. G. Brice, Description de la ville de Paris (9e édition, 1752), II, p. 189-190
  3. Jean Lacouture Jésuites, volume 1, Les conquérants, 1991, chapitre 12 L'art de confesser nos rois.