Rue d'Aubervilliers

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

18e, 19e arrts
Rue d'Aubervilliers
Image illustrative de l’article Rue d'Aubervilliers
La rue d'Aubervilliers vue de la rue de Crimée.
Situation
Arrondissements 18e
19e
Quartiers Chapelle
Villette
Pont-de-Flandre
Début 2, boulevard de la Chapelle
Fin 1, boulevard Ney
Morphologie
Longueur 1 820 m
Largeur 15 à 30 m
Historique
Création 23 mai 1863
Dénomination Rue d'Aubervilliers
Géocodification
Ville de Paris 0495
DGI 0517

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue d'Aubervilliers
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

La rue d'Aubervilliers est une rue des 18e et 19e arrondissement de Paris qu'elle sépare (le côté impair de la rue est dans le 18e).

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Elle va du boulevard Macdonald au boulevard de La Chapelle. Longtemps située dans un quartier délaissé, la rue connaît ces dernières années un renouveau.

La rue, de nos jours, est parallèle aux voies ferrées menant à la gare de Paris-Est sur lesquelles elle donne sur sa partie nord et dont elle n'est séparée sur sa partie sud que par des entrepôts et un jardin public, les jardins d'Éole (côté impair).

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Elle porte ce nom car originellement c'était un chemin vicinal qui conduisait au village d'Aubervilliers.

Historique[modifier | modifier le code]

La partie sud de la rue s'appelait autrefois « rue des Vertus », et la partie nord à partir de la rue Riquet était le chemin de Notre-Dame-des-Vertus[1]. Il marquait la limite des communes de La Chapelle et de La Villette.

Elle porte son nom actuel en 1855 dans toute son étendue. Cette voie menait, jadis, à l'église Notre-Dame-des-Vertus d'Aubervilliers élevée près de la ferme Albert-Villare (Aubervilliers). La rue commençait à la barrière des Vertus, sur le mur des Fermiers généraux. Cette rue, du côté impair, longeait le gazomètre[2] et le Chemin de fer de l'Est[3].

La première gare de l'Est — qui originellement s'est nommée « embarcadère de Strasbourg[4] » — se situait près de la barrière des Vertus, rue d'Aubervilliers : c'est de là que, le [5], partit le premier train pour Meaux[6].

La rue accueillait les entrepôts de la compagnie du Chocolat Menier dont l'usine se trouvait à Noisiel, sur la ligne de Paris-Est à Mulhouse-Ville[7].

Durant la commune de Paris de 1871, la rue d'Aubervilliers fut couverte de nombreuses barricades[8],[9].

Dans les années 1870, est érigé au no 104 le bâtiment des pompes funèbres de Paris.

En 1962, il y eut plusieurs attentats contre les cafés musulmans de la rue d'Aubervilliers[10].

À la fin du XXe siècle, l'activité industrielle et les services qui y sont associés périclitent :

  • l'usine à gaz de la Villette est fermée en 1956 ;
  • les terrains ferroviaires, désaffectés dans les années 1990, sont aménagés en espace vert (jardins d'Éole) ;
  • le service des pompes-funèbres, fermé en 1997, est reconverti en établissement culturel (Centquatre-Paris).

L'enclave ferroviaire, en friche, située entre entre l’entrepôt Ney, la rue d'Aubervilliers, la rue de l'Évangile et la rue de la Chapelle appelé communément « Zac Chapelle-Charbon » doit devenir à partir de 2020, un grand parc urbain, le parc Chapelle-Charbon[11],[12],[13].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

Rue d'Aubervilliers (côté 19e) au niveau des jardins d'Éole situés dans le 18e.
  • No 5 : Maurice Thorez a demeuré en 1925 dans un hôtel situé à cette adresse[14].
  • No 45 : entrée des jardins d'Éole, parc d'une surface de 4 hectares créé en 2007.
  • Nos 62-64 : immeuble de la ville de Paris construit en 1997 par l'architecte François Viseux, dans le style logement-housing[Quoi ?][15]. Emplacement, dans les années 1970, de la Tour Horizon Montmartre, siège des Sociétés Comptoir 2000, Eurovox, centre de formation permanente et de diffusion de matériel pédagogique, de La Gerbe du Temps, commercialisant de la porcelaine de Limoges, services de table numérotés, La Librairie pédagogique audiovisuelle, La Cie Nouvelle La Porcelaine Singer, siège à Limoges, ainsi que Les Maîtres Porcelainiers Limougeauds, également à Limoges. Ce complexe ferma en décembre 1977[16].
  • Pont de la rue Riquet
  • No 104 : au lieu-dit Les Petits Noyers, le Cent Quatre, établissement culturel de la ville de Paris inauguré le . Constitué de deux grandes halles entièrement rénovées et aménagées, il occupe le bâtiment qui a abrité de 1850 à 1867 l'abattoir de la commune de La Villette, puis le service des pompes funèbres de la ville de Paris entre 1874 et 1997.
  • No 156 : domicile des terroristes islamistes Chérif et Saïd Kouachi[17].
  • Nos 192-212 : ancienne entrée ainsi que hangar de l'usine à gaz de la Villette, construit en 1922. Ce sont les derniers vestiges de cette usine ouverte en 1855 et fermée en 1956. Le hangar est aujourd'hui occupé par les services techniques de la ville de Paris[18].
  • Les fondateurs des établissements Pétrossian (caviar et œufs d'esturgeons) possédaient un petit local[Où ?] rue d'Aubervilliers dans les années 1970[19].
  • À l'intersection avec la rue de l'Évangile est érigée la croix de l'Évangile, la dernière croix de carrefour de Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marquis Félix de Rochegude, Promenades dans tout Paris, Paris, Hachette, 1910 [1].
  2. Les Gazomètres de la rue d'Aubervilliers, Google Livres.
  3. Les trains qui partaient de la gare de l'Est et qui passaient contre la rue d'Aubervilliers étaient la propriété de la Compagnie des chemins de fer de l'Est (google.fr/).
  4. Bernard Rouleau, Paris. Histoire d'un espace, Seuil, 1997, 492 p., p. 327 (en ligne).
  5. Fernand Auguste Marie Bournon, Paris-Atlas, Larousse, 239 p. (en ligne).
  6. Danièle et Jean-Claude Clermontel, Chronologie scientifique, technologique et économique de la France (en ligne).
  7. Lucien Chanuc, « Curiosité : les trains du Chocolat Menier », Connaissance du rail, nos 356-357,‎ , p. 40-45 (ISSN 0222-4844).
  8. Eleanor Marx Aveling, History of the Commune of 1871 (en ligne).
  9. Réimpression du Journal officiel de la République Française sous la Commune du 19 mars au 24 mai, 1871 (en ligne).
  10. Compte rendu sténographique des débats du procès du capitaine Jean-Marie Curutchet (Organisation_armée_secrète#OAS-M.C3.A9tropole), suite aux attentats contre les cafés musulmans de la rue d'Aubervilliers à Paris en 1962 (en ligne).
  11. Chapelle Charbon (Paris 18e) - Un quartier en bordure d’un grand parc
  12. Chapelle Charbon, un parc pour le nord parisien
  13. Chapelle-Charbon : un nouveau parc au nord de Paris
  14. Maurice Thorez a demeuré au no 5 de la rue d'Aubervilliers en 1925. Cahiers d'histoire de l'Institut Maurice Thorez, volume 12, nos 24-28 [2].
  15. Résidence des artistes Pascal Lagriffoul ([3] leslutins.com), Patrick Coeuru (projet2.asso-com.com).
  16. La Gerbe du Temps, SARL au capital de 1 800 000 F, RC Paris 61 B2688, INSEE 780143640 APE 5130, réglement judiciaire prononcé par le tribunal de commerce de Paris le 8 décembre 1977 pour l'ensemble des sociétés du groupe, syndic Yannick Pavec et Antoine Chevrier à Paris.
  17. Éloïse Lebourg, « L'enfance misérable des frères Kouachi », sur Reporterre, (consulté le 18 janvier 2015).
  18. Commission du vieux Paris, compte-rendu de séance du 29 mai 2015, api-site-cdn.paris.fr.
  19. (Huberta von Voss, Portraits of Hope: Armenians in the Contemporary World (en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Nizan, La Conspiration, Paris, Le Club français du livre, 1965.
    Paul Nizan y écrit : « La rue d'Aubervilliers est une rue bizarre : elle a des entreprises de camionnage et de messageries, […] les Pompes Funèbres de la Ville de Paris, elle est en somme presque tout entière consacrée au transport des vivants et des morts. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]