Relations entre Israël et le Liban

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Relations entre Israël et le Liban
Drapeau d’Israël
Drapeau du Liban
Israël et Liban
Israël Liban

Les relations entre Israël et le Liban sont des relations internationales s'exerçant entre l'État d'Israël et la République libanaise.

Histoire des relations israélo-libanaises[modifier | modifier le code]

Historiquement, les deux pays font partie de la région du Canaan.

Contentieux territorial[modifier | modifier le code]

La région des fermes de Chebaa, qui faisaient partie du Grand Liban, étaient occupées par la Syrie à partir des années 1950. Israël les occupe depuis la guerre des Six Jours, et considère même les avoir annexées (en tant que partie du plateau du Golan).

Guerres[modifier | modifier le code]

Le Liban ne participe pas en tant que pays à la guerre israélo-arabe de 1948-1949, toutefois un nombre important de volontaires libanais s'engage contre Israël. L'état de guerre se termine par l'accord israélo-libanaise, convenu le [1]. Le Liban ne participe ni à la guerre des Six Jours en 1967 ni à la guerre du Kippour en 1973 et la frontière entre Israël et le Liban est relativement calme et stable.

Le Liban a subi 140 attaques israéliennes entre 1949 et 1964, et plus de 3 000 mort entre 1968 et 1974. Le début de la guerre civile en 1975 accroit l'ingérence israélienne, principalement à travers le soutien militaire à l'extrême droite chrétienne[2].

De 1979 à 1983, les services secrets israéliens mènent une campagne à large échelle d’attentats à la voiture piégée qui tua des centaines de Palestiniens et de Libanais, civils pour la plupart. Le général israelien David Agmon indique qu'il s'agissait de « créer le chaos parmi les Palestiniens et les Syriens au Liban, sans laisser d’empreinte israélienne, pour leur donner l’impression qu’ils étaient constamment sous attaque et leur instiller un sentiment d’insécurité. » Le chroniqueur militaire israélien Ronen Bergman précise que l'objectif principal était de « pousser l’Organisation de libération de la Palestine à recourir au terrorisme pour fournir à Israël la justification d’une invasion du Liban[3]. »

Le , des roquettes palestiniennes tuèrent trois civils israéliens. Le lendemain, l'aviation israélienne bombarde massivement des bureaux de l’OLP à Beyrouth, tuant entre 200 et 300 personnes, principalement des civils libanais, et en blessant plus de 800[3].

Israël envahit une partie du Liban du Sud en 1978 (Opération Litani — qui provoque 1 186 morts civils et 285 000 réfugiés) puis l'intégralité en 1982 (opération Paix en Galilée — près de 20 000 morts parmi la population civile et 500 000 déplacés)[2]. L'occupation entraîne une riposte de la Syrie, de l'Iran et du Hezbollah. Le Sud-Liban est occupé par Israël jusqu'en .

Le , les gouvernements parviennent un nouvel accord, selon lequel la guerre serait fini, et les gouvernements négocieraient tout différend, avec un comité incluant les États-Unis. En outre, le Liban empêcherait des opérations intérieures des forces hostiles à Israël[1].

Les tensions entre les deux pays atteignent leurs apogées lors du conflit israélo-libanais de 2006 déclenché par Israël en raison des attaques de roquettes du Hezbollah contre les villes israéliennes et la capture de soldats de Tsahal par le groupe islamiste chiite. Celui-ci s'achève par un cessez-le-feu et par l'adoption par le conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 1701.

En , les autorités libanaises annoncent l'arrestation de près de 100 espions présumés du Mossad au Liban[4].

Des tensions éclatent par ailleurs en 2010 après la découverte par Israël de ressources de gaz naturel en mer Méditerranée situées dans sa zone économique territoriale exclusive tandis que le Liban affirme que ces ressources font partie de son intégrité territoriale[5],[6].

Incidents de frontière[modifier | modifier le code]

Le , un incident de frontière oppose les armées libanaise et israélienne sur la ligne bleue, le plus grave depuis le conflit de 2006[7].

Le , la Force aérienne et spatiale israélienne abat un drone du Hezbollah au large de Haïfa[8]. Le , Israël lance des frappes aériennes contre des positions du FPLP-CG au Liban en réponse à des attaques de roquette contre son territoire[9].

Israël mène tout au long de l'année 2013 des attaques contre des positions du Hezbollah. L'un des cadres du parti, Hassan al-Laqqis, est assassiné en décembre à Beyrouth. Le , un soldat israélien est tué par un soldat libanais, qui agissait apparemment sans ordre, près de la frontière. Le gouvernement israélien annonce : « Pour cette fois nous n'allons pas chercher l'escalade. Mais il ne faudrait pas que cela se reproduise trop souvent »[10].

Le , deux soldats israéliens sont tués dans la région des fermes de Chebaa dans l'extrême nord du Golan, lors d'une série d'attaques lancées depuis le Liban et revendiquées par le Hezbollah[11]. Pour Benedetta Berti, chercheuse à l'Institut israélien d'études sur la sécurité nationale, il s'agit de l'incident le plus grave entre Israël et le Liban depuis la fin de la seconde guerre du Liban en 2006[11]. Le porte-parole de l'armée israélienne déclare peu après l'attaque : « nous tenons le Hezbollah et les autorités libanaises pour responsables de ces événements très graves »[11]. Un casque bleu espagnol est tué dans les tirs de riposte israéliens, ce dont Israël s'excuse auprès de l'Espagne[12].

Le , le président libanais Michel Aoun met en garde Israël contre sa volonté de construire un mur à la frontière.[13]

Le premier ministre libanais Saad Hariri décide en de déposer une plainte contre Israël aux Nations unies après qu'une violation de l'espace aérien libanais par l’aviation israélienne eu failli provoquer une « catastrophe [...] deux avions civils remplis de passagers ayant failli être touchés »[14].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Maurice Flory, « L'accord libano-israélien du 17 mai 1983 », Annuaire Français de Droit International 29, 1983 (le 29 février 1984).
  2. a et b Walid Charara et Marina Da Silva, « Résistance obstinée au Liban sud », sur Le Monde diplomatique,
  3. a et b Rémi Brulin, « Quand Israël créait un groupe terroriste pour semer le chaos au Liban », Orient XXI,‎ (lire en ligne, consulté le 21 juin 2018)
  4. (en) Lebanon busts 2nd Mossad telecom spy Press TV, 28 juillet 2010
  5. (en) Potential Lebanese- Israeli Conflict over Natural Gas Revisited, Ya Libnan, 7 juillet 2010
  6. (en) Landau: Israel willing to use force to protect gas finds Ynetnews, 24 juin 2010
  7. (en) Israel and Lebanon on alert after clash, The Sidney Morning Herald, 5 août 2010
  8. (fr) Israël abat un drone venu du Liban, accuse le Hezbollah qui dément, Le Parisien, 25 avril 2013
  9. (en) Israel launches air strikes in Lebanon in response to rocket attack, CBSNews, 23 août 2013
  10. Un soldat israélien tué près de la frontière avec le Liban
  11. a b et c « Deux soldats israéliens tués dans une attaque du Hezbollah », sur Le Figaro,
  12. Two soldiers killed, 7 wounded in Hezbollah attack near Lebanon border
  13. « Le Liban veut empêcher la construction du mur frontalier d'Israël », sur FIGARO, (consulté le 8 février 2018)
  14. « Le Liban échappe de justesse à une « catastrophe » aérienne », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 28 décembre 2018)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]