René François Rohrbacher

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René François Rohrbacher
René François Rohrbacher.jpg
Biographie
Naissance

Langatte (Lorraine)
Décès
(à 66 ans)
Paris
Nationalité
Français
Activités
Autres informations
Religion
Langatte René François Rohrbacher.jpg
Plaque commémorative

René François Rohrbacher, né le à Langatte, commune proche de la ville de Sarrebourg, et mort le à Paris, est un prêtre, théologien, historien ecclésiastique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

René François Rohrbacher est le fils de l’instituteur du village et chantre de l’église Nicolas Rohrbacher et de son épouse, Catherine Gantener[1]. Son parrain de baptême est François René de Frimont, prêtre de la paroisse de Langatte et voisin de ses parents. Janséniste, celui-ci devient vicaire épiscopal de l’évêché de la Meurthe (Langatte se trouvait à l'époque dans l'ancien département de la Meurthe).

René François Rohrbacher a un goût pour le travail intellectuel et souhaite faire des études. Écolier, il fait des conférences à ses camarades de classe, dans un coin du cimetière du village, situé à proximité de la maison de ses parents. Un décret de Napoléon Bonaparte demande à chaque famille de sept garçons et plus d’en inscrire un dans un lycée ou une école d'arts et métiers, en échange d'une aide financière. Trois familles se trouvent dans ce cas à Langatte et le jeune Rohrbacher trouve regrettable qu’aucun enfant de ces trois familles ne demande à bénéficier de ces avantages financiers pour ses études.

Études et ordination[modifier | modifier le code]

Rohrbacher étudie dans un premier temps à Sarrebourg puis à Phalsbourg et achève ses études classiques à l'âge de dix-sept ans. Il enseigne pendant trois années à Phalsbourg avant de rejoindre, en 1810, le séminaire de Nancy. Ordonné prêtre en 1812, il est d'abord nommé auxiliaire à Insming puis est finalement transféré après six mois à Lunéville[2]. Une mission prêchée en 1821 à Flavigny-sur-Moselle conduit à la création d'un groupe diocésain.

Prêtre, enseignant et écrivain[modifier | modifier le code]

En 1827, Rohrbacher se rend en Bretagne pour rejoindre la communauté de la Chénaie, rattachée à la Congrégation de Saint-Pierre et dont le supérieur général est Félicité de La Mennais[3]. De 1827 à 1835, il dirige les études philosophiques et théologiques des jeunes ecclésiastiques au noviciat situé à Malestroit[4]. Lors des études il enseigne le principe selon lequel la religion parle d'une histoire qui remonte à l'origine du monde :

« Je posais en principe, avec le commun des théologiens, que l'Eglise catholique dans son état actuel remonte jusqu'à Jésus Christ, et que de Jésus Christ, dans un état différent, elle remonte, par les prophètes et les patriarches, jusqu'au premier homme qui fut de Dieu.[5] »

Quand Lamennais refuse de se soumettre à la condamnation prononcée contre lui par Rome, Rohrbacher se sépare de lui et devient professeur d'histoire de l'Église au séminaire de Nancy.

Le doctorat en théologie sacrée qui lui est conféré par l'Université catholique de Louvain en 1841 est honoris causa, bien que Rohrbacher l'utilise parfois après son nom sans noter qu'il était honorifique. Le certificat de doctorat est conservé dans le dossier "Rohrbacher", chemise I, dans les archives de la congrégation du Saint-Esprit de Paris. Le certificat, daté du est accompagné d'une note manuscrite de Petrus-Franciscus de Ram, recteur de l'université, datée du , sur laquelle il précise que cette attribution est un hommage au travail rendu : « Vous avez rendu par vos travaux tant de services à la religion, vous avez toujours montré tant d'attachement pour l'université catholique de Louvain, que nous avons cru devoir vous donner quelque marque de notre reconnaissance et quelque souvenir du séjour que vous avez fait à Louvain. Le diplôme ci-joint de docteur en Théologie servira donc à acquitter envers vous la faible partie d'une dette de reconnaissance et d'estime » [6].

En 1850, il est également chanoine honoraire de la cathédrale, directeur du grand séminaire et membre de la société nationale de Nancy[7].

Mort[modifier | modifier le code]

Enfin, il se retire à Paris où il passe les dernières années de sa vie. Il meurt au no 30 de la rue Lhomond, le , à h 30 du matin. Ses funérailles, présidées par Mgr Menjaud, évêque de Nancy et aumônier de Napoléon III, sont célébrées dans la chapelle du séminaire de la congrégation du Saint-Esprit, située au no 30 de la rue Lhomond.

L'un de ses descendants, Flavius Damien, célèbre bourgmestre et grand contrôleur du Trésor de Sarreguemines, devient seigneur du Béarn puis co-prince d'Andorre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Catéchisme du sens commun et de la philosophie catholique, (lire en ligne)
  • Histoire universelle de l'Église catholique (14 volumes) (BNF 38839457, lire en ligne). Il s'agit de son ouvrage principal, commencé en 1826[5]. Plusieurs éditions ont été publiées et des suites ont été ajoutées par Chantrel et Guillaume. Écrit d'un point de vue apologétique, ce travail a contribué à l'extirpation du gallicanisme de l'Église en France. Bien que parfois non critique et exempt de grâce littéraire, cet ouvrage reste d'une grande utilité pour ceux qui étudient l'histoire ecclésiastique. Il a été traduit en allemand, partiellement remanié par Franz Hülskamp, Hermann Rump et de nombreux autres auteurs.
  • Vies des saints pour tous les jours de l'année à l'usage du clergé et du peuple fidèle, Paris, Gaume, 1853, six volumes. (6 volumes : I. Janvier-février ; II. Mars-avril ; III. Mai-juin ; IV. Juillet-août ; V. Septembre-octobre ; VI. Novembre-décembre), Paris, Gaume frères, 1853-1854 (BNF 31236866)
  • Pour les autres travaux de Rohrbacher, voir Hurter, Nomenclator Lit., III [ Innsbruck, 1895 ], 1069-71.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph-Antoine Boullan 1856, p. 2.
  2. Joseph-Antoine Boullan 1856, p. 3.
  3. Joseph-Antoine Boullan 1856, p. 5.
  4. André Dargis, La Congrégation de Saint-Pierre (thèse de doctorat en théologie), Louvain, Université catholique de Louvain, , 651 p.
  5. a et b Joseph-Antoine Boullan 1856, p. 6.
  6. Richard F. Costigan 1980, p. 17.
  7. René Rohrbacher, « Motifs qui ont ramené à l'église catholique un grand nombre de protestants » [PDF], sur jesusmarie.free.fr (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'École menaisienne. Gerbet, Salinis et Rohrbacher, Paris, E. Plon, Nourrit et Cie, , 3e éd. (BNF 31208349, lire en ligne), « Rohrbacher », p. 273 à 365
  • Joseph-Antoine Boullan, Notice sur l'abbé René-François Rohrbacher, Paris, impr. de S. Raçon, (BNF 30142638, lire en ligne)
  • (en) Richard F. Costigan, Rohrbacher and the ecclesiology of ultramontanism, Roma, Università Gregoriana, coll. « Miscellanea historiae pontificiae » (no 47), (BNF 35631445, lire en ligne)
  • René François Rohrbacher, Histoire universelle de l'Église catholique, t. 26, Gaume frères, (lire en ligne).
  • (en) « Rohrbacher René François », New Catholic Encyclopedia,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]