Strate (botanique)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir étagement et stratification.

En botanique, les strates végétales décrivent les principaux niveaux d'étagement vertical d'un peuplement végétal, chacun étant caractérisé par un microclimat et une faune spécifique.

Toutes ces strates peuvent ne pas être conjointement présentes dans un milieu.

Dans une forêt primaire la présence d'espèces variées dans toutes les strates dans une structure non équienne (arbres de classes d'âges différentes) et en mosaïque est un gage et indicateur de biodiversité[1].

Cinq strates principales[modifier | modifier le code]

De manière schématique, les cinq grands niveaux (qui peuvent être subdivisés) sont :

Les trois premières strates sont parfois appelées "étages bas".

Des auteurs ajoutent parfois le niveau de la canopée ; partie supérieure de la strate arborée où s'épanouissent les « dryades » (phases de maturité, avec par exemple en Europe un couvert dominé par le sapin et/ou l'épicéa en milieu froid, acides et ou de montagne, et le hêtre en plaine) ; Après une coupe rase ou une perturbation naturelle, ces dryades n'apparaissent naturellement que lentement (ou jamais dans les forêts très exploitées, ne devenant dominant qu’après 200 ans, voire beaucoup plus en forêt tropicale et équatoriale. Enfin, au sein des dryades, de la canopée elle-même émergent quelque très grands arbres, au port parfois très large, dits arbres émergents, ce sont souvent des espèces à bois dense et dur, à grande longévité (et à racines profondes là où l'eau manque). Ils sont souvent consolidés par de larges contreforts. Jeunes, ils sont sciaphiles (appréciant l'ombre et une humidité et fraicheur relative). Ils peuvent ne s'épanouir comme arbres dominants la canopée, qu'après plusieurs siècles ou plus d’un millénaire d'une lente croissance sous le couvert de la canopée.

Une étude en 2008 montre que seule une douzaine d'espèce en forêt brésilienne atlantique résistent à la fragmentation forestière, et uniquement loin des lisières ou au cœur des parcelles les plus grandes[2]. Ces dernières espèces peuvent donc être considérées comme bioindicatrices de problèmes de fragmentation écologique des forêts[2].

L'occupation de chaque strate se traduit par une compétition des espèces pour la lumière et les ressources édaphiques (eau, éléments minéraux), chacune de ces espèces optimisant l'allocation des ressources aériennes (lumière) et souterraines entre les fonctions de croissance et de reproduction[3].

Évaluation de la diversité structurelle de la forêt française métropolitaine[modifier | modifier le code]

Selon l'observatoire national de la biodiversité, concernant l'indicateur « Diversité structurelle des forêts de production métropolitaines (pour la période 2006-2010) » seuls 32 % de la surface forestière, soit 4 879 000 ha, comportent au moins deux strates arborées superposées (futaie irrégulière, mélange de futaie et taillis) ; 62 %, soit 9 545 000 ha, est mono-strate (futaie régulière ou taillis) ; les 6 % restants, soit 982 000 ha, n'ont pas pu être analysés[4]. Selon l'ONB, « Le nombre de strates végétales dans un massif forestier est un indicateur pertinent pour apprécier l'état de sa biodiversité. Un massif forestier diversifié, possédant de nombreuses strates, tend à contenir une importante diversité spécifique et structurelle »[1].

Stratification des habitats naturels ou semi-naturels[modifier | modifier le code]

Représentation (théorique et simplifiée) de la succession forestière pour trois types d'essences. Après chaque évènement perturbateur créant une trouée dans la forêt, à partir d’un stade pionnier, diverses strates de végétation se reconstituent et évoluent en succession, principalement sous le contrôle de la lumière et des herbivores le cas échéant

Des représentants de certains groupes animaux, végétaux ou fongiques peuvent coloniser toutes les strates de la forêt. C'est le cas par exemple des lianes (ex : Lierre) et de quelques espèces de lichens, mousses, bactéries, champignons, insectes)... Cependant, de nombreuses espèces ne vivent que dans une seule strate ou l'exploitent préférentiellement.

Ces strates évoluent dans l'espace et dans le temps, au rythme des perturbations écologiques et de la régénération naturelle ou des cycles sylvigénétiques

La hauteur et l'importance en termes de biomasse de chaque strate varie fortement selon le moment dans le cycle sylvogénétique et la zone biogéographique considérée.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b ONB, Diversité structurelle des forêts métropolitaines Proportion des surfaces forestières métropolitaines comportant plusieurs strates arborées superposées
  2. a et b M.A. Oliveira, A.M.M. Santos, M. Tabarelli , “Profoundimpoverishment of the large-treestand in ahyper-fragmentedlandscape of the Atlanticforest” ; Forest Ecology and Management ; Volume 256, Issue 11, 20 November 2008, Pages 1910–1917 (Résumé)
  3. (en) Poorter, H. and Nagel, O, « The role of biomass allocation in the growth response of plants to different levels of light, CO2, nutrients and water: a quantitative review », Functional Plant Biology, 27, 2000, p. 595-607
  4. ONB, Fiche Surface de forêt de production en métropole en fonction de la structure du peuplement, sur la période 2006-2010