Ventilation mécanique contrôlée

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La ventilation mécanique contrôlée (en abrégé VMC) est, dans le bâtiment, un ensemble de dispositifs mécaniques (par opposition à la ventilation naturelle, VN) destinés à assurer le renouvellement de l'air à l'intérieur des pièces[1], notamment pour les pièces dites humides : salles de bains, toilettes, cuisinesetc.

VMC simple flux[modifier | modifier le code]

Le système est mis en dépression par un extracteur d'air constituant le cœur du dispositif. Il s'agit d'un ventilateur (placé généralement dans les combles) aspirant l'air par des conduits situés dans les pièces humides. La dépression ainsi créée assure que l'air humide ou chargé d'odeurs ne circule pas dans le reste de la construction. Cette mise en dépression force également l'air extérieur à entrer dans la construction par des ouïes disposées dans les pièces non humides. La circulation de l'air est ainsi à sens unique.

Le contrôle du volume d'air renouvelé par heure se fait manuellement par les occupants : en général, le débit d'air sortant peut être contrôlé par le réglage du degré d'ouverture de la trappe d'aspiration d'air. Parfois, le débit d'air entrant peut également être réglé, par un volet sur les ouïes.

Dans les immeubles, on équipe généralement chaque cage d'escalier d'un circuit de VMC, avec un extracteur par circuit.

VMC simple flux hygroréglable[modifier | modifier le code]

La VMC simple flux Hygroréglable fonctionne sur le même principe que la VMC simple flux classique, la différence se situant au niveau du contrôle de la ventilation, celle-ci étant adaptée au taux d'humidité relative. Des systèmes simples disposent d'un contrôle uniquement au niveau du ventilateur. Des systèmes plus élaborés proposent une modulation en fonction de l'humidité au niveau des bouches d'extraction (hygro A), ainsi qu'éventuellement des entrées d'air (hygro B), permettant une régulation du débit d'air pièce par pièce. L'humidité relative constitue un paramètre pertinent de modulation de la ventilation dans l'habitat, dans la mesure où la plupart des activités humaines (cuisine, bain, lavage de linge), ainsi que le métabolisme produisent de l'humidité, en quantité plus ou moins importante.

VMC double flux[modifier | modifier le code]

Une VMC double flux est une ventilation permettant d'insuffler de l'air frais dans les pièces sèches (séjour et chambres, principalement) et de l'extraire dans les pièces humides (cuisine, salle de bain et WC, principalement) de la maison, formant ainsi un circuit.

Une VMC double flux a l'avantage de pouvoir s'accoupler à un échangeur thermique (ou récupérateur sur air vicié) permettant l'hiver de préchauffer l'air entrant à l'aide de l'air sortant et, pour une maison climatisée, l'été de rafraîchir cet air.

VMC double flux hygroréglable[modifier | modifier le code]

La VMC double flux hygroréglable associe le principe de fonctionnement de la VMC double flux classique à un système permettant de faire varier le débit d'air aspiré et/ou insufflé en fonction de l'hygrométrie. Aujourd'hui elle a laissé place aux VMC doubles flux thermodynamique.

La VMC double flux thermodynamique[modifier | modifier le code]

L'hiver[modifier | modifier le code]

En hiver, la VMC double flux associée à un échangeur thermique dénommée VMC double flux thermodynamique, permet de récupérer une partie de l'énergie qui serait perdue par le renouvellement de l'air avec une VMC simple flux, cela représente pour une récupération de 60 % à 90 % environ de l'énergie de l'air chaud, pour environ 400 W de dépense, soit un petit convecteur de salle de bain. Par exemple pour un système à 60 % :

  • S'il fait −7 °C dehors, l'air entrant est à 12 °C au lieu de −7 °C,
  • S'il fait °C dehors, l'air entrant est à 15 °C.

ce qui rafraîchit beaucoup moins l'atmosphère des pièces.

Cependant, l'hiver, lorsque les températures sont fortement négatives, l'échangeur thermique peut alors être "pris en glace", l'air sortant chargé en humidité gèle au contact de l'air entrant, et la VMC doit être munie d'un système adapté sous peine de la rendre temporairement inutilisable. L'admission de l'air via un tube souterrain du type puits provençal, puits canadien ou au travers d'une batterie hydraulique (lac par exemple) permet d'avoir une arrivée d'air à température positive toute l'année et ainsi d'optimiser son fonctionnement pendant les périodes les plus froides.

L'été[modifier | modifier le code]

En été, la VMC double flux thermodynamique va permettre de rafraîchir l'air entrant, si la température de la maison est plus basse que celle extérieure, et éventuellement permettre d'économiser l'énergie nécessaire à la climatisation.

Une entrée d'air unique[modifier | modifier le code]

La centralisation de l'entrée d'air d'une VMC double flux permet d'y adapter un puits provençal afin de réchauffer en hiver et, en été, de rafraîchir l'air entrant grâce à la géothermie.

L'avantage est également de pouvoir filtrer l'air entrant plus aisément.

Une installation plus complexe[modifier | modifier le code]

En revanche, ce système est plus onéreux à l'installation, du fait de l'installation du double réseau de conduits (air frais insufflé et air vicié aspiré) ainsi que par le coût supérieur de l'extracteur avec échangeur de chaleur qui est statique ou composé d'un disque mobile. Il faut prévoir également le coût de l'isolation des gaines et le raccordement des caissons au réseau d'eaux usées (évacuation des condensats).

Avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

VMC simple flux :

  • La maison étant en dépression, il est dangereux d'utiliser un chauffe-eau au gaz ou un poêle qui ne soit pas raccordé à une prise d'air et un refoulement extérieur.
  • L'air qui rentre dans le bâtiment est de l'air froid en hiver, non préchauffé par l'air sortant, de plus il ne peut être que peu filtré.
  • La circulation d'air au sein de l'habitation se fait via des ouvertures entre les pièces où l'air entre et les pièces où il est extrait, généralement les toilettes ou la salle de bain. Or les sons passent par les mêmes ouvertures que l'air qui circule. Ceci diminue l'intimité des pièces, que ce soient les chambres à coucher ou les toilettes.

VMC double flux[2] :

  • Solution plus chère lors de l'installation, mais qui peut s'avérer économique à long terme principalement dans les climats froids avec une longue saison très froide ;
  • Moins de problème en cas d'utilisation d'un poêle ou d'un chauffe-eau au gaz car les débits sont idéalement réglés de manière à produire une légère surpression dans le bâtiment ;
  • Nécessité de rendre le bâtiment étanche à l'air. On peut effectuer une mesure de l'étanchéité de la maison en la mettant sous pression. Un ordre de grandeur pour une habitation passive est de 0,6 Vol/h à 50 Pa[3].
  • Filtration de l'air entrant, permettant une meilleure hygiène principalement dans les zones polluées, mais nécessitant de changer les filtres tous les 3 à 6 mois.
  • Ce système garantit une diffusion d'air neuf dans chaque pièce à débit contrôlé. Une VMC simple flux est basée sur un principe théorique, qui, dans la réalité est confronté à des tas d'obstacles, rendant parfois des locaux dépourvus de réelle entrée d'air neuf (détalonnage de porte, meubles...).
  • L'air le plus chaud de la maison est au plafond, là où personne n'évolue. Il est donc judicieux de brasser l'air intérieur afin d'utiliser cette chaleur inutile : seule la VMC double flux permet ce brassage d'air.
  • La température opérative d'une pièce : le brassage effectué par la VMC double flux permet d'augmenter la température des parois et d'homogénéiser les températures de l'air intérieur. D'où un meilleur confort, un ou deux degrés de consigne en moins pour la même sensation de confort, et moins de condensation dans les murs car le point de rosée est déplacé à l'extérieur du complexe isolant.

Dans le cas de la VMC double flux, la filtration de l'air diffusé est très importante, directement pour l'air respiré, mais aussi indirectement, car lorsque l'air a une humidité spécifique inférieure à 35 %, de la poussière est alors déplacée sur les murs, et à ce niveau l'humidité se fixe lorsque cette humidité relative remonte, et ces deux éléments forment un substrat nourrissant aux champignons, pas toujours visibles.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Ventilation mécanique contrôlée et puits canadien, sur le site acqualys.fr, consulté le 4 octobre 2014
  2. [PDF] La ventilation double flux dans les bâtiments individuels, sur le site ademe.fr, consulté le 4 octobre 2014
  3. cf. norme belge NBN EN 13829