Tourisme en Mauritanie

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Le tourisme en Mauritanie est un secteur en progression, mais qui est ralentit par les problèmes sécuritaires du pays, notamment dans l'est du pays. En 2017, le pays n'aurait enregistré au total que 1500 visiteurs[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Façade d'une maison à Oualata

Depuis l'indépendance de la Mauritanie de la France en 1960, à l'époque où la population du pays était encore pour une grande partie nomade, le tourisme européen a commencé à se développer lentement, en raison notamment de la Guerre du Sahara occidental dans laquelle le pays fut brièvement impliqué. La Mauritanie a également souffert de la distance mais aussi de la mise en lumière de l'Algérie qui a également profité de la mise en lumière du rallye Paris-Dakar au début des années 1980. Dans les mêmes années, Théodore Monod qui a voyagé dans les années 1930 dans l'Adrar, permet au pays de gagner en visibilité par la diffusion du film Le vieil homme et le désert à la télévision française.

Cependant, en 1991, le cessez-le-feu avec le Front Polisario et la Guerre civile algérienne vont permettre à la route atlantique de s'ouvrir au commerce et au tourisme. En 1999, Trailblazer Guides a publié un livre comportant de nombreuses routes mauritaniennes[2]. D'autres livres en français sont également publié pendant cette période pour décrire la géographie du pays.

Au début des années 2000, la construction d'une route entre Nouadhibou et Nouakchott fut achevée, devenant la première route à traverser le Sahara du nord au sud[3] et la mise en place de vols à bas coût par la compagnie Point-Afrique entre la France et Atar, ville de Mauritanie ont permis de lancer réellement le marché du tourisme dans le pays[4]. Cependant, la progression subit un net recul avec le meurtre de la famille Tollet et son guide près de la ville Aleg dans la période de Noël 2007[5], amenant à l'annulation du Paris-Dakar, puis par la suite à sa délocalisation en Amérique du Sud. Des enlèvements ont eu lieu par la suite en 2009, renforçant le sentiment d'insécurité dans le pays, et les gouvernements européens ont émis de forts avertissements quant aux risques pour les touristes dans le pays[1]. Avant la crise sécuritaire, le pays atteignait jusqu'à 17 000 touristes par an[1].

En 2018, l'amélioration de la condition sécuritaire a permis à certaines compagnies de voyages de reprendre leurs activités dans le pays, comme Point-Afrique. Si l'armée mauritanienne peut maintenir la sécurité dans le nord et l'ouest, l'est reste dangereux avec la présence de groupes hostiles comme AQMI, qui sévit également dans le Mali, pays voisin, comme l'évoque le Ministère des affaires étrangères français[6].

Sites touristiques[modifier | modifier le code]

Homme lisant dans la bibliothèque de Chinguetti

Le pays possède de nombreux sites touristiques notamment dans la région de l'Adrar, on peut citer les villes de Aoudaghost, Chinguetti, Koumbi Saleh, Ksar El Barka, Ouadane, Oualata, Tichitt. On trouve également la structure de Richat près de Ouadane, l'oasis de Tergit ou encore les ruines médiévales de Ksar El Barka.

Chinguetti[modifier | modifier le code]

La ville de Chinguetti est située à 86 km d'Atar, 128 km de Ouadane. Considérée comme la 7e ville sainte de l'islam, Chinguetti était un centre religieux et connu pour ces écoles coraniques. La ville a également joué un rôle commercial important durant l'ère du commerce par dromadaire. L'influence de la ville dépassait les frontières de l'actuelle Mauritanie, et les écoles étaient connues jusqu'en Orient. La Mauritanie était même connue à une époque comme la "Bilad Chenguetti", ce qui signifie la terre de Chenguetti, et eût son apogée pendant le 17e et 18e siècles.

En 1980, la ville fut attaquée par le Front Polisario, ce qui a conduit la Mauritanie a se retirer du conflit.

Aujourd'hui, la vieille partie au sud de la ville tombe en ruine et est enterrée sous les dunes, mais continue d'offrir un spectacle impressionnant pour le visiteur. De vieux bâtiments, comme la mosquée et son minaret datant du 13e siècle survivent toujours aujourd'hui dans la vieille ville. La bibliothèque de la ville contient des centaines de manuscrits médiévaux, détaillant entre autres transactions commerciales, lois coraniques et observations scientifiques.

Ouadane[modifier | modifier le code]

Ouadane

Ouadane, ou la ville au deux oueds, est une ancienne installation datant de 1140. Les siècles suivants, la ville fleurissait du commerce avec Tombouctou, et était connue pour ses palmeraies, ses mosquées et sa bibliothèque. Au 17e siècle, la ville fut visitée par les portugais qui y établirent des liens commerciaux à l'époque où la ville atteignait son apogée. Le déclin est cependant arrivé quand le commerce maritime européen s'est développé.

L'UNESCO classifie le site comme une partie du patrimoine mondial de l'humanité. Perchée sur des rochers escarpés, la ville évoque le passé glorieux du Sahara. À l'intérieur de la ville, des sites comme la vieille mosquée, la plantation de palmes, la vieille ville, la structure de Richat, la météorite étudiée par Théodore Monod, El Beyedh ou encore le fort d'El Ghallaouya.

Oualata[modifier | modifier le code]

Oualata, situé à 90 km au nord de la ville de Néma, est une vieille ville connue pour ses décorations murales. Les maisons sont peintes avec différents motifs. La ville s'est développé au 11e siècle. Elle était une ville caravane comme Ouadane, profitant du commerce avec Tombouctou pour se développer.

Tichitt[modifier | modifier le code]

Tichitt est une ville isolée mais historique, située à 230 km à l'est de Tidjikdja et 490 km de Néma. L'histoire de la ville remonte au XIIe profitant également du commerce dans le Sahara pour se développer. La ville est connue pour sa bibliothèque et sa mosquée vieille de 700 ans. Du verre de Venise y a été retrouvé sous forme de perles, témoin du commerce médiéval. Les installations commerciales médiévales sont classées comme faisant partie du patrimoine mondial de l'humanité.

À voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Dans le désert mauritanien, le tourisme renaît tout doucement », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 2 mai 2019)
  2. (en) « Sahara Overland », sur trailblazer-guides.com (consulté le 2 mai 2019)
  3. (en) « Routes », sur Sahara Overland (consulté le 2 mai 2019)
  4. « Qui sommes-nous ? », sur Point-Afrique (consulté le 2 mai 2019)
  5. (en) « More held over Mauritania murders », Al Jazeera, (consulté le 2 mai 2019)
  6. « Mauritanie », sur diplomatie.gouv.fr, Ministère des affaires étrangères