Selbstschutzpolizei

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Selbstschutzpolizei
Création 1943
Dissolution 1945
Allégeance Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Fait partie de Sicherheitsdienst
Guerres Seconde Guerre mondiale

La Selbstschutzpolizei a été en 1943 et 1944 une force militaire auxiliaire de l'armée allemande formée de volontaires français.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au printemps 1943, l'Obergruppenführer Karl Oberg, chef de la police et des SS à Paris et le Standartenführer Hermann Bickler créent un groupe de volontaires français, la Selbstschutzpolizei, afin de mieux lutter contre les mouvements français de résistance. Les membres de cette force supplétive devaient être français, désireux et capables de rejoindre les maquis afin d'infiltrer les mouvements de résistance et rassembla principalement des jeunes gens issus des divers mouvements français de collaboration comme le Rassemblement national populaire, Parti populaire français, le Mouvement social révolutionnaire)[1].

Dans la région parisienne, trois châteaux (le château de Vaucelles[2], le château du Haut-Tertre[3] et le château Jaeger, tous les trois situés à Taverny, confisqués à leurs anciens propriétaires juifs, servent à leur formation. Les recrues apprennent, pendant les deux à trois semaines que dure leur formation, les méthodes de sabotage, de transmission et contre-mesures de transmission, les techniques de pratiques d'interrogatoires. Environ 5 000 jeunes français ont suivi ces cours. Initialement placés sous la direction de la Milice française et de la LVF, ces centres sont placés à partir de janvier 1944 sous la direction de la Gestapo et des SS. À l'issue de leur formation, les hommes reçoivent un pistolet automatique, des papiers d'identité (un ausweis) leur fournissant une nouvelle identité, et l'assurance du soutien de l'armée et de la police allemande partout en France.

Trois centres de commandement sont créés en province, à Dijon, Toulouse et Rennes. Les unités de la Selbstschutzpolizei, opérationnelles à partir de (par exemple, le , une unité de douze hommes[4] de la Selbstschutzpolizei (SSP) arrive de Paris et s’installe dans une maison réquisitionnée au 76 boulevard de la Duchesse-Anne à Rennes[5]), sont formées chacune d'une douzaine ou d'une quinzaine d'hommes et leurs membres cherchent à détecter les maquis et l'identité des maquisards, et participent à leur interrogatoire, y compris par la torture[1], par exemple à Bourbriac dans les Côtes-du-Nord où certains de leurs membres ont été identifiés et capturés par la suite en mer près de Vannes alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Espagne franquiste, comme Jean de Cambourg[6], Rémy Daigre[7], Bernard d'Ambert de Sérillac[8], René Hocquart[9] ou encore Joseph Morvan, instituteur, qui parvint à échapper aux poursuites après la guerre[10]. Les membres du Bezen Perrot, ou encore ceux du Kommando de Landerneau, eurent en Bretagne un rôle analogue.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/selbstschutzpolizei-des-collabos-dans-la-police
  2. http://fr.topic-topos.com/chateau-de-vaucelles-taverny
  3. http://fr.topic-topos.com/chateau-du-haut-tertre-taverny
  4. Une photographie permet d'identifier certains d'entre eux : Jean-Yves de Cambourg, Jean Frelin, Marcel Durot, Rémi Daigre, Max Jacob [Oscar Marx], René Hocquart, Depin, Roger Silly, Élie Cardun, Paul Anderlé, Jacques Van Verden, Eugène Martin, Lionel Brot, voir https://devoirdememoireenbretagne.wordpress.com/tag/bezen-perrot/
  5. http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/collaboration/collaboration-en-ille-et-vilaine.htm
  6. Né le 27 janvier 1924 à Orléans, Jean de Cambourg fut condamné aux travaux forcés à perpétuité le par la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine, mais fut en fait libéré dès 1948. Décédé à Paris en 1983.
  7. Rémy Daigre, né le à Bazauges (Charente-Maritime), maître d'hôtel, condamné à mort pour crime d'intelligence avec l'ennemi et exécuté le au camp militaire de Coëtquidan
  8. Bernard d'Ambert de Sérillac, né le à Thaï Bink (Tonkin), condamné à mort pour crime d'intelligence avec l'ennemi et exécuté le au camp militaire de Coëtquidan
  9. René Hocquart, né en 1923 à Paris, fut après la guerre condamné à vingt ans de travaux forcés, mais libéré le
  10. Morvan 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Robert Forbes, For Europe : The French Volunteers of the Waffen-SS, Solihull, Helion & Co, (ISBN 978-1874622680, lire en ligne), p. 156-157
  • Pierre-Philippe Lambert et Gérard Le Marec, Les Français sous le casque allemand, Paris, Grancher, (ISBN 978-2-7339-1098-6), p. 203-208
  • Françoise Morvan, Miliciens contre maquisards : enquête sur un épisode de la Résistance en Centre-Bretagne, éditions Ouest-France, (ISBN 978-2-7373-5063-4).