Moïse Montefiore

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Moïse Montefiore
Moses Montefiore.jpg

Portrait de Moses Montefiore.

Titre de noblesse
Baronnet
Biographie
Naissance
Décès
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Sir Moses Haïm Montefiore (Livourne, 24 octobre 1784Ramsgate, 28 juillet 1885), 1er baronnet, fut l'un des plus célèbres juifs anglais du XIXe siècle, à l'instar de Benjamin Disraeli. Philanthrope, Montefiore fut un grand financier qui devint shérif de Londres et fut fait baronnet Montefiore de l'île de Thanet (Kent), en 1846.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Moses Haïm Montefiore est né en Italie à Livourne en 1784, dans une famille juive séfarade. Il épouse à Londres en 1812 Judith Barent Cohen (1784-1862), sœur d’Henriette-Hannah Barent Cohen, l’épouse de Nathan Mayer Rothschild (1777-1836), le fondateur de la branche anglaise des Rothschild.

Moses Montefiore est l'oncle de Louise Montefiore (1821-1910), qui épousa sir Anthony de Rothschild (1810-1876).

Les Montefiore ont fait souche en Angleterre. Claude Montefiore (1858-1938), fondateur du « judaïsme libéral britannique » et président de l'« Association anglo-juive » de 1895 à 1921, est un membre de cette famille.

Industriel[modifier | modifier le code]

En 1824, Moses Montefiore, fonde avec certains de ses collègues basés à Londres, l'Imperial Continental Gas Association (ICGA) pour établir les services de gaz d'éclairage dans les pays européens. L'ICGA sera à l'origine de plus d'un groupe énergétique moderne[1].

Philanthrope[modifier | modifier le code]

Bâtiment de Mishkenot Sha'ananim, élevé à l'initiative de Moïse Montefiore, à l'origine du quartier de Yemin Moshe

Moses Montefiore se rendit pour la première fois à Jérusalem en 1827. Trois ans plus tôt, retiré de ses affaires prospères au Royaume-Uni, il avait pris la décision de consacrer ses immenses ressources à aider ses coreligionnaires démunis, de « Terre sainte » et d'ailleurs. Dès lors, pendant ses cinquante prochaines années, jusqu'à sa mort, il se fit le défenseur de la cause des Juifs partout dans le monde, et d'abord contre la discrimination dans son propre pays.

Il mena campagne en faveur des Juifs de Damas, accusés de meurtre rituel. Il fit partie de la délégation qui se rendit en Egypte en 1840 afin de plaider la cause des Juifs dans cette affaire. Il se rendit ensuite à Istanbul où il obtint du sultan ottoman, Abdul Majid, qu'il proclame un décret de protection des Juifs de l'Empire ottoman contre les accusations de crimes rituels [2].

Il se rendit à Rome en 1858 où il essaya, sans succès, d’obtenir qu’un enfant juif, Edgardo Mortara, enlevé à ses parents, après avoir été baptisé en secret, leur soit rendu.

Montefiore rencontra deux tsars de Russie dans le but d'alléger la condition des Juifs russes. Il s'entretint avec le sultan du Maroc[3] sur celle des Juifs du Maghreb, et même avec le Shah de Perse, mettant sa philanthropie au service de tous ses coreligionnaires.


En novembre 1855, sous l'impulsion de Moïse Montefiore, sont construites les premières maisons hors de l'enceinte de la vieille ville de Jérusalem, formant ce qui s'appellera le quartier de Yemin Moshe (en), toujours dominé par le célèbre moulin Montefiore érigé en 1857. Elles sont destinées aux Juifs qui habitaient dans la Vieille Ville, dans un quartier surpeuplé aux conditions d'hygiène déplorables.

Portrait de Moses Montefiore, 1818.

Il fut fait chevalier le 13 novembre 1837[4] et baronnet le 27 juin 1846[5].

Il est mort en 1885 en Angleterre, à Ramsgate (Kent), plus que centenaire.

Notoriété[modifier | modifier le code]

Montefiore est mentionné dans le Journal de Charles Dickens, dans les Carnets de George Eliot et dans le roman de James Joyce, Ulysses.

Il existe une chanson célèbre en hébreu sur Sir Montefiore, Ha'Sar Moshe Montifiori, où l'on raconte comment il montait dans son carrosse pour aller distribuer son argent aux pauvres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Abigail Green Moses Montefiore: Jewish liberator, imperial hero. Harvard University Press, 2010 . sur Google book
  2. Encyclopaedia Judaica, Abraham J. Brawer, Damascus Affair [(en) lire en ligne]
  3. David Bensoussan, Il était une fois le Maroc - émoignages du passé judéo-marocain, www.iuniverse.com , (ISBN 978-1-4759-2608-8), 620p. ebook (ISBN 978-1-4759-2609-5)
  4. (en) London Gazette : n° 19558, p. 2921, 14-11-1837
  5. (en) London Gazette : n° 20618, p. 2391, 30-06-1846

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Martha Roth, Law Collections from Mesopotamia and Asia Minor, Atlanta, Scholars Press, coll. « SBL Writings from the Ancient World »,

Liens externes[modifier | modifier le code]