Au bord de l'eau
Au bord de l'eau (chinois simplifié : 水浒传 ; chinois traditionnel : 水滸傳 ; pinyin : ; Wade : Shui³hu³ Zhuan⁴), littéralement « Le Récit des berges »), est un roman d'aventures tiré de la tradition orale chinoise, compilé et écrit par plusieurs auteurs, mais attribué généralement à Shi Nai'an (XIVe siècle). Il relate les exploits de cent huit bandits, révoltés contre la corruption du gouvernement et des hauts fonctionnaires de la cour de l'empereur.
Ce roman fait partie des quatre grands romans classiques de la littérature chinoise, avec l'Histoire des Trois Royaumes, le Voyage en Occident et le Rêve dans le Pavillon rouge. Sa notoriété est telle que de très nombreuses versions ont été rédigées. On peut comparer sa place dans la culture chinoise à celle des Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas en France, ou des aventures de Robin des Bois en Angleterre. L'ouvrage est la source d'innombrables expressions littéraires ou populaires, et de nombreux personnages ou passages du livre servent à symboliser des caractères ou des situations (comme Lin Chong, seul dans la neige, pour dépeindre la rectitude face à l'adversité, ou Li Kui, irascible et violent mais dévoué à sa mère impotente, pour signaler un homme dont les défauts évidents masquent des qualités cachées). On retrouve, souvent sous forme de pastiche, des scènes connues dans des publicités, des dessins animés, des clips vidéo. L'illustration de moments classiques de l'ouvrage est très fréquente en peinture.
La version la plus appréciée des Chinois (voir plus bas) a été traduite intégralement en français par Jacques Dars (publiée par Gallimard dans la Pléiade et repris en Folio 1997, deux volumes ISBN 2-07-040220-7 et ISBN 2-07-040268-1).
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Le fond historique[modifier]
Song Jiang, le chef des bandits, est un personnage historique, chef d'une rébellion sous le règne des Song, à la fin du règne de Hui Zong. Il réussit notamment à s'emparer de la capitale orientale (Bian-Liang) et de la province de He Bei. Les troupes de l'empereur mirent des années à le vaincre.
Apparition de la légende[modifier]
Song Jiang et ses lieutenants devinrent très populaires et leurs exploits furent repris et enjolivés par la tradition orale à partir de la dynastie des Song du Sud (XIIe et XIIIe siècle). Des traces littéraires écrites des prémices de la légende ont été retrouvés dans Propos d'un vieil ivrogne de Luo Ye, puis dans une Apologie de Song Jiang et de ses trente-cinq compagnons. Les bases du roman commencent à être constituée au début de la dynastie mongole des Yuan, avec les Faits négligés de l'ère Xuan-he. La légende se précise et s'enrichit lors de cette dynastie, notamment sous l'essor du théâtre-opéra.
Les différentes versions[modifier]
La légende aurait été compilée une première fois au XIVe siècle par un lettré du nom de Shi Nai'an, et édité par Luo Guanzhong. Les théories divergent sur la paternité de l'œuvre, et sur le rôle qu'aurait joué Luo Guanzhong dans la rédaction.
L'influence de la tradition orale se traduit dans la langue vulgaire utilisée dans le roman, qui tranche avec la langue littéraire habituellement utilisée, qui n'était comprise que des mandarins. La division en chapitres reprend la division en séance des conteurs publics.
Par la suite, plusieurs versions sont compilées, avec plus ou moins de bonheur. La plus longue contient cent vingt chapitres et décrit le regroupement des cent huit brigands, mais aussi leur soumission à l'empereur et leur mort pendant les guerres menées à son service.
Une version notable, revue dans sa structure et son style, est publiée par l'écrivain Li Zhi.
Une version fut publiée en 1644, par Jin Shengtan, à partir de la version de Shi Nai'an. Le travail du lettré fut important, et il n'hésita pas à supprimer les derniers chapitres du roman. Ceci donna une version de soixante-et-onze chapitres. Dans cette version Jin Shengtan supprime tout ce qui suit la réunion des cent huit héros et fausse, selon Jacques Dars (le traducteur de l'ouvrage en français), le sens et l'éclairage de l'œuvre. Pour Dars, cette modification visait à réagir contre le culte des brigands favorisé par le roman. Par humilité, Jin Shengtan signa du nom de Shi Nai’an, y compris la préface.
La version chinoise courante de cette édition est expurgée de plusieurs scènes de corruption et des scènes d'anthropophagie, nombreuses dans ce roman.
Les cent-huit brigands[modifier]
Cent-huit est un nombre important dans les croyances chinoises, et on le retrouve souvent. Le chapelet bouddhiste comptant 108 grains. On sonne les cloches cent-huit fois, certains tao comportent cent-huit mouvements, etc.
Les bandits les plus populaires de Chine ne pouvaient qu'être cent-huit.
Dans la version de Jin Sheng-Tan, les cent-huit brigands sont inspirés par les cent-huit démons libérés dans le premier chapitre par un caprice du grand maréchal Hong, officier de l'empereur Ren-Zong, de la dynastie des Song. Trente-six d'entre-eux sont liés aux astres célestes, soixante-douze autres, moins puissants, sont liés aux astres terrestres. Le premier groupe inspirera les meneurs de la rébellion, alors que le second fournira les rangs de leurs lieutenants.
Ces cent-huit hommes et femmes sont parfois des brigands professionnels, mais ce sont plus souvent d'anciens officiers de l'empereur fuyant les injustices d'un système corrompu, ou fuyant les conséquences de leur impétuosité.
Les trente-six astres célestes[modifier]
Pour ne pas surcharger l'article, nous ne citerons ici que le nom chinois et la traduction de leurs surnoms, tels que notés dans le chapitre 71 de la version de la Pléiade. Pour la liste et le nom des astres, on se reportera à la traduction de Jacques Dars.
Par ordre d'importance on compte :
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Il faut ajouter à cette liste Chao Gai, le Roi-céleste-porteur-de-pagode numéro un avant Song Jian, jusqu'à sa mort (Chapitre 61 dans l'édition en soixante et onze chapitres).
Les soixante-douze astres terrestres[modifier]
Il s'agit des lieutenants des trente-six bandits principaux. Martialement inférieurs, bien que redoutables, ils sont moins nobles d'âme et aussi moins truculents. Si tous ne sont pas non plus présentés avec autant de détails que les astres célestes, la plupart sont des personnages indispensables au récit. On compte quelques femmes dans leurs rangs.
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Adaptations[modifier]
- Ce roman a été adapté en feuilleton télévisé sino-japonais La Légende des chevaliers aux cent huit étoiles (diffusé à la télévision française en 1977).
- Il existe plusieurs adaptations théâtrales chinoises.
- Il a aussi donné naissance à la série de jeux vidéo japonais Suikoden (水滸伝?), basée sur la lecture japonaise des sinogrammes formant le titre.
- Il a également été adapté dans les années 1980 en bande dessinée (éditions Okapi).
- Les chapitres XXIII à XXVII d’Au bord de l'eau concernant Wu Song fournissent la trame du roman classique chinois du XVIe siècle intitulé Fleur en fiole d'or (Jin Ping Mei Cihua).
- Jean-David Morvan l'a adapté en bande dessinée aux éditions Delcourt avec Wang Peng au dessin
- Dans la partie Hadès du manga Saint Seiya, les 108 spectres sont classés comme les rebelles de ce roman par étoile et par qualité, la seule différence étant que ce sont des personnages maléfiques.
- Le manhua Shui Hu Chuan de Li Zhiqing est une adaptation en 16 volumes du roman.
- un film de Chang Cheh puis un DVD - 2004 - " la légende du lac " édité par "Celestial pictures ltd" version chinois (mandarin) sous -titres français s'inspire du roman " shui hu zhuan "
- la maison de la culture du 93 (Bobigny - France) présente du 8 au 24 janvier 2010 un hommage au roman avec la troupe de l'École d'Opéra de Pékin (Chine)
mise en scène Patrick Sommier . il existe une cinquantaine d'opéras de Pékin traditionnels basés sur le roman, cet hommage est une création.
- Le manga Au bord de l'eau de Mitsuteru Yokoyama sorti au Japon en 1969 comporte 8 volumes[1].
- En 2012, Patrick Sommier met en scène cet opéra en le sur-titrant en français, d'après la traduction de Jacques Dars [2].
Références[modifier]
Liens externes[modifier]
- Bibliothèque E-Asia de l'université d'Oregon Texte intégral et traduction en anglais.
- Au Bord de l'eau Site sur le roman et les personnages.
