René Pommier

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René Pommier
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René Pommier est un enseignant-chercheur et essayiste français né le .

Maître de conférences à la Sorbonne et écrivain essentiellement sceptique, rationaliste et anti-religieux, il se fait connaître par des essais critiques consacrés à des essayistes du XXe siècle comme Roland Barthes ou René Girard.

Biographie[modifier | modifier le code]

René Pommier est le fils de Marcel Pommier, un agent d’assurance[1]. Il ne doit pas être confondu avec l'historien de la littérature française et professeur au Collège de France Jean Pommier, qui a préfacé son premier livre, Une croix sur le Christ (1976).

Ancien élève de l’École normale supérieure (promotion 1955[2]), agrégé des lettres et docteur ès-lettres avec une thèse soutenue en 1986 devant l'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) et ayant pour sujet l'ouvrage Sur Racine de Roland Barthes, il a enseigné dans cet établissement durant vingt-deux ans la littérature française du XVIIe siècle en qualité de maître de conférences.

En 1979, le prix de la critique de l’Académie française a couronné son ouvrage Assez décodé ! ; en 2007, sur proposition de l’Académie française, il a reçu le prix Alfred-Verdaguer pour l’ensemble de son œuvre et, en 2008, l’Académie des sciences morales et politiques lui a décerné le prix Joseph Saillet pour Sigmund est fou et Freud a tout faux.

Ses différentes publications attestent son esprit critique et ses prises de position rationalistes à l'égard à la fois des croyances religieuses et de certaines disciplines des sciences humaines comme la psychologie ou la psychanalyse, dont il dénonce les prétentions scientifiques, ce qui l'amène à s'en prendre à divers penseurs du XXe siècle qui, en raison de la notoriété qu'ils ont acquises auprès de leurs contemporains, font figure de [réf. souhaitée] « vaches sacrées ».

Principales cibles de René Pommier[modifier | modifier le code]

Pommier a la conviction que certaines personnalités en faveur tant dans l'Université que dans les médias, voire auprès du grand public, se trompent dans leurs analyses. Il met ainsi en cause les réflexions de divers théoriciens et penseurs, dont :

  • le fondateur de la psychanalyse Sigmund Freud[3] ;
  • le critique littéraire Roland Barthes, professeur au Collège de France ;
  • l'anthropologue René Girard, qui a fait toute sa carrière dans de prestigieuses universités des États-Unis ;
  • l'universitaire marxiste Pierre Barbéris, spécialiste bien connu de Balzac.

À cette fin, il utilise d'ordinaire les méthodes et le style du pamphlétaire, ayant fréquemment recours à des expressions malsonnantes et provocatrices comme absurdité, aliboron grotesque, âneries rocambolesques, calembredaine, élucubration, foutaise, imposture, snobisme ou encore sornettes[4].

Roland Barthes[modifier | modifier le code]

Très critique au sujet de Barthes, dont il récuse l'analyse qu'il a faite de l’œuvre de Racine, Pommier lui a consacré de très nombreux textes où il présente et défend la thèse selon laquelle la pensée de Barthes serait auto-contradictoire et sans prise sur le réel. Il emploie à son encontre des termes qui ont semblé excessifs (« con », « faribole », « ineptie », « jobard », « insanité », etc.), et n'hésite pas à s'en prendre à ceux que ses écrits ont pu séduire.

Cette polémique n'a pas été toujours bien accueillie par la critique littéraire[5].

René Girard[modifier | modifier le code]

Les publications de Girard — « une œuvre qui sera sans doute presque complètement oubliée dans cinquante ans » — sont également l'une de ses cibles[6]. Dans ses ouvrages et dans les critiques publiées sur son site, il s'efforce de montrer que l’interprétation que Girard donne de certains textes sur lesquels il s'appuie est arbitraire et sans fondement, de sorte qu'on ne saurait l'invoquer en faveur des thèses qu'il défend.

Sceptique quant à son projet de révéler des « choses cachées depuis la fondation du monde », Pommier observe ironiquement que « si vraiment la lumière que René Girard prétend apporter aux hommes est d’une clarté aussi aveuglante qu’il le dit, comment se fait-il que personne ne l’ait aperçue avant lui ? ».

Publications[modifier | modifier le code]

  • Une Croix sur le Christ, Roblot, 1976, distribution La Libre Pensée
  • Assez décodé !, Roblot, 1978, (Prix de la Critique de l'Académie française, 1979) Nouvelle édition Eurédit 2005
  • Un Marchand de salades qui se prend pour un prince. Réponse du « petit Pommier » au « grand Barberis », Roblot, 1986, Nouvelle édition sous le titre Le Misanthrope ; de son interprétation et de la prétendue pluralité du sens, Eurédit, 2007
  • Roland Barthes, ras le bol !, Roblot, 1987
  • Le « Sur Racine » de Roland Barthes, thèse de doctorat d'État, SEDES, 1988, (publié avec le concours du C.N.R.S.).
  • Explications littéraires : Mme de Lafayette, Chateaubriand, Mallarmé, Giraudoux, SEDES, 1990. Nouvelle édition, Eurédit, 2005.
  • Explications littéraires : Agrippa d'Aubigné, Molière, Montesquieu, Laclos, Apollinaire, SEDES, 1993, Nouvelle édition, Eurédit, 2005.
  • Études sur Le Tartuffe, SEDES, 1994. Nouvelle édition, Eurédit, 2005
  • Études sur Britannicus, SEDES, 1995. Nouvelle édition, Eurédit 2007
  • Études sur les Maximes de La Rochefoucauld, Eurédit, 2000
  • Études sur La Princesse de Clèves, Eurédit, 2000
  • Ô Blaise ! À quoi tu penses ? Essai sur les Pensées de Pascal, Espace de libertés, coll. « Laïcité », Bruxelles, 2009, 125 p., (ISBN 2-930001-52-6). (page consacrée au livre sur le site de l'Université Libre de Bruxelles)
  • Explications littéraires : Racine, Bossuet, Baudelaire, Eurédit, 2005
  • Études sur le dix-septième siècle, Eurédit, 2006
  • Sanglades, Eurédit, 2006
  • Sigmund est fou et Freud a tout faux. Remarques sur la théorie freudienne du rêve, éditions de Fallois, 2008. Prix Joseph Saillet de l'Académie des Sciences morales et politiques
  • Études sur le Dom Juan de Molière, Eurédit, 2008.
  • Études littéraires (Ronsard, Molière, Bossuet, Racine, Rousseau, Chateaubriand, Apollinaire), Eurédit, 2009.
  • René Girard, un allumé qui se prend pour un phare, Kimé, 2010
  • Explications littéraires : Montaigne, Pascal, Diderot, Flaubert, Eurédit, 2010.
  • Thérèse d'Avila, très sainte ou cintrée? Etude d'une folie très aboutie, Kimé, 2011, 163 p.
  • Explications littéraires : Molière, Bossuet, Montesquieu, Eurédit, 2012
  • Rire et colère d'un incroyant, Kimé, 2012
  • Etre girardien ou ne pas être. Shakespeare expliqué par René Girard, Kimé, 2013.
  • Défense de Montesquieu. Sur une lecture absurde du chapitre « De l'esclavage des nègres », Eurédit, 2014.
  • Freud et Léonard de Vinci : Quand un déjanté décrypte un géant, Kimé, 2014
  • La "Psychopathologie de la vie quotidienne" ou quand Freud déménage du matin au soir, Kimé, 2015
  • "Piques et polémiques, Kimé, 2017.
  • "Roland Barthes, grotesque de notre temps, grotesque de tous les temps", Kimé, 2017.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Tsai Yulong, peintre chinois, un passeur », sur Mon œil 75, Google Blogger, 2009 juil
  2. « René Pommier », sur Annuaire, ENS.
  3. François-Georges Maugarlone, « Haro sur les psys ! », sur Nouvel Observateur,
  4. Rappelons le titre de certains de ses ouvrages : Roland Barthes, ras le bol !, Roblot,  ; Thérèse d'Avila, très sainte ou cintrée ? : étude d’une folie aboutie, Kimé,  ; Freud et Léonard de Vinci : quand un déjanté décrypte un géant, Kimé,
  5. « Feu nourri contre Barthes & les jobarthiens », sur Passouline, Le Monde, 2009 juil 30
  6. Nicolas Journet, « Réné Girard et les joies du bashing », Sciences humaines,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]