Subjectivisme moral

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Le subjectivisme moral est une position méta-éthique qui énonce que :

  1. Les jugements éthiques expriment des propositions morales.
  2. Quelques-unes de ces propositions sont vraies.
  3. Ces propositions portent sur les opinions ou sentiments moraux des individus.[1].

Le subjectivisme moral est en ce sens une forme de cognitivisme moral. Il s'oppose au réalisme moral, qui prétend que les propositions morales se réfèrent à des faits objectifs, indépendants de l'opinion humaine, ainsi qu'à la théorie de l'erreur, qui nie que toutes les propositions morales soient vraies dans tous les sens.

Les formes les plus courantes du subjectivisme moral sont aussi des formes de relativisme moral, avec des normes morales jugées par rapport à chaque culture ou société (c.f. relativisme culturel), ou même à chaque individu. Ce dernier point de vue, tel que proposé par Protagoras, tient qu'il existe autant d'échelles distinctes du bien et du mal qu'il existe de sujets dans le monde[2]. Cependant, il existe également des formes universelles de subjectivisme telle que la théorie de l'observateur idéal (qui prétend que les propositions morales sont relatives aux attitudes que tiendrait un observateur idéal hypothétique) et la théorie du commandement divin (qui prétend que les propositions morales sont celles que Dieu affirme).

Le subjectivisme moral est compatible avec l'absolutisme moral en ce que les propositions morales qui se réfèrent aux attitudes d'un individu ou d'une société peuvent contenir un principe moral à appliquer indépendamment des circonstances. Le subjectivisme moral est également compatible avec le relativisme moral lorsque les préceptes moraux sont ajustés cette fois aux circonstances, comme dans le cas du conséquentialisme[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. R. Brandt Ethical Theory (1959), p. 153 : « [Objectivisme et subjectivisme] ont été utilisés plus vaguement, plus confusément et dans plusieurs sens différents que les autres que nous envisageons. Cependant, nous suggérons comme utilisation pratique qu'une théorie soit appelée subjectiviste si et seulement si, selon elle, toute affirmation éthique implique que quelqu'un fait, ou quelqu'un d'une certaine sorte, sous certaines conditions, prendrait « une certaine attitude déterminée » vers quelque chose »
  2. « Le subjectivisme moral est cette espèce de relativisme moral qui relativise la valeur morale au niveau du sujet » Internet Encyclopedia of Philosophy
  3. R. Brandt, Ethical Theory (1959), p. 154 : « Manifestement, un subjectiviste peut être soit absolutiste soit relativiste »

Bibliographie[modifier | modifier le code]


Source de la traduction[modifier | modifier le code]