Tour Thiers

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article ayant un titre homophone, voir Tourtière.
Tour Thiers
Tout Thiers Nancy.jpg

La tour Thiers vue depuis le parc de la cure d'air Saint-Antoine

Histoire
Architecte
Folliasson et Binoux
Construction
Usage
hôtel et bureaux
Architecture
Hauteur de lʼantenne
108
Hauteur du toit
90
Étages
28
Localisation
Adresse
Coordonnées

La tour Thiers est un immeuble de grande hauteur situé au 4-6 rue Piroux à Nancy, dans le département de Meurthe-et-Moselle et la région Lorraine. Le bâtiment marque la limite ouest du centre-ville de Nancy et est adjacent à la gare de la ville.

Situation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gare de Nancy-Ville.

La tour se situe à côté de la gare de Nancy, sur la place Thiers, à l'emplacement d'anciens immeubles dont l'hôtel « Thiers » avec, en rez de chaussée, sa brasserie et son cinéma « Le Thiers ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Avant la construction de la tour, la place Thiers était entourée d'un ensemble de bâtiments datant des XIXe et début du XXe siècles, en partie de style Art nouveau[1]. Outre l'Excelsior, s'y trouvait la brasserie Thiers, les Magasins-Réunis, et la gare de Nancy-Ville, elle-même décorée d'une marquise en acier riveté[2] et fermée par des grilles inutiles et peu esthétiques[3],[4] ,[2]. Parmi les autres commerces, on comptait également un cinéma, une pâtisserie et des brasseries avec leurs terrasses. L'atelier de typographie du quotidien l'Est républicain se trouvait côté sud-est de la place, à l'emplacement actuel d'une taverne irlandaise. Sur la place se trouvaient des emplacements de stationnement, de grands arbres et des pelouses[5]. Des projets de refonte de la gare et de son environnement avait déjà été réalisés en 1931[2].

Le projet de construction de la tour, porté par la municipalité Marcel Martin et dit projet Foliasson du nom de son architecte, prévoyait la construction d'autres immeubles neufs aux alentours, avec en perspective la démolition de l'Excelsior et du siège de la Chambre de commerce et d'industrie, deux bâtiments Art nouveau, ainsi que de la salle Poirel[6]. Devant les nombreuses et fortes oppositions, seule la tour Thiers a vu le jour.

Construction et polémique[modifier | modifier le code]

La tour Thiers, vue depuis la place Stanislas

Le réaménagement de la place Thiers a débuté en 1970 avec le démontage, près d'un siècle après son érection, de la statue d'Adolphe Thiers par Ernest Guilbert[7] et la destruction du bâti ancien. La construction de la Tour Thiers s'est achevée en 1975, avec l'inauguration officielle.

Lors du remodelage de la place et de la construction de la tour, des Nancéiens protestèrent contre ce qu'ils considéraient comme une verrue dans le paysage urbain[8], notamment à cause du fait que la tour bouche la perspective ouest depuis la place Stanislas, distante de 700 mètres. L'architecture en verre et béton de la tour est également anachronique au sein d'un quartier comportant majoritairement des immeubles anciens, dont certains de l'école de Nancy.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Vue nocturne sur la tour Thiers et la gare adjacente

L’édifice est constitué en réalité de l'addition de trois bâtiments de hauteur croissante, à savoir respectivement 45, 75 et 90 mètres, et encastrés les uns dans les autres, ce qui amène cet ensemble à se voir parfois désigner au pluriel : les tours Thiers ou plus simplement les Thiers. Elle tire son nom de la place Thiers, esplanade voisine de la tour, jadis ornée d'une statue du deuxième président de la IIIe République Adolphe Thiers, actuellement déposée[7] dans les réserves de la ville de Nancy.

Les dimensions qui sont retenues sont généralement celles de son plus grand élément qui, avec ses 28 étages, culmine à 90 mètres de hauteur. Sur le toit de ce dernier se trouve un réseau d'antennes dont la cime de la plus haute est à 104 mètres du sol. C'est le plus haut gratte-ciel de Nancy et le deuxième de l'agglomération. En effet, au premier rang se trouve la Tour Panoramique, les Aulnes à Maxéville dont la hauteur est de 96 mètres, côté aval, cette tour étant aussi coiffée d'antennes dont la pointe de la plus haute est à 108 mètres du sol.

À proximité des tours Thiers se trouvent d'autres immeubles de grande hauteur telles que les tours Joffre, Kennedy et Saint-Sébastien, créant un modeste cluster caractéristique de villes nord-américaines. La tour est visible de nombreux endroits de Nancy et de son agglomération, constituant un point de repère dans le paysage urbain.

L'usage des tours Thiers est mixte : elles abritent à la fois des bureaux et un hôtel (de la chaîne Mercure, puis Park Inn depuis 2005, puis à nouveau Mercure depuis 2015) qui profite du flux de voyageurs arrivant de la gare toute proche.

Performances artistiques[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 6 au 7 mai 2006, de 22 heures à 6 heures du matin, la façade de la tour Thiers a été le théâtre de 30 × 30 - Poursuite, un spectacle durant lequel l'édifice a été illuminé par un projecteur dont les mouvements étaient générés par ordinateur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. une carte postale où l'on voit la statue de Thiers et l'entrée des Magasins-Réunis.
  2. a, b et c Émile Badel, « La future gare de Nancy devant le Conseil municipal », L'immeuble et la construction dans l'Est, vol. 44e année, no 7,‎ 15 févier 1931 (lire en ligne)
  3. Dulcitius, « Les places de Nancy : place Thiers », L'immeuble et la construction dans l'Est, vol. 21e année, no 5,‎ (lire en ligne)
  4. E. Badel, « Nancy, les transformations de la place Thiers », L'immeuble et la construction dans l'Est, vol. 29 e année, no 48,‎ (lire en ligne)
  5. Nancy : Place Thiers, une nouvelle ère, l'Est Républicain, 3 décembre 2015
  6. Il y a 50 ans, la folie destructrice dans Nancy, l'Est Républicain, 10 février 2013
  7. a et b Nancy, Nouveau guide complet par E. Badel,Typographie A Crepin-Leblond (1914) p. 171, ainsi que Jean Micque, « Déboulonnons la statue de Thiers », L'immeuble et la construction dans l'Est, vol. 22e année, no 35,‎ (lire en ligne)
  8. « La place Thiers », Lorraine Magazine, no 97,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur le bâtiment[modifier | modifier le code]

Sur son usage[modifier | modifier le code]