Bouquetin d'Espagne

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Bouquetin ibérique

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Capra pyrenaica

Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Artiodactyla
Famille Bovidae
Sous-famille Caprinae
Genre Capra

Nom binominal

Capra pyrenaica
Schinz, 1838

Statut de conservation UICN

( NT )
NT  : Quasi menacé
Capra pyrenaica

Statut de conservation UICN

( CD )
CD  : Conservation Dependent
(appellation d’avant 2001)

Capra pyrenaica hispanica

Statut de conservation UICN

( EX )
EX  : Éteint
Capra pyrenaica pyrenaica

Statut de conservation UICN

( VU )
VU D2 : Vulnérable
Capra pyrenaica victoriae

Le bouquetin ibérique ou bouquetin d'Espagne (Capra pyrenaica)[1], regroupe quatre sous-espèces dont le bouquetin des Pyrénées. Cette espèce fait partie du genre Capra, comme entre autres, le bouquetin des Alpes (Capra ibex).

Liste des sous-espèces[modifier | modifier le code]

  • C. pyrenaica hispanica
  • C. pyrenaica lusitanica ; (1892)
  • C. pyrenaica pyrenaica ; (2000) (bouquetin des Pyrénées)
  • C. pyrenaica victoriae

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Des cornes en forme de lyre chez les mâles et une robe souvent soulignée de noir (dos, pattes) font partie de ses caractéristiques les plus reconnaissables.

Biotope[modifier | modifier le code]

Distribution du Bouquetin d'Espagne en 2008.

Anciennement présent sur le versant français des Pyrénées, en Andorre, en Espagne et au Portugal, le bouquetin ibérique subsiste de nos jours en Espagne et au nord du Portugal[2],[3]. Les populations de cette espèce occupent des habitats très variés, tous caractérisés par la présence d'escarpements rocheux : depuis le bord de mer en Andalousie, à moins de 200 mètres d'altitude, jusqu'aux plus hautes montagnes de la péninsule à plus de 3 000 mètres d’altitude (Sierra Nevada, Sierra de Gredos). C'est que si les différentes populations sont aujourd'hui isolées, elles formaient un continuum relatif par le passé.

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

Parmi les quatre sous-espèces, deux ont disparu. Capra pyrenaica ssp. lusitanica a disparu au cours du XIXe siècle et Capra pyrenaica ssp. pyrenaica a disparu des Pyrénées à la fin du XXe siècle peut-être à cause de la surexploitation cynégétique, de la compétition avec d’autres ongulés sauvages ou domestiques ou aussi du fait de conditions adverses liées au climat ou aux parasites[2]. Le dernier bouquetin des Pyrénées connu, une femelle, a été retrouvé mort le 6 janvier 2000, le crâne fracassé par la chute d'un arbre[4],[5]. Un nombre restreint de bouquetins de cette sous-espèce a en effet survécu dans le parc national d'Ordesa y Monte Perdido (versant espagnol des Pyrénées), dont la création en 1918 devait justement les sauvegarder. Des projets d'introduction à partir d'autres populations de bouquetin ibérique sont actuellement à l'étude sur les versants français et espagnol.

En 2002, la population totale de la péninsule ibérique était estimée à 50 000 individus, soit une très forte augmentation depuis le début des années 1990, quand la population était estimée à 7 900 individus[6].

Capra pyrenaica est protégé en France depuis septembre 2012[7].

Clonage de la sous-espèce C. p. pyrenaica[modifier | modifier le code]

La compagnie de biotechnologie Advanced Cell Technology (en) (ACT Inc.) a annoncé le 8 octobre 2000 que le gouvernement espagnol avait accepté leur offre d'utiliser la technologie de clonage par transfert nucléique en collaboration avec d'autres partenaires scientifiques afin de cloner le bouquetin des Pyrénées, à partir des tissus prélevés en 1999[8]. Les chercheurs pensaient que ce projet serait plus facile à réaliser que le clonage de l'espèce en danger Bos gaurus (le gaur), car la biologie de la reproduction des bouquetins est mieux connue et la période de gestation normale est seulement de cinq mois. ACT Inc. s'est entendu avec le gouvernement d'Aragon sur le fait que les bouquetins clonés seraient relâchés dans leur habitat naturel.

Le projet ne peut cependant avoir un réel intérêt pour la conservation de l'espèce que si plusieurs bouquetins peuvent être clonés afin d'obtenir un pool génétique suffisant pour pouvoir restaurer une population viable, et éviter les phénomènes de dérive génétique. Cloner un seul individu ne permettrait pas de sauver la sous-espèce.

Des tissus vivants, prélevés en 1999 sur la dernière femelle vivante, nommée Celia, avant sa mort, ont permis d'engager le processus de clonage. Néanmoins un problème majeur est apparu : s'il était possible de créer un clone de Celia, les seuls tissus en possession des chercheurs étaient des tissus femelles. Pour pouvoir espérer restaurer la sous-espèce, il est impératif de cloner également des mâles. Une solution envisageable pourrait être de croiser les clones de Celia avec des mâles d'autres sous-espèces, bien que la descendance ainsi engendrée ne soit pas de pure souche. Un plan plus ambitieux serait de remplacer un des chromosome X de l'ADN prélevé sur Celia et de le remplacer par un chromosome Y provenant d'une sous-espèce de bouquetin encore existante, afin de créer un mâle. Mais une telle technologie n'existe pas encore et il n'est pas possible de savoir si une telle expérience serait faisable sans endommager irrémédiablement la cellule.

Deux équipes de scientifiques espagnols et une équipe française sont impliquées dans ce projet de clonage[9]. Le projet est coordonné par le Service de Recherche en Agriculture et Alimentation du Gouvernement d'Aragon (en Espagnol : Servicio de Investigación Agroalimentaria del Gobierno de Aragón) et par l'Institut National de Recherche sur les Technologies Agraires et Alimentaires (Instituto Nacional de Investigación y Tecnología Agraria y Alimentaria). L'Institut national de la recherche agronomique (INRA) français est également impliqué dans le projet.

Des cellules somatiques prélevées dans les tissus de Celia ont été fusionnées avec des ovocytes de chèvres dont les noyaux ont été préalablement enlevés. L'embryon obtenu a ensuite été transféré dans une chèvre domestique (Capra hircus). En 2003, il a été annoncé que la première tentative de cloner le bouquetin des Pyrénées avait échoué. Sur les 285 embryons créés, 54 ont été transférés à 12 chèvres, mais seulement deux ont survécu durant les deux premiers mois de gestation avant de mourir également[9]. Une première néanmoins encourageante selon le chercheur en chef responsable du projet, José Folch[10]. Les tentatives ultérieures ont conduit en 2009 à la naissance d’un clone qui est mort quelques minutes après la naissance à cause d’un défaut physique au niveau des poumons[11]. Le projet de clonage a été arrêté depuis, peut être en raison des coûts et des problèmes éthiques associés[12].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sarasa M, Alasaad S, Pérez JM, 2012. Common names of species, the curious case of Capra pyrenaica and the concomitant steps towards the 'wild-to-domestic' transformation of a flagship species and its vernacular names. Biodiversity and Conservation 21:1-12.
  2. a et b Pérez JM, Granados JE, Soriguer RC, Fandos P, Márquez FJ, Crampe JP, 2002. Distribution, status and conservation problems of the Spanish Ibex, Capra pyrenaica (Mammalia : Artiodactyla). Mammal Review 32:26-39.
  3. Moço G, Guerreiro M, Ferreira AF, Rebelo A, Loureiro A, Petrucci-Fonseca F, Perez JM, 2006. The ibex Capra pyrenaica returns to its former Portuguese range. Oryx 40:351-354.
  4. Union internationale pour la conservation de la nature, « Capra pyrenaica ssp. pyrenaica ; Liste rouge 2006 des espèces menacées » (consulté le 12 juin 2007)
  5. BBC News, « Clone plan for extinct goat »,‎ 11 janvier 2000 (consulté le 12 juin 2007).
  6. Référence UICN : espèce Capra pyrenaica Schinz, 1838 (en)
  7. « Arrêté du 15 septembre 2012 modifiant l'arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés sur l'ensemble du territoire et les modalités de leur protection », sur Légifrance,‎ 2012-09-15 (consulté le 11 octobre 2012)
  8. Nicolas Robin, INRA, Présentation des relations entre laboratoires universitaires et entreprises privées, mars-septembre 2003 [PDF] [(fr) lire en ligne].
  9. a et b El mundo, « Fracasa la primera clonación de un animal extinto en España - Sólo dos meses de Gestación »,‎ 7 juillet 2003 (consulté le 12 juin 2007).
  10. Folch J. et al. (2003). Produccion de embriones de bucardo (Capra pyrenaica pyrenaica) mediante clonacion por transferencia nuclear de fibroblastos a oocitos de cabra domestica (Capra hircus). Informacion Tecnica Economica Agraria Extra no 24, Tomo 1, p. 282-284.
  11. Folch J, Cocero MJ, Chesne P, Alabart JL, Dominguez V, Cognie Y, Roche A, Fernandez-Arias A, Marti JI, Sanchez P, Echegoyen E, Beckers JF, Bonastre AS, Vignon X, 2009. First birth of an animal from an extinct subspecies (Capra pyrenaica pyrenaica) by cloning. Theriogenology 71:1026-1034.
  12. Piña-Aguilar RE, Lopez-Saucedo J, Sheffield R, Ruiz-Galaz LI, de J. Barroso-Padilla J, Gutiérrez-Gutiérrez A, 2009. Revival of Extinct Species Using Nuclear Transfer: Hope for the Mammoth, True for the Pyrenean Ibex, But Is It Time for “Conservation Cloning”? Cloning and Stem Cells 11:341-346.