Château de Polignac (Haute-Loire)

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Château de Polignac
Image illustrative de l'article Château de Polignac (Haute-Loire)
Vue actuelle du château et du village de Polignac
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Destination initiale baronnie de Lardeyrol
Destination actuelle ruines
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Coordonnées 45° 04′ 09″ N 3° 51′ 37″ E / 45.06917, 3.86028 ()45° 04′ 09″ Nord 3° 51′ 37″ Est / 45.06917, 3.86028 ()  
Pays Drapeau de la France France
Département Haute-Loire
Commune Polignac

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Polignac

Le château de Polignac se dresse dans la commune de Polignac près du Puy-en-Velay, dans le département de la Haute-Loire.

Situation[modifier | modifier le code]

Gravure représentant le château de Polignac, vers le milieu du XIXe siècle.
Le château de Polignac au XVIe siècle d'après Gaston de Jourda de Vaux.

Situé à 5 km au nord-ouest du Puy, le château fort de Polignac (on dit aussi la forteresse de Polignac) occupe une butte ou plate-forme basaltique, fragment d’une ancienne coulée volcanique (altitude : 700 m), dominant la vallée de Polignac et le bassin du Puy.

Le rocher est bordé de falaises abruptes hautes de près de 100 m, sauf vers le nord, où une triple ligne de remparts a été aménagée.

Historique et construction[modifier | modifier le code]

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Propriétaires du château depuis au moins le XIe siècle, les vicomtes héréditaires du Velay en prirent le nom et en firent leur résidence ordinaire jusqu’au début du XVIIe siècle.

La forteresse, qui occupait un emplacement stratégique commandant les routes à l'ouest et au nord de la ville du Puy, pouvait abriter 800 soldats en plus de la famille et de ses domestiques.

Bien à l'abri dans leur forteresse, les seigneurs de Polignac purent devenir les maîtres du pays, « les rois de la montagne ».

Alliés des rois de France mais de caractère indépendant, il n'hésitèrent à se rebeller contre l'autorité royale de Louis VI le Gros (1080-1137) puis de Louis XI (1423-1483).

Le logis seigneurial fut sans doute reconstruit en dur au XIIe siècle, époque où une lutte sans merci opposait les Polignac aux évêques du Puy pour la perception des péages sur la route du pèlerinage à Notre-Dame du Puy-en-Velay. Il fut restauré et agrandi à la fin du XVe siècle ou au début du XVIe siècle.

Côté méridional de la forteresse de Polignac, vers 1900.

Le donjon, désigné comme la « grosse tour » dans les sources anciennes, fut édifié par Randon Armand X, vicomte de 1385 à 1421, comme l’indique une inscription latine gravée sur une pierre blanche encastrée à l’angle nord-ouest. Son voûtement fut réparé de 1565 à 1566 par Philiberte de Clermont, vicomtesse et douairière de Polignac.

Sous Arnaud XVI, le château reçut la visite de François Ier et sa suite en 1533.

Lors des guerres de religion, les Polignac prirent le parti d'Henri IV, faisant du château le bastion des Royalistes face au Puy ligueur.

Une chapelle voûtée et peinte fut édifiée dans l'enceinte au XVIIe siècle.

Abandonnée au cours du XVIIe siècle par les vicomtes de Polignac, qui lui préfèrent leur château d'été de La Voûte-Polignac, la forteresse était déjà en ruines au moment de la Révolution.

À son retour d’émigration, la famille Polignac racheta les ruines et fit restaurer une partie du château durant le XIXe siècle : le chemin de ronde, des portes, le donjon.

Côté oriental de la forteresse de Polignac, vers 1900.

Le donjon vit son couronnement (voûte et mâchicoulis) rétabli de 1893 à 1897, d’après des gravures anciennes.

Cette résurrection du château vient démentir la sombre prédiction du photographe Lacan[1] au milieu du XIXe siècle : « le précieux monument, comme tant d'autres, tombe pierre à pierre; bientôt il disparaîtra comme les générations qui l'ont habité mais, grâce à la photographie, il restera tel qu'il est encore, dans ce dessin tracé par la lumière ».

Physionomie actuelle[modifier | modifier le code]

La plateforme est dotée sur son pourtour d’une enceinte crénelée, avec tours et courtines, se déroulant sur 806 m.

Il n’y a qu’un seul chemin d’accès, montant en spirale depuis l'est. Il était défendu par six portes, dont les trois premières ont disparu. La 4e porte, bien conservée (elle garde les rainures de la herse primitive), remonterait au XIIIe siècle.

En dehors de la muraille d'enceinte et de la grosse tour carrée, les bâtiments (Seigneurie, Vicomté, Maison des archives) sont en ruine. Les traces d’un corps de garde et d’un moulin à vent sont encore visibles.

Accompagné d’une tourelle faisant corps avec lui, le donjon est un édifice de plan rectangulaire qui surplombe l’abîme du haut de ses 32 m. Il présente à sa base, sur ses quatre faces, un glacis construit pour dissuader les velléités d'assaut.

Sa porte d’entrée, basse et étroite, couverte par un arc brisé, s’ouvre à l’est, au rez-de-chaussée. On y accédait par un passage étroit et facile à défendre, pratiqué le long du rempart.

L’entrée donne dans une salle basse, couverte d’une voûte en berceau neuve restituée d’après les éléments subsistant de l’ancienne. C'est là qu'est conservé aujourd'hui le masque sculpté, dit « masque d'Apollon »[2].

La partie supérieure du donjon est divisée en trois étages par des planchers, aujourd’hui disparus. Chaque étage est éclairé par des fenêtres de dimensions variables et possède une cheminée en pierre.

Fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Embrasure intérieure avec arc de décharge (XIXe siècle), dessinée pour le Dictionnaire de Viollet-le-Duc, 1856.

Fouilles anciennes[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle vit la fouille du puits du château, surnommé « l'abîme », par Auguste Aymard[3].

Fouilles actuelles[modifier | modifier le code]

Lors d'une campagne de fouilles conduite par l'association « Études et chantiers », des pièces d'un jeu d'échecs en ivoire, une arquebuse, des éléments de ceinture avec ornements en cuivre, ont été retrouvés dans le logis médiéval de la Seigneurie[4].

Mise en valeur touristique[modifier | modifier le code]

La valorisation et la restauration du château de Polignac ont fait l'objet d'un engagement du Conseil de la Communauté d'agglomération du Puy-en-Velay à hauteur de 60 000 euros par an au maximum, sur 6 ans à compter de 2008[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bérangère Dumalle, Les châteaux de l'orbite des Polignac en Velay (XIIIe ‑ XVIe siècles), thèse, École des Chartes, 2006.
  • Gaston de Jourda de Vaux, Les châteaux historiques de la Haute-Loire (castels, maisons-fortes, manoirs), Éditions de la Société académique, le Puy-en-Velay, 1911.
  • Gaston de Jourda de Vaux, Polignac. Monographie et dessins, Éd. Rouchon et Gamon, 1911, In-16, 31 p., fig., pl. et plans.
  • Régis Thomas, Jacques Barrot, Châteaux de Haute-Loire, Watel, Brioude, 1993, 467 p.
  • Alexandre Pau, Polignac , la légende du temple d'Apollon, Éditions du Roure, 2007, 255 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf Lacan, Esquisses photographiques, p. 29.
  2. Sans doute un masque de fontaine.
  3. Cf Recherches archéologiques dans la Haute-Loire, par M. Aymard, inspecteur des Monuments historiques, In-8o de 45 pages.
  4. Cf L'éveil du 17 septembre 2007.
  5. Réunion du 23-12-2007.

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Articles connexes[modifier | modifier le code]