Siegfried Jerusalem

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Siegfried Jerusalem, né le à Oberhausen, est un ténor allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

À huit ans il commence des études de piano, puis travaille le violon, avant de se tourner vers le basson, trois instruments qu'il perfectionne à la Folkwangschüle d'Essen entre 1955 et 1960. Il commence alors une carrière d'instrumentiste et joue dans divers orchestres allemands : bassoniste en 1961 à Hof-an-der-Saale, puis l'année suivante dans l'Orchestre symphonique de Reutlingen et de 1971 à 1977 dans l'Orchestre symphonique de la radio de Stuttgart, ville dans laquelle il commence aussi à étudier le chant à la Hochschule avec Hertha Kalcher. En 1975, il débute à l'opéra de cette ville en remplaçant au pied levé le ténor Franco Bonisolli souffrant dans l'opérette Le baron tzigane. Il chante alors dans de petits rôles, notamment celui du premier prisonnier dans Fidelio de Beethoven, mais très vite, dès 1976, il incarne Pinkerton dans Madame Butterfly à Darmstadt, puis Lohengrin (un de ses rôles fétiches) à Aix-la-Chapelle, Darmstadt, Hambourg. L'année suivante, il fait ses débuts au Festival de Bayreuth dans les rôles du Junger Seemann (Tristan et Isolde) et Froh (L'Or du Rhin). Dès lors, il devient membre permanent du Festival pendant vingt-trois saisons consécutives. Il aborde la même annéee Siegmund à Bruxelles et Pamino dans La Flûte enchantée à Berlin. La Deutsche Oper l'engage dans sa troupe en 1978. Puis ce sont ses débuts dans Parsifal au Staatsoper de Vienne et à Bayreuth, en 1979, sous la direction de Horst Stein.

Doté, grâce à sa formation d'instrumentiste, d'une impeccable technique respiratoire et d'un souffle particulièrement endurant, il s'affirme rapidement comme le meilleur ténor lyrico-héroïque allemand de son temps et « l'un des plus grands Heldentenor de la fin du XXe siècle »[1]. En 1980, il fait ses débuts au Metropolitan Opera de New York dans Lohengrin, et l'année suivante à la Scala de Milan dans le même rôle. Au cours des années 1980, il se produit au Covent Garden à Londres, où il incarne Erik (Le Vaisseau fantôme), à Paris, Genève, Cologne, ainsi que sur de très nombreuses autres grandes scènes européennes et nord-américaines. Il élargit alors son répertoire avec des rôles comme Max (Le Freischütz), Lenski (Eugène Onéguine), Florestan (Fidelio), le rôle-titre Idomeneo, re di Creta, , Alfred et Eisenstein (La Chauve-souris), etc.

Il enregistre une multitude de disques, comprenant notamment les premières de Violanta, opéra d'Erich Wolfgang Korngold, Leonora de Ferdinando Paër et Schwanda, le joueur de cornemuse de Jaromír Weinberger. En 1988 il triomphe à Bayreuth dans le rôle de Siegfried, qu'il reprend l'année suivante, avec le même succès, dans Le Crépuscule des dieux. En 1990 il interprète Loge et les deux Siegfried dans Der Ring des Nibelungen au Met de New York, mis en scène par Otto Schenk et dirigé par James Levine, retransmis à la télévision devant 55 millions de téléspectateurs à travers le monde (et immortalisé en CD et DVD). Les années suivantes, il participe aux Ring de Vienne, Berlin, Munich, Hambourg, Milan, Buenos Aires, Londres et Chicago. Au Festival de Bayreuth de 1993, il remporte un immense succès pour ses débuts dans le rôle de Tristan, qu'il est ensuite invité à interpréter un peu partout dans le monde.

Bien que surtout connu comme interprète des grands rôles wagnériens (Tristan, Siegfried, Parsifal, Walther von Stolzing...), il mène également une importante carrière au concert (lied et oratorio). Il participé aussi à la création d'œuvres de Günter Bialas (Überblickt man die Jahre, lieder, 1989), Hans Werner Henze (We Come to the River, 1977), Krzysztof Penderecki (Le Paradis perdu, 1977). En 1993 il est nommé « Kammersänger » de l'Opéra de Vienne, et depuis 2000 il consacre plus de temps à l'enseignement, notamment au conservatoire de Nuremberg.

Sa très vaste vidéo/discographie comprend de nombreux enregistrements des opéras de Wagner, notamment au Met (dont les quatre opéras de L'Anneau du Nibelung sous la direction de James Levine), et à Bayreuth, mais aussi une grande partie des opéras qu'il a interprétés sur scène, ainsi que les Rückert-Lieder et Le Chant de la Terre de Gustav Mahler, des lieder de Schumann, Richard Strauss, et des œuvres chorales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire encyclopédique Wagner, sous la direction de Timothée Picard, Actes Sud / Cité de la musique, 2010, p. 993.

Liens externes[modifier | modifier le code]