Chrysochloridae

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La famille des Chrysochloridae regroupe des mammifères connus sous le nom de taupes dorées.

En raison de leur comportement souterrain, et de leur discrétion, elles sont restées longtemps méconnues. Des données sur leurs déplacements souterrains et leur mode de vie peuvent être aujourd'hui obtenues grâce à l'utilisation de géophones, également utilisé pour suivre en Australie l'Itjaritjari (nom aborigène d'un petit marsupial fouisseur qui ressemble fortement aux taupes dorées africaines, mais qui appartient à une famille très différente par convergence évolutive). On connait déjà 21 espèces de taupes dorées africaines (Chrysochloridae).

Description[modifier | modifier le code]

Les taupes dorées sont une famille classée dans l'ordre Afrosoricida ou Insectivora suivant les taxinomies.
Elles ne sont connues à l'état sauvage et en populations importantes que dans les déserts de Namibie et du Kalahari.

Leurs caractéristiques les plus marquantes sont qu'elles n'ont pas d'yeux fonctionnels ni d'oreilles apparentes, et qu'il n'y a que 4 doigts aux pattes antérieures, munis de griffes courtes. Sur le crâne, l'os jugal et la barre post-orbitaire sont perdus. Il y a également une paire d'os dans la région occipitale appelés « tabulaires » que l'on ne retrouve pas chez les autres Mammifères. Les femelles, comme les mâles, ont un cloaque dans lequel débouchent les voies urinaires et génitales, comme les reptiles et oiseaux, contrairement aux autres mammifères placentaires (ce qui pourrait être une des adaptations aux conditions désertiques particulières des biomes sablo-désertiques sud-africains [1]).

Leur taille et morphologie peut significativement varier selon les espèces et les individus, et selon les zones géographiques, peut être en lien avec l'hygrométrie ou l'abondance naturelle des proies [2],[3].

Adaptation[modifier | modifier le code]

Ces animaux ont développé de nombreuses adaptations au désert, dont en particulier une capacité fouir le sable, et à s'y déplacer, et à entrer en léthargie quand il fait très chaud ou très froid. Elles disposent également de reins très élaborés qui leur permettent quasiment de ne jamais boire.
Des restes d'yeux existent encore, sous la peau du crâne, mais elles semblent complètement aveugles. Leur système auditif, ultra-sensible fonctionne un peu à la manière d'un réseau de géophones, leur permettant de trianguler la position de leurs proies en surface du sol ou dans le sol à la différence que ces animaux détectent très bien les basses fréquences, ce que nos géophones font mal [4]. Ces capacités leur permettent probablement de mieux échapper à leurs prédateurs, certains étant cependant également capable de détecter de faibles sons et vibration dans le sable.

État des populations, pressions, menaces[modifier | modifier le code]

11 au moins des 21 espèces connues sont déjà menacées d'extinction[5] (à cause notamment de l'introduction du chat domestique, des pesticides, de l'urbanisation et des routes qui sont facteur de mortalité directe, de régression de certaines espèces-proies (insectes et autres invertébrés souterrains), mais surtout de fragmentation écologique...), ce qui pose problème notamment parce qu'elles sont consommatrices de termites ou d'insectes parasites des racines. Comme elles localisent leurs proies par triangulation en détectant leurs vibrations, il est possible et plausible que la pollution sonore de leur environnement, et plus précisément les vibrations émises dans les basses fréquences par les moteurs, machines, trains, le passage des véhicules sur les routes, des quads et engins agricoles puissent les gêner dans leur quête de nourriture ou leur sommeil, si ce n'est involontairement les écraser dans le sable.

Connaissances[modifier | modifier le code]

Ces espèces sont encore assez mal connues, mais les géophones permettent aujourd'hui de les étudier plus facilement[4]. On en a encore découvert de nouvelles espèces des années 1920 à 2000[6],[7],[8],[9], notamment grâce au travail du Transvaal Museum[10],[11].

Liste des genres[modifier | modifier le code]

La famille des taupes dorées, dont la place au sein de l'ordre des insectivores est débattue, est divisée en plusieurs genres :

Selon ITIS et MSW[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BRONNER, G.N., 1990. - New distribution records for four mammal species, with notes on their taxonomy and ecology. Koedoe, 33(2) : 1-7.
  • BRONNER, G.N., 1991. - Comparative hyoid morphology of nine chrysochlorid species (Mammalia : Chrysochloridae). Annals of the Transvaal Museum, 35 (21) : 295-311.
  • BRONNER, G.N., 1995a. - Cytogenetic properties of nine species of golden moles (Insectivora : Chrysochloridae). Journal of Mammalogy, 76 : 957-971.
  • BRONNER, G.N., 1995b. - Systematic revision of the golden mole genera Amblysomus, Chlorotalpa and Calcochloris (Insectivora : Chrysochloromorpha ; Chrysochloridae). Unpublished Ph.D. thesis, University of Natal (Durban).
  • BRONNER, G.N., E. JONES and D.J. COETZER, 1990. - Hyoid-dentary articulations in golden moles (Mammalia : Insectivora ; Chrysochloridae). Zeitschrift für Säugetierkunde, 55 : 11-15.
  • BROOM, R., 1916. - Some observations on the dentition of Chrysochloris, and on the tritubercular theory. Annals of the Natal Museum, 2 : 129-140.
  • CHEVERUD, J.M., 1982. - Phenotypic, genetic and environmental morphological integration in the cranium. Evolution, 36 : 499-516.
  • HUTTERER, R., 1993. - Order Insectivora. In : Mammal species of the world: a taxonomic and geographic reference. 2nd ed. D.E. Wilson and D.M. Reeder, eds. Pp. 69-133. Smithsonian Institution Press, Washington D.C.
  • LUBKE, R. and McKENZlE, B., 1996. - Afromontane Forest. In : Vegetation of South Africa, Lesotho and Swaziland. A.B. Low and A.G. Rebelo eds. Pp. 12. Department of Environmental Affairs and Tourism, Pretoria.
  • MEESTER, J.A.J., 1974. - Family Chrysochloridae. In : The mammals of Africa : an identification manual. J. Meester and H.W. Setzer, eds. Pp. 1-7. Smithsonian Institution Press, Washington D.C.
  • MEESTER, J., I.L. RAUTENBACH, N.J. DIPPENAAR and C.M. BAKER, 1986. - Classification of southern African mammals. Transvaal Museum Monograph, 5 : 1-359.
  • THOMAS, O. and SCHWANN, H., 1905. - The Rudd Exploration of South Africa. III. List of mammals obtained by Mr. Grant in Zululand. Proceedings of the Zoological Society of London, 1 : 254-276.
  • TIMMS, A.C., 1985. -A scanning electron microscopy study of the hair morphology of the Hottentot golden mole, Amblysomus hottcntotus (A. Smith, 1829). Unpublished B.Sc. (Hons.) thesis, University of Natal (Durban).
  • VON MAYER, A., G. O'BRIEN and E. SARMIENTO, 1995. - Functional and systematic implications of the ear in golden moles (Chrysochloridae). Journal of Zoology, London, 236 : 417430.
  • YOSHIDA, T.H., 1983. - Chromosome differentiation and species evolution in rodents. In : Chromosomes in evolution of eukaryotic groups. A.K. Sharma and A. Sharma, eds. Pp. 147176. CRC Press. Boca Raton, Florida

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. RUTHERFORD, M.C. and R.H. WESTFALL, 1986. - Biomes of southern Africa : an objective categorization. Memoirs of the Botanical Survey of South Africa, 54 : 1-98
  2. BRONNER, G.N., 1996a. - Geographic patterns of Morphometric variation in the Hottentot golden mole, Amblysomus hottentotus (Insectivora : Chrysochloridae). A multivariate analysis. Mammalia, 60: 729-751
  3. BRONNER, G.N., 1996b. - Non-geographical variation in morphological characteristics of the Hottentot golden mole, Amblysomus hottentotus (Insectivora: Chrysochloridae). Mammalia, 60: 705-725.
  4. a et b Peter M. Narins, Edwin R. Lexis, Jennifer J. U. M. Jarvis et Justin O’Rian ; The Use of Seismic Signals by Fossorial Southern African Mammals: A Neuroethological Gold Mine ; Brain Research Bulletin, Vol. 44, No. 5, pp. 641–646, 1997
  5. Golden mole, Trip atlas, consulté 2011/01/23
  6. ROBERTS, A., 1924. - Some additions to the list of South African mammals. Annals of the Transvaal Museum, 10 : 303-328.
  7. ROBERTS, A., 1931. - New forms of South African mammals. Annals of the Transvaal Museum, 14: 221-236.
  8. MEESTER, J., 1972. - A new golden mole (Mammalia: Chrysochloridae) from the Transvaal. Annals of the Transvaal Museum, 28 : 35-46.
  9. BRONNER, G.N.  ; [New species and subspecies of Golden Mole (Chrysochloridae : Amblysomus) from Mpumalanga, South Africa] ; Mammalia - International Journal of the Systematics, Biology and Ecology of Mammals, Volume 64 (1), Ed : de Gruyter, 2000/01/01, ISSN:0025-1461 ; doi:10.1515/mamm.2000.64.1.41
  10. ROBERTS, A., 1913. - The collection of mammals in the Transvaal Museum registered up to the 31s' March 1913, with descriptions of new species. Annals of the Transvaal Museum, 4 : 65-107
  11. BROOM, R., 1908. - Further observations on the Chrysochloridae. Annals of the Transvaal Museum, 1 : 14-16.