Complexe d'infériorité

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Le complexe d'infériorité peut être perçu chez les individus atteints de dépression.

Le complexe d’infériorité (ou parfois sentiment d'infériorité), dans les domaines de la psychologie et la psychanalyse, est une perception de soi exprimée comme inférieure dans certaines situations. Ce sentiment peut survenir lors d'une infériorité actuelle ou imaginée chez l'individu affecté. Venant du subconscient, ce sentiment peut aider un individu à réaliser certaines choses qu'il pense impossibles ou adopter un très fort comportement antisocial.

Causes[modifier | modifier le code]

Le complexe d'infériorité survient lorsque les sentiments d'infériorité s'intensifient à travers des échecs auxquels peut faire face un individu dans sa vie. Il désigne également le fait qu'un individu n'accepte pas qu'un autre le surpasse dans un domaine spécifique[1]. Cependant, certains patients développent un complexe d'infériorité passager sans réel impact, tandis que d'autres développent un complexe d'infériorité maladif et durable qui peut avoir un impact physique et/ou psychologique[2] ; ce complexe est une condition psychologique qui peut se manifester pendant la petite enfance[3] ou à l'âge adulte[2], consciemment ou inconsciemment[4].

Chaque individu peut se sentir inférieur à d'autres à un moment de leur vie, mais lorsque ce sentiment affecte grandement son comportement et ses émotions, l'empêchant ainsi de vivre une vie normale, le complexe d'infériorité est significativement présent[5]. Chaque individu naît avec plusieurs besoins et désirs qui lui convient et qu'il veut atteindre[6]. Cependant, ces besoins et désirs semblent difficilement concevables pour un nombre de raisons[6]. C'est cet événement qui favorise le développement d'un sentiment d'infériorité[6]. Certains événements durant l'enfance prédisposeraient les individus à souffrir de ce complexe[7] ; des enfants qui grandissent dans la précarité, qui ont une couleur de peau ou religion différentes, par exemple[7]. Être rabaissé physiquement et/ou moralement peut également favoriser le développement du complexe d'infériorité[7]. Les individus ayant un risque de développer ce type de complexe montrent : des signes de faible estime de soi, des complexes selon leur ethnie, ont de faibles revenus, ou exposent des symptômes de dépression[8]. Parfois, des signes alarmants sont aperçus parmi les individus atteints de ce complexe. Par exemple, un individu qui cherche de l'attention et qui tente de s'améliorer peut devenir susceptible[2]. Souvent, il est difficile de trouver exactement les causes du complexe d'infériorité ; elles peuvent inclure le sexe, l'ethnie, l'orientation sexuelle, les cas familiaux, le statut social, la santé mentale, l'apparence physique, ou autres traits de caractère dont l'individu croit manquer dans sa vie[9],[10]. L'attitude et l'éducation parentale comme les désaccords, remarques et comportement négatifs envers un enfant âgé de moins de six ans peuvent créer un complexe d'infériorité[11].

Le complexe d'infériorité ne se développe pas forcément dans le contexte de tâches ou buts particuliers, mais également dans un contexte général[6]. L'individu complexé est incapable de sympathiser ou de se faire des amis, car il pense ne pas être apprécié par les autres et ne pas être assez bien pour avoir de bons amis[6].

Nature[modifier | modifier le code]

La nature du complexe d'infériorité inclut sa définition, sa distinction par rapport au complexe de supériorité, ainsi que ses causes[12]. Elle peut être définie comme « un état anormal ou pathologique qui, [...], mène l'individu à discréditer sa propre personne, à devenir particulièrement sensible, au besoin d'être encouragé, et à adopter une attitude dérogatoire envers les autres[12],[13]. » Les sentiments d'infériorité d'un individu, souvent intensifiés par des causes externes, peuvent se manifester par de divers symptômes comme un comportement agressif[12]. Il arrive parfois que certains individus développent des mécanismes de défenses pour compenser leur complexe d'infériorité[2],[7] ; certains se replient sur eux-mêmes, deviennent moins sociables et en veulent à tout le monde[12]. Les patients souffrant de complexe d'infériorité tentent d'être reconnus et félicités, mais craignent également l'humiliation[7].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Lorsqu'un complexe d'infériorité est suffisamment intense, il peut causer des effets négatifs sur les performances et l'estime de soi d'un individu[9]. Des procédés émotionnels et psychologiques peuvent négativement modifier l'apprentissage cognitif d'un étudiant ; dans ce domaine, le docteur Guy K. Hutt découvre que les mathématiques sont associées au complexe d'infériorité, à une faible motivation et peuvent causer de l'anxiété[14].

Les caractéristiques de ce complexe sont montrées chez les patients atteints de certains types de troubles mentaux comme la schizophrénie, les troubles de l'humeur et les troubles de la personnalité. Le docteur Werner Moritz explique que les patients souffrant de schizophrénie paranoïaque utilisent leurs délires comme mécanismes de défense contre la faible estime de soi[15]. Alfred Adler identifie un complexe d'infériorité comme problème comportemental chez les enfants[16] ; il explique également que « plus grand est le sentiment d'infériorité expérimenté, plus puissant est le besoin de conquête, et plus violente est l'agitation émotionnelle[17]. »

Traitement[modifier | modifier le code]

Il n'existe à proprement parler aucun traitement concernant le complexe d'infériorité. Cependant, plusieurs alternatives peuvent aider à surpasser ce complexe. La psychothérapie cognitivo-comportementale peut apprendre au patient à décomplexer[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le complexe d'infériorité a été étudiée dans les champs de la psychologie et de la psychanalyse[18]. La théorie du complexe d'infériorité est initialement proposée dans les années 1920 par le psychanalyste Alfred Adler[7],[18],[19]. Adler explique que tout humain pencherait à développer un certain sentiment d'infériorité dès le plus jeune âge[7]. Alors qu'il grandit et prend de l'assurance, l'individu surpasse ce sentiment d'infériorité et va de l'avant, tandis que d'autres développent un complexe d'infériorité et font l'expérience de sentiments persistants d'inconfort[7]. Dans ses premiers écrits, Adler prend en exemple Napoléon Bonaparte, corse et chétif, devenu empereur dans une compensation réussie du sentiment d'infériorité[18]. Dans les personnages célèbres peut être cité Alexandre le Grand qui a créé un empire à partir d'un petit royaume[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Mark Tyreel, « Do You Have an Inferiority Complex? » (consulté le 11 mars 2013)
  2. a, b, c et d (en) Puja Lalwani, « Inferiority Complex Symptoms », sur Buzzle,‎ 28 février 2012 (consulté le 11 mars 2013)
  3. (en) Stanley C Loewen, « Overcoming Inferiority Complex », sur Health Guidance (consulté le 11 mars 2013)
  4. (en) « Science Reference. Inferiority complex », sur Science Daily (consulté le 11 mars 2013)
  5. (en) M.Farouk Radwan, MSc, « Feeling Inferior and inferiority complex », sur 2Knowmyself (consulté le 18 avril 2013)
  6. a, b, c, d et e (en) Saif Farooqi, « INFERIORITY AND INFERIORITY COMPLEX »,‎ 28 février 2009 (consulté le 11 mars 2013)
  7. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « What Is an Inferiority Complex? », sur WiseGeek (consulté le 11 mars 2013)
  8. (en) « Inferiority complex leads to depression », sur Times of India,‎ 23 août 2008 (consulté le 18 avril 2013)
  9. a, b et c (en) « Overcoming an Inferiority Complex » (consulté le 11 mars 2013)
  10. (en) Nathan C. Popkins, « Natural Characteristics That Influence Environment: How Physical Appearance Affects Personality », Northwestern University (consulté le 11 mars 2013)
  11. (en) Barney Katz, The Inferior Complex, Some Essential Causes, Education, 69,‎ Janvier 1949, 293 p.
  12. a, b, c et d (en) [PDF] Timothy Lin, Ph.D, « Prevention in Children and Relief from It in Adults », sur BSMI (consulté le 11 mars 2013)
  13. (en) Paul Popenoe, Your Inferiority Complex, Scientific American,‎ Mai 1939, 289 p., p. 160
  14. (en) [PDF] Hutt, Guy K., « Experiential Learning Spaces: Hermetic Transformational Leadership for Psychological Safety, Consciousness Development and Math Anxiety Related Inferiority Complex Depotentiation. Department of Organizational Behavior, Case Western Reserve University », CASE WESTERN RESERVE UNIVERSITY,‎ Mai 2007 (consulté le 20 mai 2011)
  15. (en) Moritz, Werner, von Collani, The inferiority complex in paranoia readdressed: A study with the Implicit Association Test. Cognitive Neuropsychiatry,‎ 15 janvier 2007 (lire en ligne)
  16. (en) Adler, A, « The Education of Children »,‎ 1930
  17. (en) Evelyn, « 7 Signs of Inferiority Complex », sur Abundancetapestry,‎ 13 avril 2013 (consulté le 27 juillet 2013).
  18. a, b et c (en) base.com/psychology-articles/inferiority-complex-psychology-3817648.html « Inferiority Complex Psychology », sur Articles Base,‎ 9 décembre 2010 (consulté le 11 mars 2013)
  19. (en) « Alfred Adler (1870 - 1937) » (consulté le 11 mars 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Alexis Rosenbaum, La Peur de l'infériorité. Aperçus sur le régime moderne de la comparaison sociale, Paris, France, L'Harmattan,‎ 2005
  • (es) Olvier Brachfeld, Los Sentimientos de Inferioridad, Barcelone, Espagne, Luis Miracle,‎ 1935

Liens externes[modifier | modifier le code]