Fluorose dentaire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La fluorose est une pathologie liée à un excès de fluor.

Email dentaire colorées par le fluor chez un patient vivant à Deming (Nouveau-Mexique) dans une zone connue pour ses fluoroses endémiques

Usage du fluor dans l’hygiène dentaire[modifier | modifier le code]

Le fluor est considéré depuis quelques décennies comme bénéfique pour les dents, mais à très faibles doses : il protège alors des caries grâce à un important effet cariostatique induit par sa fixation durant l’organogenèse (formation) des couronnes dentaires sur l’émail dentaire (certains cristaux d’hydroxy-apatite y sont remplacés par des cristaux de fluoro-apatite, plus résistants à la carie).

Des surdosages faibles peuvent induire une fluorose dentaire. L'Afssaps a modifié en décembre 2008 ses recommandations sur la prescription fluorée[1], et ne recommande plus de supplémentation entre 0 et 6 mois. Il existe des détracteurs[2] à l’usage préventif du fluor, notamment lorsqu’administré via l’eau potable comme aux États-Unis ou via le sel fluoré.

Le fluor atteint les dents de deux manières :

  • par voie locale, par adsorption. C’est la voie qui est privilégiée car réputée présenter le plus d’avantages et le moins d’effets secondaires. Il est apporté par le dentifrice, dont la teneur en fluor (pour les dentifrices pour adultes) est relativement constante : 1 000 à 1 500 ppm). Le fluor contenu dans le dentifrice va se fixer directement sur les dents lors du brossage ;
  • par voie systémique. Cette voie éventuelle, en cas de risque carieux élevé, n’est utilisable que lors de la formation des dents (voir dentition), soit de 6 mois jusqu’à 12 ans environ. Si jugé nécessaire par le médecin ou le dentiste, l’apport se fait alors soit par des comprimés ou gouttes de fluor, soit via une source alimentaire : eau potable fluorée (la fluoration de l’eau interdite dans certains pays), ou sel de cuisine fluoré.

Classification de Dean[modifier | modifier le code]

H. Trendley Dean (dentiste du service de santé publique des États-Unis), après avoir dans les années 1930 étudié la maladie des dents marbrées (ou chinées) et montré le lien entre cette maladie et la teneur en fluor de l’eau prélevée sur 345 communes du Texas a en 1942 a proposé une liste de critères d’aide au diagnostic de la fluorose dentaire (H.T. Dean’s fluorose indice), encore utilisé comme système de classification. On l’applique à partir de la forme la plus grave de fluorose observée sur deux ou plusieurs dents du patient[3].

Classification de Dean
Critères Description de l’émail
Dent normale Aspect lisse et glacé, couleur blanc-crème, surface claire et translucide.
Suspicion Quelques taches blanches, ou points blancs.
Fluorose très légère Petites taches opaques (évoquant des morceaux de papier blanc qui seraient collés sur la dent), couvrant jusqu’à 25 % de la surface de la dent.
Fluorose moyenne Des zones opaques blanches couvrant jusqu’à 50 % de la surface de la dent.
Fluorose modérée Toute la surface des dents est touchée, avec une usure marquée des surfaces en contact. Des taches brunes sont parfois présentes.
Fluorose grave Toute la surface de toutes les dents est touchée ; avec piqûres discrètes éparses ou groupées. Présence de taches brunes.

Prévalence (de la fluorose dentaire)[modifier | modifier le code]

Selon les données disponibles en 2005 pour l’Institut national de recherche dentaire[4] des États-Unis (données de 1986 à 1987) et pour les CDC des États-Unis de 1999 à 2002, les problèmes liés à des excès de fluor sont en augmentation aux États-Unis.

Augmentation des fluoroses ?[modifier | modifier le code]

Les CDC américains ont trouvé une prévalence accrue de 9 %[5] de la fluorose chez les enfants américains d’aujourd’hui par rapport à une étude datant d’il y a 20 ans. Cette étude a également fourni une preuve supplémentaire que les Américains noirs sont plus touchés par la hausse des taux de fluorose que les enfants de la population blanche.

Cette pathologie est plus fréquente dans les zones rurales où l’eau potable provient de puits peu profonds ou pompes manuelles (le fluor est un polluant qui peut avoir une origine industrielle (industrie de l'aluminium, industrie nucléaire, chimie… activités susceptibles d’être à l’origine de retombées aériennes) et agricole (lorsqu’il est introduit dans le sol via les engrais, pesticides, ou éventuellement l'épandage de boues d’épuration) et le risque augmente dans les régions où l’eau potable a une teneur en fluorure de plus de 1 ppm (partie par million), et là où les enfants consomment peu de calcium.

Origine de la fluorose[modifier | modifier le code]

L’OMS a rappelé qu’il fallait être vigilant sur la quantité totale de fluor ingérée (et donc ne pas baser les calculs que sur le fluor apporté par l’eau et le sel), et ne pas multiplier les sources.

  • Doses recommandées par l’OMS : 0,05 mg/kg/jour
  • Doses à risque de fluorose : 0,1 mg/kg/jour

Les enfants avalent toujours une partie du dentifrice, surtout les plus jeunes, d’autant que de nombreux dentifrices pour enfants sont aromatisés. L’ingestion de dentifrice diminue avec l’âge : de 2 à 4 ans, 50 % du dentifrice est avalé ; de 4 à 6 ans, 30 % du dentifrice est avalé ; à 6 ans et plus, 10 % du dentifrice est avalé. Il est donc très important d’adapter la concentration de fluor de l’eau potable et des aliments à l’âge de l’enfant.

Recommandations[réf. nécessaire] sur la concentration et la quantité de dentifrice : à partir de 3 ans, une trace de dentifrice à 250 ppm ; puis progressivement jusqu’à 6 ans on augmente la quantité, 500 à 1 000 ppm ; après 6 ans 1 000 à 1 500 ppm, en continuant d’augmenter la dose, toujours dans la limite des recommandations, car toute ingestion excessive de fluor est toxique.

Évolution de la pathologie[modifier | modifier le code]

On distingue 10 stades de fluorose dentaire, de très léger (à peine visible) à très sévère (au dernier stade, après que des trous sont apparus sur la surface des dents, ces dernières s’effritent). La fluorose dentaire peut être suivie d’une :

  • fluorose osseuse ;
  • fluorose létale.

Fluor et thyroïde[modifier | modifier le code]

Le fluor est un hypothyroïdien. Il a été efficacement utilisé dans les traitements contre l’hyperthyroïdie. Or des défauts de l’émail dentaire semblables à ceux de la fluorose sont fréquents dans les cas d’hypothyroïdie, maladie courante dans les régions ou chez les populations déficitaires en iode et qui est l’une des causes les plus fréquente de retard mental et goitres dans le monde (740 millions de personnes touchées par an, selon l’OMS).

Les secteurs de fluorose endémique se sont avérés être les mêmes que ceux affectés par l’insuffisance en iode.

Les médicaments destinés à lutter contre l’hypothyroïdisme sont de plus en plus vendus aux États-Unis[6] ; ce qui laisse penser que l’hypothyroïdisme est un problème de santé important.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.afssaps.fr
  2. Site de Bernard Montain, considérant l’administration de fluor comme « une erreur médicale majeure »
  3. « Fluoration en bref », Association dentaire américaine,‎ 2005
  4. National Institute of Dental Research
  5. Surveillance for Dental Caries, Dental Sealants, Tooth Retention, Edentulism, and Enamel Fluorosis
  6. Audit de prescription Scott-Levin, 1999