Roswell Rudd

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Roswell Rudd
Description de cette image, également commentée ci-après
Roswell Rudd en 2006.
Informations générales
Nom de naissance Roswell Hopkins Rudd
Naissance
Sharon (Connecticut)
Décès (à 82 ans)
Kerhonskon, quartier de New York
Genre musical Jazz, dixieland, free jazz, avant-garde jazz
Instruments Trombone,
Années actives 1957 - 2017
Labels Columbia, Sunnyside, Universal, DIW, Verve

Roswell Hopkins Rudd, Jr., né à Sharon (Connecticut) le , et mort le [1] à Kerhonskon (quartier de New York), est un tromboniste et un compositeur américain de jazz.

Bien qu’ayant commencé par du jazz classique (dont du dixieland), il est surtout connu pour être un des musiciens majeurs du free jazz et de l’avant-garde jazz. Il a joué notamment avec Steve Lacy ou encore Archie Shepp.

Biographie[modifier | modifier le code]

Roswell Rudd est diplômé de l’université Yale. Il y a joué avec un groupe dixieland, le Eli's Chosen Six, au milieu des années 50. Le sextet a joué du jazz traditionnel, du ragtime, du piano stride, au goût du jour, et enregistré deux albums, dont un pour Columbia.

Roswell Rudd enseigne ensuite l'ethnomusicologie au Bard College et à l'Université du Maine[2]. Durant une trentaine d'années, Roswell Rudd collabore notamment avec Alan Lomax[3]. Il participe à la mise en place d'une plateforme multimédia, appelée The Global Judebox, sur la musique et la chanson dans différentes cultures[4].

À partir des années 1960, Roswell Rudd participe au mouvement musical appelé free jazz. Les enregistrements majeurs incluent le travail avec le New York Art Quartet, l'enregistrement d'une partie de la bande sonore du film de 1964 de Michael Snow, New York Eye and Ear Control, la participation à l'enregistrement du disque Liberation Music Orchestra en 1968 avec Charlie Haden, Michael Mantler et Carla Bley, ainsi que les collaborations avec Cecil Taylor, Don Cherry, Pharoah Sanders, Larry Coryell et Gato Barbieri. Mais aussi, bien entendu, ses enregistrements avec Archie Shepp[5] ou Steve Lacy[6].

Dans les années 2000, Roswell Rudd se passionne pour la culture et la musique africaine, et particulièrement du Mali. Il enregistre avec des musiciens de ce pays. Son CD de 2001 Malicool,est une collaboration interculturelle avec le joueur de kora Toumani Diabaté et d'autres musiciens maliens[7]. Roswell Rudd introduit le trombone dans des enregistrements de musique traditionnelle malienne[8]. En 2004, il se produit, avec sa formation Trombone Shout Band à effectuer lors de la 4e Festival au Désert, à Essakane, à deux heures de piste de la ville de Tombouctou, au Mali.

En 2005, il s'intéresse à une musique d'une contrée encore plus lointaine, en enregistrant un CD, intitulé Blue Mongol, avec le groupe Mongolian Buryat, un groupe de musique traditionnelle de Mongolie et de Bouriatie[9]. Il enregistre également avec des musiciens latinos de New York.

En parallèle, il effectue des master classes et anime des ateliers musicaux aux États-Unis et partout dans le monde[10]. Il codirige un ensemble avec Archie Shepp, ainsi que des tournées avec Malicool, et avec le groupe Mongolian Buryat.

Influences[modifier | modifier le code]

Sa proximité et son amitié pour les saxophonistes Archie Shepp et Steve Lacy ont joué un rôle important dans l'évolution musicale de Roswell Rudd, ainsi que ses nombreux enregistrements de la musique de Thelonious Monk avec ce même Steve Lacy[6],[11].

Deux compositeurs et pianistes l'ont marqué, en effet, avant d'aborder le free jazz: Thelonious Monk, déjà cité, et qu'il a longuement joué ensuite en compagnie de Steve Lacy, et Herbie Nichols. « Herbie était poète autant qu'il était musicien », a-t-il déclaré, « Lorsque j'ai eu affaire à lui, j'ai réalisé que tout ce que j'avais pu apprendre auparavant ne pesait pas lourd à côté de ce qu'il était à même de m'apporter. Mais, à part le fait qu'il ait réalisé l'importance de Monk au point de le défendre en toute circonstance, il n'existait aucune corrélation entre les musiques de ces deux-là. »[12].

Et dans la façon de jouer du trombone, Roswell Rudd n'a oublié ni les sessions endiablées des étudiants du Eli's Chosen Six, à l'université Yale, ni les trombonistes qui ont précédé le free jazz et le be-bop, notamment Kid Ory et Jack Teagarden[13].

Récompenses et distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

  • En 2000, Roswell Rudd se voit attribuer la Bourse Guggenheim en composition musicale[14].
  • En 2003, 2004, 2005, 2009 et 2010, il est élu tromboniste de l'année par The Jazz Journalists Association[15],(en) [16],[17],[18],[19].
  • Son album de 1999, Monk's Dream, est nominé pour les Grammy Awards pour la meilleure performance vocale et pour le meilleur album instrumental de jazz.
  • En 2010, le magazine américain consacré au jazz, Down Beat, le sacre « Tromboniste No. 1 »[20]

Discographie[modifier | modifier le code]

Comme leader[modifier | modifier le code]

  • 2008: El Encuentro (Mojito Records)
  • 2007: Keep Your Heart Right (Sunnyside)
  • 2006: El Espiritu Jibaro (Sunnyside)
  • 2005: Blue Mongol (Sunnyside)
  • 2002: Malicool (Universal/Sunnyside)
  • 2001: Roswell Rudd and Archie Shepp Live in New York (Universal South Records)
  • 2001: The Charlie Kohlhase Quintet joue la musique de Roswell Rudd: Eventuality (NADA)
  • 2000: Broad Strokes (Knitting Media)
  • 1999: Monk's Dream Steve Lacy/Roswell Rudd (Universal/Verve Records)
  • 1999: New York Art Quartet: 35 Reunion (DIW Records)
  • 1996: The Unheard Herbie Nichols-VOL 1 & 2 avec John Bacon, Jr et Greg Miller (CIMP)
  • 1982: Regeneration avec Steve Lacy, Misha Mengelberg, Kent Carter, Han Bennink (Soul Note)
  • 1978: The Definitive Roswell Rudd (Horo Records)
  • 1976: Blown Bone (Emanem Records)
  • 1976: Inside Job avec Enrico Rava, Dave Burrell, Stafford James, Harold White (Arista/ Freedom)
  • 1974: Flexible Flyer (Freedom Records)
  • 1973: Numatik Swing Band
  • 1965: Roswell Rudd (America)
  • 1966: Everywhere

Comme accompagnateur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Francis Marmande, « Jazz à la Sainte-Chapelle », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Serge Loupien, « Jazz. Retrouvailles des deux anciens musiciens de dixieland convertis au free. Lacy fidèle à Rudd. Steve Lacy trio invite Roswell Rudd, ce soir et demain à 20 h 30 et 22 h 30 au Duc des Lombards, 42, rue des Lombards, Paris Ier (01 42 33 22 88). », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Serge Loupien, « Roswell Rudd and Archie Shepp », Libération,‎ (lire en ligne).
  • (en) Kelefa Saneh, « When Cultures' Sounds Don't Match, but Echo », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  • Serge Loupien, « Le free jazz perd le souffle Steve Lacy », Libération,‎ (lire en ligne).
  • (en) Geoffrey Himes, « Roswell Rudd: Song Styles of a Planet », Jazz Times,‎ (lire en ligne).
  • (en) Lisa A. Phillips, « Where the Music Surrounds Him », The New York Times,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]