Relais de poste à chevaux de Launois-sur-Vence

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Relais de poste à chevaux de Launois-sur-Vence
Relais poste chevaux Launois-sur-Vence Ardennes France 01.JPG
Présentation
Type
Relais routier (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Statut patrimonial
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Le relais de poste à chevaux de Launois-sur-Vence est un relais de poste du XVIIe siècle, à Launois-sur-Vence en Ardennes où les diligences s'arrêtaient, les voyageurs se restauraient, et les chevaux étaient changés pour continuer avec un attelage plus frais.

Ces relais de communication terrestre adaptés à la circulation rapide de chevaux ont constitué à l'époque de leur création une révolution des transports[1]. Le bâtiment et son agencement permettent d'imaginer cette activité si spécifique et d'admirer les constructions des compagnons charpentiers des Ardennes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le relais est construit en 1654. Il est placé à l'intersection de deux axes, l'axe Sedan-Paris via les villes de Mézières et de Charleville, et l'axe Stenay-Aubenton, reliant, au-delà de ces deux villes, le Nord de la France et l'Est de la France. L'axe stratégiquement et historiquement le plus important est le premier, menant de la capitale à un territoire aux frontières du royaume.

Ce relais de poste aux chevaux devient aussi une demeure des Messageries Royales, ouverte jour et nuit au trafic des voyageurs et des marchandises. En 1762, il voit passer une fois par semaine un carrosse Paris-Sedan. Au début du XIXe siècle, c'est une diligence par jour. Il accueille aussi des charrettes "d'utilité publique" et de petits attelages[2]. Au relais suivant, l'équipage est changé, et les chevaux reviennent au relais initial menés par un postillon. Les conditions de travail des postillons sont rudes, bravant les intempéries, et les personnages sont souvent truculents. Tout charretier ou voiturier croisé doit leur céder la moitié du chemin[2].

L'activité de ce relais est favorisée par la fondation, peu de temps auparavant, de la ville de Charleville (aujourd'hui Charleville-Mézières) par Charles de Gonzague puis la création d'une des manufactures d'armes royales les plus importantes du royaume de France[3]. Certains attelages passant par ce relais apportent également le saumon pêché par les moines dans la Semoy aux tables royales du Château de Versailles : la plaque du brassard de postillon de Launois, déposée au Musée de La Poste de Paris, porte une devise avec le mot "saumon".

La charge du relais est assurée la famille Potier, une dynastie de maîtres de Postes. À la fin du XVIIIe siècle, les Potier, pour assurer leur activité, possèdent une écurie de douze chevaux[2]. Ce maître de poste n'est pas chargé de la collecte et de la distribution des courriers, qui sont assurées par les maîtres des courriers, embryons de la future poste aux lettres. Les Potier sont aussi cultivateurs, complétant ainsi leurs revenus, ce qui est assez courant au sein des maîtres de postes[4]. Ils disposaient ainsi d'importantes fumures et du fourrage nécessaire à l'entretien d'une cavalerie croissante. Lors de la Révolution de 1789, bien que perdant les privilèges attachés à leurs fonctions, les Potier n'abandonnent pas le relais et utilisent les revenus dont ils disposent pour acquérir des biens nationaux, renforçant leur situation.

Fermé à la suite du déclin des transports par diligence et du développement du chemin de fer au XIXe siècle, un temps utilisé comme exploitation agricole, le relais a été restauré à la fin du XXe siècle par une association d'animation culturelle puis de sauvegarde du patrimoine, désormais propriétaire des lieux[5].

Il accueille aujourd'hui 60 000 visiteurs par an.

Le relais est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 3 mai 1994[6].

Description[modifier | modifier le code]

L'ensemble architectural est en forme de quadrilatère ouvert, comprenant la demeure du Maître de Poste, surmontée de chambres pour les voyageurs et flanquée de deux portes charretières, une cour intérieure bordée d'un corps de logis, d'une vaste halle aux diligences, d'une suite d'écuries, et d'une bergerie[7].

À l'entrée septentrionale, la porte charretière est surmontée d'une loge de guetteur, avec colombages. L'espace est prévu pour permettre au guetteur de surveiller l'extérieur et l'intérieur du relais[7]. La halle aux diligences est l'œuvre des compagnons charpentiers ardennais de l'époque. C'est une véritable cathédrale de bois, utilisant le bois d’aulne, qui absorbe l’eau et la rejette, sans pourrir. L'aménagement intérieur entre cette halle et les écuries était pensé en fonction du circuit des chevaux fatigués, et des chevaux frais. À leur arrivée, les bêtes allaient boire, puis elles étaient pansées et nourries. Un cheval disposait ensuite de 48 heures pour reprendre des forces. Cette halle a fait fonction de grange, et a été aménagée en conséquence, lorsque le relais est devenu une exploitation agricole. Des caves voutées sont situées en dessous. Les écuries sont surmontées de greniers à grain et à foin[2].

Les dépendances du relais accueillent aujourd'hui un verger de variétés traditionnelles d'arbres fruitiers (poiriers, pommiers, pruniers, cerisiers et noyers), ainsi qu'une roseraie constituée par un chercheur de l'INRA qui a réuni en ce lieu une collection de rosiers anciens trouvés dans les cimetières ardennais[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lire par exemple, même si c'est sur une autre région, la communication de Stéphane Capot, Routes de communication et présence du cheval, la poste aux chevaux en Limousin, dans Cheval limousin, chevaux en Limousin, ouvrage collectif rédigé sous la direction de Nicole de Blomac et Bernadette Barrière, Editions Pulim, pages 223-224
  2. a b c et d Catherine Poncelet, Launois : du carrefour routier du XVIIIe siècle au Centre Rural d'Action Culturelle, dans la revue Terres Ardennaises Numéro hors-série de mai 1985 consacré à Launois-sur-Vence, (ISBN 2-905339-02-0)
  3. « Le Relais de la Poste de Launois-sur-Vence », sur launoissurvence.com
  4. Jean-Marc Moriceau, Le sens d'une révolution agricole dans la France du XVIIIe siècle, dans l'ouvrage collectif Traditions et innovations dans la société française du XVIIIe siècle, Presses de l'université Paris-Sorbonne, Paris, 1975, p.29, (ISBN 2-84050-039-6) - Ouvrage en ligne
  5. Journal l'Union -article du 5 novembre 2011 sur l'association propriétaire du relais - Article en ligne sur le site du journal
  6. Notice no PA00132580, base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. a et b « Inventaire pédagogique des ressources patrimoniales des Ardennes. Relais de Pposte Launois sur Vence », sur wheb.ac-reims
  8. « Trois jardins ardennais vous ouvrent leurs portes demain », L'Union,‎ (lire en ligne)
  9. « Roses et légendes dans Terres Ardennaises », L'Union,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]