Sosso Bala

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L’espace culturel du Sosso-Bala *
Image illustrative de l’article Sosso Bala
En 2017, l'actuel balatigui, El Hadji Sékou Kouyaté, joue du Sosso Bala lors d'une cérémonie solennelle.
Pays * Drapeau de la Guinée Guinée
Liste Liste représentative
Année d’inscription 2008
Année de proclamation 2001
* Descriptif officiel UNESCO

Le Sosso Bala (« balafon du Sosso » en malinké) est un balafon sacré historique conservé dans le village de Niagassola, en Guinée (préfecture de Siguiri, région de Kankan).

Ce balafon est réputé être le premier de tous les balafons, le balafon originel, l'étalon dont tous les autres ne sont que des copies.

Tradition[modifier | modifier le code]

D'après l'épopée de Soundiata, transmise par la tradition orale des Mandingues, cet instrument daterait au moins du début du XIIIe siècle et aurait été la propriété de Soumaoro Kanté, roi du Sosso. Le souverain l'avait confié à son prisonnier Balla Fasséké, envoyé de Soundiata Keïta. Cette délégation malencontreuse de l'instrument magique allait faire partie des diverses causes menant à la défaite du roi de Sosso face au futur fondateur de l'empire du Mali. Après la victoire de Krina, Soundiata s'attribua l'instrument et en laissa la garde à son griot Balla Fasséké Kouyaté[1].

Conservation[modifier | modifier le code]

L'emplacement de ce balafon a changé au cours des temps, étant régulièrement déplacé entre les actuels Mali et Guinée. Il se trouve aujourd'hui en Guinée, dans le village de Niagassola, à proximité de la frontière entre les deux pays. Il y est conservé par les descendants de Balla Fasséké Kouyaté[2] dans une case sacrée[3]. Il est sous la responsabilité du patriarche qui porte le titre de balatigui (« maître du balafon ») et qui n'en joue que pour enseigner aux enfants ou dans des occasions particulières. En , un bâtiment a été inauguré à Niagassola par Sanoussy Bantama Sow, ministre guinéen de la Culture, des Sports et du Patrimoine historique, pour abriter le Sosso Bala[4].

Une cérémonie a lieu tous les ans avec ce balafon.

Description[modifier | modifier le code]

Ce balafon est composé de 20 lamelles dont la largeur est comprise entre 45 et 75 cm, supportées par une table de 1,24 × 0,49 m, pour une hauteur de 32 cm au grand bout[5].

Patrimoine culturel immatériel de l'humanité[modifier | modifier le code]

Quelle que soit son histoire réelle, cet instrument est incontestablement très ancien.

En 2001, l'UNESCO a proclamé parmi les « chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité » l'espace culturel du Sosso Balla, incluant l'instrument et les traditions orales et musicales qui y sont liées[6]. En 2008, il a été inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité[7].

Il existe un enregistrement rare du Sosso Bala, dans l'album Guinée : Récits et épopées, publié en 1992 par Ocora[8],[9]. Cet enregistrement a été effectué en 1987, et apparaît dans un documentaire télévisé d'Yves Billon et Robert Minangoy, intitulé Musiques de Guinée[10].

Un autre documentaire a été tourné pour France 3 du 10 au lors de l'intronisation du balatigui El Hadj Sékou Kouyaté[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Youssouf Tata Cissé et Wa Kamissoko, La grande geste du Mali : Des origines à la fondation de l'empire, traditions de Krina aux colloques de Bamako, Paris, Karthala et Association pour la recherche scientifique en Afrique noire, coll. « Hommes et sociétés », 1988 et 2000 (ISBN 2-86537-206-5), p. 165.
  2. (en) « Preserving the Sosso Bala », sur jumbierecords.com : une collecte record de dons pour la préservation de cet instrument.
  3. Sékou Kobani Kourouma, « La case sacrée du Sosso Bala à Niagassola, valeurs et pratiques de conservation », dans Thierry Joffroy (dir.), Les pratiques de conservation traditionnelles en Afrique, Rome, ICCROM, coll. « ICCROM Conservation Studies » (no 2), (ISBN 92-9077-192-5, lire en ligne), p. 68–73.
  4. Mohamed Barry, « Siguiri/Niagassola : Le Sosso Bala dispose désormais d’un abri digne de nom », sur kalenews.org, .
  5. Djibril Tamsir Niane, « Histoire et tradition historique du Manding », Présence africaine, no 89,‎ , p. 59–74 [63] (DOI 10.3917/presa.089.0059).
  6. Sebastian Veg, Première proclamation des chefs-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité, Paris, UNESCO, 32 p. (lire en ligne), chap. 9 (« L'espace culture du Sosso-Bala »), p. 17.
  7. « L'espace culturel du Sosso-Bala », Patrimoine culturel immatériel, UNESCO.
  8. Vincent Zanetti, « Nouveautés et rééditions africaines et créoles chez OCORA : Guinée : Récits et épopées », Cahiers d'ethnomusicologie, no 6 « Polyphonies »,‎ , p. 240 (JSTOR 40240178, lire en ligne).
  9. (en) Eric S. Charry, Mande Music : Traditional and Modern Music of the Maninka and Mandinka of Western Africa, Chicago, University of Chicago Press, coll. « Chicago Studies in Ethnomusicology », , 500 p. (ISBN 0-226-10161-4 et 0-226-10162-2), p. 143 + discographie p. 448.
  10. (en) « Kouyates of Niagassola », sur mandebala.net.
  11. Francis Simonis, « Le griot, l'historien, le chasseur et l'UNESCO », Ultramarines, no 28,‎ , p. 12–31 [20–22] (lire en ligne).

Lien externe[modifier | modifier le code]