Ksar El Barka

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Ksar El Barka
Ruines de la mosquée en 1908.
Ruines de la mosquée en 1908.
Administration
Pays Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
Région Tagant
Démographie
Population 5 070 hab. (2000)
Géographie
Coordonnées 18° 24′ 00″ N 12° 13′ 00″ O / 18.4, -12.216718° 24′ 00″ Nord 12° 13′ 00″ Ouest / 18.4, -12.2167
Altitude 151 m
Localisation

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Ksar El Barka

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Ksar El Barka

Ksar El Barka est une cité historique située dans la commune de Tamourt En aj (ex commune de Nbeika), à 60 km au nord de son chef-lieu, Nbeika, au centre-sud de la Mauritanie. Elle est située dans la région du Tagant.

Son architecture est caractéristique de la région avec ses épais murs de pierre recouverts de banco et ses niches cloisonnées[1].

C'est un site archéologique où subsistent quelques vestiges d'un ksar (village fortifié) – comme son nom l'indique.

Population[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 2000, Ksar el Barka comptait 5 070 habitants[2]

Lors du recensement de 2013, la commune de Tamourt En-aj comptait plus de 20000 habitants mais la localité alentour de la cité abandonnée n'en compte que quelques centaines[réf. nécessaire].

Histoire[modifier | modifier le code]

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Ksar el Barka fut fondé par les Kountas venus de Ouadane en 1690[3].Son fondateur, l'Imam Taleb Sidmhamed Ben Bajed,n'appartenait pas pour autant aux premières générations Kountas venues au Tagant car le tombeau de son père Bajed, celui de son grand père, Sidelemin et même celui de son arrière grand-père, Sidi Haiballah, se trouvent tous au Tagant.Ce dernier est à Legbour, 24 Km à l'ouest de Tijikja. mais le premier projet de sédentarisation des Kounta au Tagant fut celui de Ksar El Barka.

Cette cité a été d'un apport appréciable pour le patrimoine historique et culturel du pays, à travers la diversité et le volume des manuscrits identifiés et répertoriés des ressortissants de cette cité presque oubliée.Ksar Elbarka occupe un site merveilleux, sur la rive nord de l'Oued Labiod,cet affluent majeur du lac Guebbou, où convergent la quasi totalité des eaux du Tagant, au cœur d'un riche site archéologique, entouré d'une multitude de terres agricoles qui faisaient jadis,avec les succulentes oasis, aux portes du Ksar, un levier essentiel du dynamisme économique de cette cité commerçante que les caravanes du grand Sahara connaissaient parfaitement.

Ksar El Barka fut surtout un centre de rayonnement culturel où poètes, savants et érudits nous ont légué des oeuvres fabuleuses. Les prestigieuses Mahadras des Ehel Moulay Eli Ould Moulay Rchid, Ehel Chekh Ould Mmenny,Ehel Taleb Ebbat, Ehel Adoubba, Ehel Elghadhi, Ehel Khayne et bien d'autres y propageaient sagesses et savoirs. Mais la sanctuarisation définitive de Ksar El-Barka, fut surtout consacrée par la visite, du grand Chekh Sidel Moctar El Kounti, cette figure émérite et savant hors paire, illustre refondateur de la Voie Quadirya, venu de l'Azawad pour glorifier le Ksar,en 1753.

Les guerres tribales et les invasions successives,à partir de 1822, ont abouti aux destructions répétées de la cité, dont la dernière eut lieu en 1893.Chaque destruction fut immédiatement suivie par la reconstruction du Ksar par ses habitants. En 1905, les forces d'occupation coloniale sous les ordres de l'Administrateur résident Xavier Coppolani occupent Ksar El-Barka, y construisent un embryon de fortification qui sera utilisé comme réservoir de céréales pour approvisionner les troupes françaises installées à Tijikja.

En 1914,l'Administration coloniale accède à un vieux désire du chef tribal de l'époque, Sid Mhammed Ould Sidahmed Ould Ahmed,de reconstruire la cité dont il vécut la dernière destruction. C'est ainsi que, dans un élan d'enthousiasme et d'entrain,la mosquée a été restaurée, une centaine d'habitations reconstruites (les photos aériennes des vestiges sur Google, permettent aisément de distinguer l'ampleur de la cité originelle par rapport à l'espace reconstruit) et plusieurs points d'eaux crées pour irriguer les palmeraies sur les rives de l'Oued.

Mais cet effort, déjà compromis par les exigences nouvelles du tracé de la route impériale, fut vain car la route des caravanes -comme les caravanes elles-mêmes- appartenaient désormais au passé, et se trouvaient supplantées par les routes coloniales et l'apparition du phénomène de l'automobile.La région du Ksar , progressivement, se vidait donc dans tous les sens, de ses habitants dont une partie est venue s'implanter dans un site vierge, à Nbeika, avec la construction, en 1958, de la passe d'Echetf et le contournement définitif de Ksar-El-Barka

Il n'en demeure pas moins que l'apport historique et patrimonial de la cité reste important, comme en témoignent le volume et la qualité de ses manuscrits,les récits concordants et authentifiés du rôle de ses habitants en faveur de la paix et de la défense des causes justes.Il en reste encore, de nos jours, de magnifiques vestiges qui attendent toujours soins et préservation.La cité a reçu, en Aout 2015, la première visite d'un Ministre de la Culture de l'Etat Mauritanien Indépendant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Claude Klitchkoff, La Mauritanie aujourd'hui, Éditions du Jaguar, 2003 (2e éd.), p. 179 (ISBN 978-2869503403)
  2. Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH) de 2000 [1]
  3. M. Sidatt, « Introduction à l’Histoire du plateau du Tagant », 2009, p. 4 [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Heinrich Barth, Travels and Discoveries in North and Central Africa: Being a Journal of an Expedition Undertaken Under the Auspices of H. B. Majesty's Government, vol. 3, 1859, p. 705-706 (réédité en 2012 par General Books LLC, (ISBN 9781236415073))
  • J. Delpy, Feuille Ksar el Barka : notice hydrogéologique, BRGM, Dakar, 1960, 46 p.
  • Sektou mint Mohamed Vall, Le berger du Ksar el Barka, Alfabarre, Paris, 2015, 220 p. (ISBN 9782357590489) (roman)

Liens externes[modifier | modifier le code]