Affaire d'Amityville

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40° 39′ 59.5″ N 73° 24′ 53.25″ O / 40.666528, -73.4147917 ()

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La maison du 112 Ocean Avenue à Amityville, en décembre 2005.

L’affaire d'Amityville est un ensemble d'événements survenus entre 1974 et 1976 et ayant pour théâtre une demeure située au 112 Ocean Avenue, dans la petite ville côtière d'Amityville, sur Long Island, à l'est de New York, États-Unis. Dans la nuit du 13 novembre 1974, Ronald Junior, fils aîné de la famille DeFeo, y assassina au fusil ses parents et ses frères et sœurs pendant leur sommeil.

Cette partie de l'affaire, postérieure aux faits, inspira une série de livres et de films d'horreur américains. Le premier de ceux-ci, le livre Amityville : La Maison du diable de Jay Anson, fut très tôt critiqué quant à ses motivations, son prétendu sérieux et son style sensationnaliste.

Après de nombreuses années de controverse, il fut démontré que les évènements postérieurs à la mort des DeFeo furent très largement exagérés à des fins promotionnelles médiatiques. Il est aujourd'hui admis que l'affaire d'Amityville, outre le sextuple meurtre de la famille DeFeo, fut une manipulation médiatique dont Jay Anson et la famille Lutz ont été les principaux acteurs [1].

La maison[modifier | modifier le code]

La maison est située dans les quartiers aisés d'Amityville, au 112 Ocean Avenue, à l'époque, actuellement au 108 de l'avenue[1]. Elle fut édifiée en 1928 sur quatre niveaux (deux étages) dans un pur style colonial Hollandais. Après les événements, et probablement après la diffusion du film, les deux lucarnes du dernier étage sont souvent perçues comme les yeux du Diable. Après les meurtres, la maison fut repeinte en blanc par l'agence immobilière. En effet, son passé macabre n'attirant guère d'éventuels acquéreurs, sa couleur sombre n'arrangeait rien.

De nombreux mythes particulièrement fantaisistes ont été conçus postérieurement pour justifier les « événements » décrits par la famille Lutz et Jay Anson. Parmi ces récits, dont l'invraisemblance a été démontrée, on peut citer l'histoire d'un certain John Ketchum qui, chassé de Salem vers la fin de l'an 1600 pour sorcellerie, aurait vécu à l'endroit même où a été érigée la maison. D'autres récits préfèrent voir Amityville comme le site d'un ancien cimetière indien. Ces récits sont très empreints de la mythologie fantastique américaine, et n'ont aucun fondement historique.[réf. nécessaire]

Les faits-divers originaux[modifier | modifier le code]

Les DeFeo (1965-1974)[modifier | modifier le code]

En 1965, la famille DeFeo achète et s’installe dans la maison. Le père, Ronald DeFeo Sr., est directeur général de La Brigante-Karl Buick Concession à Brooklyn. Il est marié à Louise Brigante et ils ont cinq enfants : Ronald Jr., 23 ans, Dawn, 18 ans, Allison, 13 ans, Mark, 12 ans et John 9 ans (âges au moment des faits semble-t-il).

Les meurtres[modifier | modifier le code]

Le mercredi 13 novembre 1974, à h 15 du matin, Ronald DeFeo Jr. prend son fusil calibre 357 magnum (on parle aussi d'un Marlin 35), et assassine son père, sa mère, ses deux frères et ses deux sœurs pendant qu'ils dorment dans leurs lits respectifs. Le mystère qui subsiste réside dans le fait qu'aucun voisin n'a entendu de coup de feu et que selon l'autopsie, les corps n'ont pas été déplacés.

Le constat de la police[modifier | modifier le code]

Le 13 novembre 1974, à 18 h 35, la police reçoit un appel téléphonique d'un certain Joey Yeswit. Ce dernier les appelle pour leur prévenir qu’un jeune homme est passé dans un bar pour signaler que toute sa famille avait été tuée, qu’il s’est rendu sur les lieux avec le jeune homme et plusieurs autres personnes et qu’ils y ont en effet découvert les cadavres de toute la famille. Dix minutes plus tard, la police arrive sur les lieux et y constate le meurtre de toute la famille DeFeo.

Ronald DeFeo Jr. affirme avoir passé la nuit chez ses parents mais ne pouvant s’endormir, avoir quitté la maison vers 4 heures du matin pour aller travailler. Il prétend avoir ensuite passé la journée à travailler, essayé plusieurs fois de contacter ses parents par téléphone et finalement décidé d’aller les voir en fin de journée, découvrant ainsi le massacre. Au fur et à mesure des interrogatoires, les doutes des policiers et les contradictions du fils aîné amènent les inspecteurs à le considérer comme suspect. Finalement après plusieurs heures d’interrogatoire, Ronald DeFeo Jr. avoue le crime.

Le procès[modifier | modifier le code]

L'audition préliminaire a lieu le 22 septembre 1975 ; on plaide la folie pour Ronald DeFeo Jr. Ce dernier prétend que c'est le diable ou des voix qui lui auraient dit : « attrape-les, tue-les »[2] , mais Ronald DeFeo Jr. est condamné à six peines consécutives d'emprisonnement de vingt-cinq ans à la prison spéciale de Danemorra. L’affaire est classée par les scientifiques qui refusent d’y voir autre chose qu’une folie meurtrière.[réf. nécessaire] Quand il se retrouve derrière les barreaux, la maison familiale est mise en vente au prix de 80 000 dollars.

Une enquête inachevée[3]

Il a été noté que la chemise de nuit de la sœur de Ronald, Dawn Defeo, avait des traces de poudre non brulée. Ses traces sont caractéristiques d'un coup de feu non en tant que victime mais en tant que tireur. Il est donc plus que probable que Dawn ait tiré au moins une fois avec le fusil. Ce "petit" détail, pourtant laissé de côté par des forces de l'ordre ayant pour habitude de se limiter à des aveux forcés, a considérablement changé le cours de toute cette affaire. (Les enquêteurs de l'époque avait en effet un taux de résolution de crimes de l'ordre de 94 % quand la moyenne nationale pour les mêmes genres d'affaires tournait autour de 48 %)[4]. Quoi qu'il en soit, Ronald Defeo Jr. n'a peut-être pas commis ces meurtres seul et le légiste confirmera cette hypothèse en expliquant dans son rapport que "trois personnes sont à l'origine de ces meurtres". Cette fameuse chemise de nuit de Dawn Defeo n'a toujours pas été analysée à ce jour comme indice important, et lorsque Christopher Berry-Dee, qui s'est entretenu avec Ronald Defeo Jr ainsi qu'avec un grand nombre de tueur en série, pose la question à l'inspecteur responsable à l'époque Dennis Rafferty, ce dernier lui répond : "Aucune chance ! ces trucs ne seront jamais réexaminés. On s'en assurera". Il faut comprendre par "ces trucs" : la chemise de nuit de Dawn, un sac de cartouches, trois taies d'oreillers, un oreiller tâché de sang et les habits de Ronald Defeo Jr alias Butch. D'après Butch, ses habits seraient maculés de son propre sang, sang venant des interrogatoires musclés[5],[6].

The Amityville Horror et fondation du mythe[modifier | modifier le code]

Les Lutz (1975-1976)[modifier | modifier le code]

Malgré le passé macabre de la grande demeure, une nouvelle famille, les Lutz, y emménagent le 18 décembre 1975. George Lutz, 28 ans, propriétaire d'un cabinet de géomètres, visite la propriété avec sa femme Kathleen. Ils viennent de se marier et ont trois enfants d'un premier mariage. Ils croient avoir trouvé la maison de leurs rêves et s'en portent acquéreurs. Après leur installation, ils se prétendent témoins d'une série d'événements de nature paranormale et s'en ouvrent au journaliste et écrivain Jay Anson qui en tire un récit romancé à grand succès présenté comme un documentaire : The Amityville Horror - A True Story (littéralement, « L'horreur d'Amityville - Une histoire vraie », paru en français sous le titre Amityville : La Maison du diable).

Premier événement[modifier | modifier le code]

Une des premières actions des Lutz est de demander à un prêtre, le Père Ralph J. Pecoraro, de venir bénir la maison. Au début de la bénédiction qu'il commence par la chambre où les deux jeunes garçons sont morts, le prêtre dit entendre une voix, forte, semblant venir de nulle part, lui disant simplement : « Va-t'en ! ».[réf. nécessaire]

« La maison du Diable »[modifier | modifier le code]

À l'arrivée de la famille, la maison est intacte et aucun mobilier n'a été enlevé. Selon les témoignages des Lutz, nombre de phénomènes inexpliqués surviennent ensuite. La famille constate d’énormes variations de température, la présence de l’odeur écœurante d’un vieux parfum, la formation de taches noires sur les sanitaires et l’apparition de nuées de mouches malgré la saison hivernale. Les Lutz arrivent rapidement à la conclusion que la maison de leurs rêves est en fait un endroit cauchemardesque. Ils partent au bout de 28 jours, en laissant une majorité de leurs biens sur place.[réf. nécessaire]

Transposition de l'affaire dans la fiction[modifier | modifier le code]

Les Lutz se retrouvent associés avec l'écrivain Jay Anson pour raconter leur cauchemar dans un livre qui devient un best-seller publié sous le titre original de : The Amityville Horror - A True Story en 1977. Bien que sous-titré « histoire authentique », il est la risée des spécialistes. Les para-psychologues soulignèrent incohérence et distorsions[réf. nécessaire].

Stuart Rosenberg s'inspire également de cette histoire afin de réaliser un film en 1979.

Histoire postérieure de la maison[modifier | modifier le code]

Depuis lors, la maison est passée entre de nombreuses mains et aucun des propriétaires qui l'ont achetée après les Lutz n'a jamais signalé une quelconque manifestation anormale. Un grand nombre des phénomènes décrits ont trouvé une explication banale. De nombreuses contradictions et déformations dans les propres propos de la famille Lutz jettent par ailleurs un voile de discrédit sur leur récit. La ville d'Amityville ne fait aucune publicité.[réf. nécessaire]

Les Cromarty (1977-1987)[modifier | modifier le code]

C'est en 1977 que James Cromarty (77 ans) et sa femme Barbara achètent la maison. Après la sortie du livre et du film de 1979, la maison fut assaillie de touristes. En espérant dérouter ces derniers, la famille Cromarty fit modifier l'adresse postale en modifiant le numéro 112 par 108. Ils restèrent une décennie dans cette maison, et ont toujours affirmé que jamais rien d’étrange ne s'y était déroulé durant leur séjour[7].

Les O'Neill (1987-1997)[modifier | modifier le code]

En 1987, Peter O'Neill et sa femme Jeanne achetèrent la demeure pour la revendre en 1997 au prix de 310 000 $. Toujours dans l'espoir de dérouter les curieux, ils remplacèrent les fenêtres en quart de lune par d'autres de forme standard.[réf. nécessaire]

Année 2010[modifier | modifier le code]

À la fin du mois de mai 2010, la maison est mise en vente au prix de 1 150 000 dollars (929 315 €)[8], avant d'être vendue en août 2010. En ce même mois, après l'achat de la maison, les propriétaires ont organisé un vide-grenier dans leur nouvelle maison. Des centaines de personnes étaient présentes pour l’évènement. Ils étaient autorisés à entrer dans la maison, mais n'ont pas eu accès au sous-sol et aux étages[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en)Amityville Horror house back on market, for $1.15M, Newsday, 26 mai 2010.
  2. Aveux sur procés verbal par les inspecteurs Dunn et Rafferty
  3. Talking with Serial Killers - Christopher Berry-Dee
  4. Enquête #REDIRECTIONNewsday Décembre 1986
  5. Dialogues avec des Serial Killers par C. Berry-Dee
  6. Interview de Ronald Defeo Jr par C. Berry-Dee
  7. témoignages des époux Cromarty
  8. Benjamin Gans, « Amityville, la célèbre maison hantée en vente dans une agence immobilière », StreetPress.com,‎ 26 mai 2010 (consulté le 23 septembre 2010).
  9. http://www.newsday.com/classifieds/real-estate/amityville-horror-house-for-sale-1.1942047#1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jay Anson, Amityville : La maison du diable, éd. France loisirs, 1979 (ISBN 978-0-8161-6709-8) (ISBN 978-0-8161-6709-8)
  • Christopher Berry-Dee, Serialkillers, up close and personal : inside the world of torturers, psychopaths, and murderers, Berkeley, Calif. : Ulysses Press, 2007. (OCLC 148843971)
  • Ric Osuna, The night the DeFeos died : reinvestigating the Amityville murders, Nevada : Noble Kai Media, 2003. (OCLC 57361355)
  • Georges Moréas; Bill Waddell, Dossier meurtre : enquêtes sur les grands crimes de notre temps, Paris : ALP et cie., 1991. (OCLC 53171569)
  • Gerard Sullivan; Harvey Aronson, High hopes : the Amityville murders, New York : Coward, McCann & Geoghegan, 1981. (OCLC 6864152)

Articles connexes[modifier | modifier le code]