Jean-Marc Moriceau

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Jean-Marc Moriceau
Portrait de Jean-Marc Moriceau
Jean-Marc Moriceau en mai 2012.
Biographie
Naissance (62 ans)
à Paris, France
Nationalité Français
Thématique
Formation École normale supérieure de Paris
Université Panthéon-Sorbonne
Titres Professeur des universités
Profession Historien et professeur d'université (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université Caen-Normandie ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Travaux
  • Thèse de doctorat Les Fermiers de l'Île-de-France : l'ascension d'un patronat agricole (XVe-XVIIIe siècle) (1992)
  • L’élevage sous l’Ancien régime : les fondements agraires de la France moderne XVIe-XVIIIe siècles (1999)
  • Terres mouvantes : les campagnes françaises du féodalisme à la mondialisation : 1150-1850 : essai historique (2002)
  • Histoire du méchant loup. 3000 attaques sur l'homme en France. XVe-XXe siècle (2007)
  • La Mémoire des Croquants. Chroniques de la France des campagnes. 1435-1652 (2018)
Approche Histoire rurale
Distinctions Prix Guizot ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Jean-Marc Moriceau, né le 20 octobre 1956 à Paris dans le 17e arrondissement, est un historien français, spécialiste de l'histoire rurale.

Biographie[modifier | modifier le code]

De l’enfance au baccalauréat[modifier | modifier le code]

Né à Paris (17e) le 20 octobre 1956, d’une mère secrétaire et d’un père agent commercial, Jean-Marc Moriceau est l’aîné d’une fratrie de trois enfants. Dès l'enfance, il se passionne pour l’histoire avec un net penchant pour la ruralité. Durant sa quatorzième année, il commence à fréquenter les manuscrits et la paléographie en se rendant à vélo aux archives départementales de l’Essonne situées alors à Corbeil-Essonnes, puis aux archives départementales des Yvelines à Versailles. Ces premières recherches débouchent sur une étude de la ville d’Athis-Mons au Moyen Âge qui donnera lieu à une première monographie en 1972. « Mon goût pour l’histoire rurale m’est venu dès mes travaux sur Athis-Mons en 1971-1972, puisque derrière le bitume de la banlieue surimposé au XXe siècle, comme un archéologue, je cherchai à dégager les terres de labour, les parcelles des exploitations et l’organisation seigneuriale de l’Ancien Régime et du Moyen Âge. »[1] Durant son année de première au lycée d’Athis-Mons (1973), sa passion pour l’histoire le pousse à se présenter à l’épreuve d’histoire du Concours Général où il arrive premier. L’été suivant, il obtient un emploi comme guide au château d’Angers. À cette époque, bien plus que l’Ancien Régime, l’histoire médiévale est au cœur de ses préoccupations. Après l’obtention d’un baccalauréat série A 2 en 1974, il entre en classe préparatoire au lycée Louis-le-Grand à Paris. En 1975 il est reçu aux IPES (Instituts Préparatoires à l’enseignement du second Degré) d’histoire et géographie de l’académie de Paris.

Un long parcours jusqu’à la thèse[modifier | modifier le code]

De 1976 à 1982, il est élève de l’ENS (École Normale Supérieure), rue d’Ulm à Paris. Parallèlement, il s’inscrit en Licence d’histoire à l’université de Paris I-Sorbonne (1977). Il suit les enseignements de Marcel Lachiver et Pierre Goubert qui le convertissent à l’histoire moderne et plus particulièrement aux XVIe et XVIIe siècles. Si bien qu’en 1978, sur les conseils de Marcel Lachiver, il rejoint Jean Jacquart (spécialiste de l’Île-de-France, d’histoire rurale et du XVIe siècle) pour accomplir sa Maîtrise d’histoire moderne sur « La Population au sud de la région parisienne de 1560 à 1670 ».

Il se présente à l’agrégation d’histoire en 1980, où il est reçu major. Après un DEA sur « Histoire et civilisation de l’Europe moderne XVIe – XIXe siècle » (1981), il continue son parcours en se lançant dans une thèse d’histoire moderne, toujours sous la direction de Jean Jacquart, à l’Université de Paris I-Sorbonne. Sa thèse, « Les fermiers de l’Île-de-France : ascension d’un groupe social, XVe – XVIIIe siècle », soutenue en décembre 1992[2] et sous la présidence de Robert Fossier, lui a demandé onze années de recherche tout en enseignant comme chargé de cours à l’Université de Paris XII et en classe préparatoire au lycée Stanislas à Paris.

Caen, un nouveau bastion de l’histoire rurale ?[modifier | modifier le code]

En 1993, il postule pour un poste de maître de conférences à l’université de Rennes ainsi qu’à celle de Caen. C’est à l’Université de Caen Basse-Normandie qu’il est recruté. Dès lors, il fait de cette ville et sa région un bastion de l’histoire rurale. Juste avant, il obtient son HDR (habilitation à diriger des recherches) à l’université Paris IV sous la direction de Jean-Pierre Bardet : « Le changement social dans le monde rural. Études sur les campagnes autour de paris (du XVe au milieu du XIXe siècle) ». 1993 marque également l’année de la création de l’Association d'histoire et des sociétés rurales (AHSR). Un an après, en juin 1994, le 1er numéro de la revue « Histoire et sociétés rurales », élaboré avec l’aide de Ghislain Brunel, est disponible. Au mois d’octobre suivant, le premier colloque d’AHSR a lieu à l’université Rennes 2.

Podcasts du "Discours introductif" par Jean-Marc Moriceau, de l'intervention de Jean Jacquart "Trois siècles d’histoire rurale" et celle de Pierre Brunet "Un siècle de contribution à l’histoire rurale française" lors du colloque d’AHSR l'université Rennes 2, le 6 octobre 1994.

En 1994, l’université de Caen Basse-Normandie se dote d’une Maison de la recherche en sciences humaines : « La MRSH est une composante de l'université Caen-Normandie. Elle rassemble les 27 équipes de recherche en sciences des humanités et des sciences juridiques, économiques et sociales, associées ou non au CNRS. Les activités scientifiques menées dans les pôles pluridisciplinaires favorisent des échanges, non seulement entre les équipes de Caen, de l'Université de Caen et du CNRS, appartenant aux domaines des sciences humaines sociales au sens large, mais également entre des équipes de recherche d'autres disciplines, d'autres institutions, à Caen et hors de Caen. »[3] C’est dans ce dessein que Jean-Marc Moriceau crée avec Roger Calmès le « Pôle Rural » qui regroupe des chercheurs venant de différentes disciplines « historiens de toutes périodes, géographes de diverses spécialités, sociologues, linguistes »[4] pour travailler sur des problématiques liées aux sociétés et espaces ruraux. Ces thématiques sont notamment abordées lors des séances mensuelles d’un séminaire qui ont traditionnellement lieu les premiers mardis de chaque mois, d’octobre à mai. L’un des premiers projets du Pôle Rural est la grande enquête sur Camembert qui regroupe des historiens de plusieurs périodes et des géographes. Outre différents articles entre 1995 et 2000, la publication du numéro six d’Enquête Rurale intitulée « Autour de Camembert. De l'an Mil à l'an 2000 » fait connaître les résultats de ce travail pluridisciplinaire.

En 1996, Jean-Marc Moriceau obtient un poste de Professeur à l’université de Caen Basse-Normandie et devient responsable du nouvel axe « Mutations rurales » du Centre de recherches d'histoire quantitative (CRHQ) qui compte notamment Bernard Garnier (Directeur du CRHQ. En 1999, Roger Calmès quittant ses fonctions, Philippe Madeline est nommé codirecteur du Pôle Rural. Aujourd’hui encore (2012), le tandem Moriceau/Madeline dirige le Pôle Rural de la MRSH et anime le séminaire qui en est à sa dix-huitième année. Cette coopération entre un historien et un géographe est également à l’origine de plusieurs ouvrages, comme « Un paysan et son univers, de la guerre au marché commun » (Belin, 2010).

De 2005 à 2009, Jean-Marc Moriceau est nommé à la direction de la MRSH (Maison de la Recherche en Sciences Humaines, UMS-843). En 2010 il devient membre senior de l'Institut Universitaire de France où il dirige un projet de recherche sur le loup : « Un problème d’histoire de l’environnement : la conflictualité entre l¹homme et le loup de la fin du Moyen Âge aux années 1930 ».

Recherches et thématiques[modifier | modifier le code]

La thèse, matrice d’une démarche[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Lorsqu’il entame sa thèse, Jean-Marc Moriceau s’attache à un sujet qui peut sembler classique. Les grandes thèses d’histoire régionale des années 1960, et des publications comme l’Histoire de la France rurale[5] (en 1975) ou l’Histoire des paysans français du XVIIIe siècle à nos jours[6] (en 1976) semblent avoir épuisé le problème. Ainsi, dans l’Histoire de la France rurale, les chapitres consacrés à la France moderne sont signés par Jean Jacquart (pour la période 1560-1660) et Emmanuel Le Roy Ladurie (pour la période 1660-1789).

Son directeur de recherche, Jean Jacquart est professeur à l’Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). Sa thèse de doctorat, Société et vie rurale dans le sud de la région parisienne du milieu du XVIe siècle au milieu du XVIIe siècle, sous la direction de Roland Mousnier, a été soutenue en 1971. Depuis 1974, elle est publiée sous le titre de La Crise rurale en Île-de-France (1550-1670)[7]. En s’appuyant sur le champ d’étude du Hurepoix, Jean Jacquart avait montré les évolutions importantes de cette région française, marquées par le déclin des petits laboureurs, frappés par la paupérisation, au profit d’une bourgeoisie urbaine ou des laboureurs les plus aisés.

Méthode[modifier | modifier le code]

Cette thèse est donc au départ un sujet d’histoire sociale, s’appuyant sur les méthodes éprouvées de la démographie historique. Il s’agit d’un « essai d’une histoire sociale différentielle dans les campagnes »[8] . Cette histoire sociale s’appuie sur la reconstitution de familles identifiées par les rôles de taille de la généralité de Paris, grâce à la méthode Henry[9].

Mais il s’agit aussi d’un travail d’histoire rurale, revendiqué comme tel, selon une problématique renouvelée et quelque peu polémique. Jean-Marc Moriceau remet ainsi en cause certaines idées comme celles des campagnes immobiles, imperméables aux innovations et au progrès ; de la pauvreté structurelle par l’absence d’ascension sociale ; et au cœur du problème, d'un personnage mal-aimé, le grand fermier. L’espace que Jean-Marc Moriceau se propose d’étudier déborde les limites de l’ancienne élection de Paris : le Hurepoix, au Sud ; le pays de France, au Nord ; la Brie française, à l’Est ; le Valois et le Multien au Nord-Est. Le cœur de l’étude s’étend ainsi entre la France et le Multien, entre Saint-Denis et Meaux.

Ce travail s’ancrait dans le dépouillement de sources clairement identifiées : les papiers des justices seigneuriales, au plus proche des conflits quotidiens qui agitent le monde rural ; les papiers notariés, qui décrivent par le menu le détail du patrimoine des fermiers, ou le partage de leurs biens ; les archives domaniales, en particulier les baux ruraux, qui offrent tant de détails sur la culture des biens, la stabilité des familles de fermiers, ou l’évolution de la rente foncière.

Résultat[modifier | modifier le code]

La thèse de Jean-Marc Moriceau présente les caractéristiques de ses recherches ultérieures : le souci accordé aux situations concrètes, la démarche quantitative, l’ampleur de la synthèse comparative, l’ancrage sur la longue durée, le dialogue avec la géographie. Cette thèse, soutenue le 19 décembre 1992, a été rapidement publiée aux éditions Fayard en 1994 (et rééditée en 1998). Elle forme un épais volume de 783 pages de texte, 155 pages d’annexes dont de nombreuses pièces justificatives, l’exposé des sources dépouillées, ouvertes aux papiers familiaux et aux entretiens avec les paysans les plus anciens. On notera également cinq jeux d’index. Dans Histoire et Mesure, Micheline Baulant conclut qu’il s’agit « d’un bon livre, solidement documenté, bien écrit, agréable à lire et facile à consulter ». Dans les Annales, George Grantham remarque que « grâce à sa profondeur temporelle et à sa richesse documentaire, Les Fermiers d'Île-de-France s’affirment comme une contribution majeure à l’histoire rurale de la France. »

Son apport à l'histoire rurale[modifier | modifier le code]

L'association et la revue Histoire et sociétés rurales[modifier | modifier le code]

En janvier 1993, Jean-Marc Moriceau publie un manifeste pour un renouveau de l’histoire rurale. Ce texte programmatique est à l’origine de la refondation de l’histoire rurale française. Faisant le constat d’une « désaffection » de la recherche pour les études rurales, Jean-Marc Moriceau remarque les fragilités de ce champ d’étude par rapport aux pays étrangers. Ces fragilités sont dues, selon lui, au poids du découpage périodique et à une démarche comparative insuffisante. Il propose donc un travail d’équipe, interdisciplinaire et affranchi des grandes périodes traditionnelles. Afin d’organiser ce renouveau, il annonce la création d’une association, l’organisation d’un colloque et le lancement d’une nouvelle revue.

Les manuels universitaires[modifier | modifier le code]

À côté de son activité scientifique, Jean-Marc Moriceau participe à la publication de manuels universitaires. Ainsi, il est l’auteur du chapitre "Agriculture et vie rurale dans la France du XVIIIe siècle" dans le volume Le XVIIIe siècle - 1715 – 1815[10] de la collection Grand Amphi aux éditions Bréal en 1994. Le propos théorique est illustré de documents commentés ou analysés, et d’une dissertation présentée selon un plan détaillé.

Il publie un manuel dans la collection « Regards sur l’Histoire » dans le cadre de la question de CAPES et d’agrégation en 1999 : L’élevage sous l’Ancien Régime (XVIe-XVIIIe siècle)[11]. Ce manuel devait s’inscrire dans une politique éditoriale plus large, intitulée « Les fondements agraires de la France moderne, XVIe-XVIIIe siècle ». L’ouvrage respecte les formes imposées par la collection, en particulier un format dense (256 pages seulement), une iconographie riche et variée. Il brasse tous les élevages, des plus attendus (bovins, ovins, caprins) aux plus surprenants (« mouches à miel ») et aborde les grandes thématiques : le problème des fourrages, la question de la vaine pâture, les prairies artificielles, la transhumance. On trouve un jeu d’index très développé.

En 2005, toujours chez Sedes, collection CAPES-Agrégation, il dirige la réalisation d’un nouveau manuel : Les campagnes dans les évolutions sociales et politiques en Europe des années 1830 à la fin des années 1920 : Étude comparée de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne et de l'Italie[12], avec René Bourrigaud, Corinne Marache, François Ploux et Jean Vigreux.

La révolution agricole[modifier | modifier le code]

La publication de la thèse de Jean-Marc Moriceau vient conforter ses prises de positions. Ainsi, en 1992, il a déjà publié une monographie consacrée à une famille de grands fermiers, les Chartier. Cet ouvrage, cosigné avec Gilles Postel-Vinay, aborde de front le débat passionné autour de la « Révolution Agricole » qui avait opposé Michel Morineau et Emmanuel Le Roy Ladurie. Ferme, entreprise, famille. Grande exploitation et changements agricoles, XVIIe-XIXe siècle[13], entend dépasser le débat par un « changement d’échelle » exposé en introduction de l’ouvrage : « au lieu de postuler des agricultures à la fois homogènes dans l’espace et stables à long terme, nous mettrons au contraire au premier plan leurs multiples diversités et leur aptitude à évoluer au cours du temps. Passant à l’unité d’observation la plus élémentaire, nous prendrons pour objet l’histoire particulière d’une exploitation en la replaçant dans son contexte pour saisir entre le XVIIe et le XIXe siècle les marges de manœuvre dont elle a disposé et les choix qui lui étaient offerts, que ceux-ci aient figé les évolutions ou qu’ils aient été source de changement ». L’ouvrage illustre au mieux la méthode de ses auteurs : le pragmatisme, qui s’appuie sur l’édition de sources en annexes et qui permet d’établir des faits ; l’ancrage dans un cadre problématique plus large ; l’étude sur une durée affranchie des découpages périodiques habituels ; la mobilisation de sources variées, y compris et surtout d’archives familiales précieuses ; la recherche des évolutions, contre une histoire immobile.

En parallèle, Jean-Marc Moriceau publie un article de synthèse dans les Annales, par lequel il entreprend de reposer la question de la « révolution agricole » plus large : Au rendez-vous de la « Révolution agricole » dans la France du XVIIIe siècle [14]. Cet article entend relancer les études sur l’innovation agricole et répond clairement à trois problèmes :

  • La réalité d’un progrès des cultures, en particulier frumentaires, qui a accompagné la croissance démographique de la France.
  • L’impact des expériences agronomiques sur les pratiques agricoles.
  • L’ampleur des innovations qui marque au mieux une rupture, sinon une lente évolution.

Jean-Marc Moriceau conclut à l’importance du XVIIIe siècle, qui marque une accélération certaine des progrès de la culture, non seulement par une amélioration des rendements, mais aussi par un recul de la jachère, et plaide pour la reconnaissance d’une « transition » à défaut d’une « révolution ».

L'élevage[modifier | modifier le code]

Dès 1977, Pierre Goubert avait soulevé la question de l’élevage, mal étudié en regard des nombreuses études consacrées à la céréaliculture et au commerce du blé[15]. Le manuel publié en 1999 avait constitué une première étape, une première synthèse des acquis d’une recherche personnelle confrontée aux apports de la bibliographie scientifique. Histoire et géographie de l’élevage français[16] reprend et prolonge ce manuel en 2005. Le cadre chronologique est élargi (XVe – XVIIIe siècle) et l’appareil cartographique enrichi. L’ouvrage établit une synthèse nationale, sensible à la diversité des situations particulières, soucieuse d’ancrer dans leur espace les différentes formes d’élevage. Mais à travers l’élevage, Jean-Marc Moriceau interroge toujours les lieux et les rythmes des évolutions de l’agriculture, le rôle des différents acteurs et le poids des contraintes de l’environnement.

L'environnement[modifier | modifier le code]

Alors que les rapports entre les sociétés humaines et leur environnement font l’objet d’approches renouvelées par l’historiographie anglo-saxonne (Environmental history), Jean-Marc Moriceau publie un nouvel ouvrage : Terres Mouvantes. Les campagnes françaises du féodalisme à la mondialisation, XIIe – XIXe siècle[17] qui s’inscrit encore davantage dans la longue durée. Il ne s’agit pas de la synthèse d’un problème, comme l’élevage, mais plutôt du bilan provisoire des acquis des recherches personnelles de Jean-Marc Moriceau. L’ouvrage reprend et révise certains de ses articles. Mais ce n’est pas un simple recueil d’articles : ces jalons sont mis en perspective et replacés dans un cadre plus large. Les chapitres de l’ouvrage s’articulent autour de quatre parties : la première prend position pour une étude du changement, contre la vision d’un monde rural uniquement conservateur et figé dans l’archaïsme ; la seconde aborde les relations entre les hommes et leur milieu ; la troisième souligne l’ampleur des évolutions économiques que les campagnes ont connues et illustre la position adoptée dans la première partie ; enfin, la dernière partie rappelle que l’histoire rurale reste une histoire sociale.

Une histoire humaine du loup[modifier | modifier le code]

L’animal pour une autre approche des sociétés modernes[modifier | modifier le code]

À l'occasion de ses recherches sur les fermiers d'Île-de-France, Jean-Marc Moriceau prépare un travail de reconstitution des familles basé sur l’exploitation des archives du notariat, mais aussi des registres paroissiaux. Lors de ces dépouillements, une première centralisation de données liées à la nuisance du loup contre l'homme est effectuée. Les actes de sépultures - conséquences d'attaques de loups sains ou enragés - ainsi collectés sont analysés dès 1992 dans un article : Rage et loups au XVIIe siècle, publié par la Société historique et archéologique de Corbeil, de l'Essonne et du Hurepoix[18]. Hasard ou non, c’est en cette même année que le retour du loup sur le sol français fut reconnu.

La recherche d'indicateurs nouveaux pour renouveler l’approche des sociétés rurales anciennes semble être une préoccupation majeure pour l’historien. Un premier ouvrage sur l’élevage en France à l’époque moderne constitue un essai particulièrement intéressant à ce point de vue. Guidé par de nombreuses interrogations sur des notions de propriété, de locations, de droits d'usage, l’ouvrage propose une synthèse historique sur l'animal domestique. Menu et gros bétail servent de révélateur des sociétés anciennes, deviennent des objets qui, lorsqu’on les analyse, permettent une lecture complémentaire et affinée de la richesse des campagnes ou des pratiques agro-pastorales, mais aussi et plus largement de la société d’Ancien Régime. C'est vraisemblablement dans ce cadre qu'il faut replacer le travail sur le loup.

À l’origine de l’histoire du loup : une enquête nationale de longue haleine[modifier | modifier le code]

Ainsi, en parallèle de la rédaction d'Histoire et Géographie de l’élevage[19],[20], d'une version revue, corrigée et augmentée du manuel "L’élevage sous l’Ancien régime", le travail de collecte d’archives et de publications sur l’histoire du loup en France entrepris avant 1992 est repris en 2003. C’est une véritable enquête nationale qui est alors engagée par Jean-Marc Moriceau, inspirée de l'enquête des « trois mille familles » (enquête « TRA ») lancée par Jacques Dupaquier en 1980[21],[22]. Plusieurs appels aux généalogistes français sont ainsi relayés par les revues généalogiques et historiques. Attirés par cette perspective, plusieurs étudiants contribuent à cette dynamique dans le cadre de Masters ou de Thèses pour mener des enquêtes de terrain, vérifier les actes, les replacer dans leur contexte, fournir des analyses et des expertises locales[23],[24],[25],[26],[27]. Après plusieurs années de recherche, une première synthèse voit le jour : Histoire du méchant loup [28]. Quelque 3000 cas d'attaques de loups anthropophages ou enragés y sont analysés. En plus de faire le point sur la dangerosité du loup dans les siècles passés, dangerosité étroitement liée à des mécanismes sociaux (familles, communautés, pouvoirs publics) et économiques (pratiques agronomiques et pastorales), une sociologie des populations exposées vulnérables à l’époque moderne est mise en avant. L'intérêt est double. D'une part, cette approche est le pendant des analyses formulées à l'égard du bétail. Pour l’historien, le loup devient ainsi un révélateur des sociétés humaines. D'autre part, la grille analytique permet d'évoquer des situations à risque, à la fois fonctions de comportements humains et lupins.

Un méchant loup polémique[modifier | modifier le code]

Le travail de collecte puis la publication de l'ouvrage ont été accompagnés de vives critiques sur des sites internet de protection des grands carnivores. Le problème de la réception du travail de l'historien est révélateur des enjeux politiques et sociaux de conservation des espèces sauvages. Certains défenseurs du loup contestent la neutralité mais aussi l'interprétation historique des phénomènes décrits dans les archives[29]. En guise de réponse aux attaques qui avaient été formulées à l'encontre de son travail, Jean-Marc Moriceau profite de la sortie de l'Histoire du méchant loup pour publier en Annexes l'ensemble des données rassemblées ayant servi son analyse. Il prend également part aux débats ayant lieu sur les blogs où il défend le métier d’historien, précise l’importance de la critique des archives et de leur mise en contexte. Il rappelle que l’enjeu de tout travail historique est avant tout la lutte contre les anachronismes. Plusieurs recensions du livre favorables à la thèse de J. M Moriceau ont été publiées[30].

La conflictualité entre l’homme et le loup de la fin du Moyen Âge aux années 1930[modifier | modifier le code]

Peu à peu, les critiques disparaissent. La recherche continuant, Jean-Marc Moriceau focalise son attention sur le Gévaudan, célèbre pour sa bête. Sujet de nombreux débats et de nombreuses interprétations, il reprend le dossier intégralement, synthétisant des centaines et des centaines de documents. Par le biais des analyses quantitatives mises en place dans la précédente synthèse, il propose une histoire singulière, écrite selon un plan chronologique. Ce nouvel opus est publié en 2008 dans la collection l'histoire comme un roman promue par Larousse.

En parallèle des attaques de loups, Jean-Marc Moriceau a également regroupé de nombreux documents et publications afin de proposer une histoire de la chasse du loup. Ce nouvel essai est publié en 2011 et peut-être interprété comme le tome 2 de l'Histoire du méchant loup, où du loup chassant l'homme, l'histoire se referme sur l'homme chassant le loup et entraîne sa disparition[31].

À côté de ces ouvrages, de nombreux articles scientifiques sur ce sujet sont publiés dans des revues et ouvrages collectifs français et étrangers. L’importance de ces diverses contributions permet à Jean-Marc Moriceau de diriger une recherche spécifique sur le canidé comme membre sénior à l’Institut Universitaire de France en 2010 : « Un problème d’histoire de l’environnement : la conflictualité entre l’homme et le loup de la fin du Moyen Âge aux années 1930 ». Ainsi, l’historien s’oriente vers une histoire plus Européenne du prédateur.

Un travail collectif et ouvert[modifier | modifier le code]

Son engagement pour une histoire de l’animal a également été marqué par de nombreuses collaborations scientifiques. Au cours des dernières années, l’historien a participé à de nombreux colloques, tenu de nombreuses conférences dans toute la France. La phase la plus importante eut vraisemblablement lieu en 2009. À l’initiative de Jean-Marc Moriceau, de nombreux chercheurs se sont ainsi rassemblés au mois de février pour une journée d’étude sur le loup, à Caen, et dont les actes ont été publiés dans le no 2 de la Collection « Bibliothèque du Pôle Rural » publiée par les Presses Universitaires de Caen [32]. Il participa également au colloque international organisé la même année par le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes à Grenoble et dont les thématiques s’inscrivaient en complémentarité de la journée d’étude caennaise[33].

La petite paysannerie et les écrits ruraux : nouveaux chantiers de l’histoire rurale[modifier | modifier le code]

Les paysanneries du XXe siècle et leur mémoire[modifier | modifier le code]

À la suite d’une enquête pluridisciplinaire menée au Pôle Rural de la Maison de la Recherche en Sciences Humaines de l’université de Caen Normandie sur Camembert et le sud du Pays d’Auge[34], Jean-Marc Moriceau et Philippe Madeline, géographe et co-directeur du Pôle Rural découvrent une série d’agendas tenus par un ancien agriculteur des environs de Vimoutiers – Pierre Lebugle – de la Seconde Guerre Mondiale aux années 2000. Disposant d’une double source – écrite et orale à travers une série d’entretiens – Jean-Marc Moriceau publie avec Philippe Madeline « Un paysan et son univers »[35] en 2010. Consécutivement à cette mise en lumière de l’intérêt des archives paysannes – agendas, comptes, photographies – ils étendent leur prospection à travers « Les Paysans. Récits, témoignages et archives de la France agricole (1870-1970) »[36].De part et d’autre du XXe siècle, et pour éclairer les « vingt paysanneries contrastées »[37] chères à Pierre Goubert, Jean-Marc Moriceau étudie à travers « Secrets de campagnes, figures et familles paysannes du XXe siècle »[38] cinq familles, sur cinq générations, dans cinq régions différentes. Ce dernier ouvrage est l’occasion d’observer des spécialisations agricoles différentes selon les régions mais aussi des catégories sociales très différentes du monde rural.

« Les Petites Gens de la terre » : une histoire à reprendre[modifier | modifier le code]

Jusqu’aux années 2000, l’historiographie a privilégié, à l’exception de l’époque contemporaine[39], l’étude des élites de la terre et de toutes les catégories sociales favorisées sur le plan documentaire[40]. Les catégories les plus humbles du monde rural – journaliers, manouvriers, ouvriers agricoles, domestiques – restaient dans leur grande majorité aperçues mais point étudiées pour soi et en soi. C’est pour y remédier que se tient à Caen en octobre 2014 un colloque intitulé « Les Petites Gens de la terre. Paysans, ouvriers et domestiques du Néolithique à 2014 » pour les vingt ans de l’Association d’Histoire des Sociétés Rurales[41]. Ce colloque sera suivi par la publication d’un ouvrage collectif en 2017, il fait encore l’objet de travaux parmi les étudiants[42].

Une histoire au « ras du sol » des campagnes françaises[modifier | modifier le code]

Cet intérêt nouveau porté aux masses souvent anonymes de l’histoire rurale pousse Jean-Marc Moriceau à réaliser pour les éditions Tallandier des chroniques de la France des campagnes « La Mémoire des Croquants 1435-1652 »[43] en octobre 2018. Ce travail poursuit des directions lancées depuis longtemps déjà – l’History from below d’E.P. Thompson ou la microstoria italienne – en les appliquant aux acteurs des campagnes françaises de l’Ancien Régime. En reprenant diverses sources rédigées par des acteurs eux-mêmes issus du monde rural, il engage à un travail de comparaison transrégionale sur le temps long. Il maintient une exigence d’inscription territoriale et d’incarnation pour les travaux d’histoire rurale. À travers cet ouvrage près de cent-cinquante ans de travaux d’historiens sont mobilisés[44] pour une fresque qui assure le lien entre anciens souvent oubliés[45] et modernes, qui font progresser la recherche historique. Un tour de France est réalisé sans prendre uniquement quelques régions d’observation privilégiées[46].

Thèses soutenues sous sa direction[modifier | modifier le code]

Thèse de doctorat :

HDR :

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Ferme, entreprise, famille : grande exploitation et changements agricoles : les Chartier : XVIIe-XIXe siècles, avec Gilles Postel-Vinay, Paris, Éd. de l’École des hautes études en sciences sociales, 1992, 397 p.
  • Les fermiers de l'Île-de-France. L'ascension d'un patronat agricole (XVe-XVIIIe siècle), Paris, Fayard, 1994 (1069 pages)
  • L’élevage sous l’Ancien Régime : les fondements agraires de la France moderne XVIe-XVIIIe siècles, Paris, Sedes, coll. « Regards sur l’histoire », 1999, 256 p.
  • La Terre et les paysans aux XVIIe et XVIIIe siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1999 (ISBN 2-911369-02-5)
  • Terres mouvantes : les campagnes françaises du féodalisme à la mondialisation : 1150-1850 : essai historique, Paris, Fayard, 2002, 445 p. (ISBN 2213610622)
  • Histoire et géographie de l'élevage français du Moyen Âge à la Révolution, Paris, Fayard, 2005 (ISBN 2-213-62332-5)
  • Histoire du méchant loup : 3000 attaques sur l'homme en France, XVe-XXe siècle, Paris, Fayard, , 623 p. (ISBN 978-2-213-62880-6, présentation en ligne), [présentation en ligne].
    Réédition augmentée : Histoire du méchant loup : la question des attaques sur l'homme en France, XVe-XXe siècle, Paris, Pluriel, coll. « Pluriel », , 634 p. (ISBN 978-2-8185-0505-2).
  • La Bête du Gévaudan : 1764-1767, Paris, Larousse, coll. « L'histoire comme un roman », , 284 p. (ISBN 978-2-03-584173-5).
  • Un Paysan et son univers, avec Philippe Madeline, Paris, Belin, 2010.
  • Chroniques paysannes - Du Moyen Âge au XXe siècle, avec Philippe Madeline et Jean-Paul Bourdon, France Agricole Éditions, 155 p., 2010.
  • L'Homme contre le Loup : une guerre de deux mille ans, Paris, Fayard, , 479 p. (ISBN 978-2-213-63555-2, présentation en ligne)
    Réédition augmentée : L'homme contre le loup : une guerre de deux mille ans, Paris, Pluriel, coll. « Pluriel », , 573 p. (ISBN 978-2-8185-0324-9).
  • Sur les pas du loup. Tour de France et atlas historiques et culturels du loup, du Moyen Âge à nos jours, Paris, Montbel, 2013, 352 p. (ISBN 978-2-35653-067-7).
  • Secrets de campagne, figures et familles paysannes du XXe siècle. Paris, Perrin, coll. « Synthèses économiques », 2014, 210 p.
  • Le loup en questions: fantasme et réalité. Buchet Chastel, 2015, 218 p.
  • Les Grands fermiers. Les laboureurs de l'île-de-France (XVe-XVIIIe siècle), Paris, Fayard, collection "Pluriel", 2017, 512 p., (ISBN 978 2818 505 304)
  • La Mémoire des Croquants. Chroniques de la France des campagnes, 1435-1652, Paris, Tallandier, 2018, 608 p., (ISBN 979-10-210-2765-7)

Direction d'ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Moriceau (dir.), Les campagnes dans les évolutions sociales et politiques en Europe : des années 1830 à la fin des années 1920 : étude comparée de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie, avec René Bourrigaud, Corinne Marache, François Ploux et Jean Vigreux, Paris, Sedes, 2005, 266 p.
  • Jean-Marc Moriceau (dir.) et Philippe Madeline (dir.), Repenser le sauvage grâce au retour du loup : les sciences humaines interpellées, Caen, Pôle rural MRSH-Caen / Presses universitaires de Caen, coll. « Bibliothèque du Pôle rural » (no 2), , 254 p. (ISBN 978-2-9510796-6-3, présentation en ligne).
  • Jean-Marc Moriceau (dir.), Vivre avec le loup ? Trois mille ans de conflit, Paris, Tallandier, , 618 p. (ISBN 979-10-210-0524-2).
  • Jean-Marc Moriceau (dir.) et Philippe Madeline (dir.), Les Petites Gens de la terre. Paysans, ouvriers et domestiques (Moyen Âge-XXIe siècle), Caen, Pôle rural MRSH-Caen / Presses universitaires de Caen, coll. « Bibliothèque du Pôle rural » (no 4), , 352 p. (ISBN 979-10-91823-03-6).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Entretien privé avec Jean-Marc Moriceau en octobre 2011
  2. SUDOC 012934763
  3. http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/presentation
  4. http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/socrurales
  5. Georges DUBY, Armand WALLON, Georges BERTRAND, Hugues NEVEUX, Maurice AGULHON et Michel GERVAIS, Histoire de la France rurale, Paris, Ed. du Seuil, coll. « Points », 1975, vol.4.
  6. Jean-Pierre HOUSSEL, Serge DONTENWILL, Robert ESTIER et Jean-Charles BONNET, Histoire des paysans français : du XVIIIe siècle à nos jours, Roanne, Horvath, coll. « Collection sociétés et civilisations », 1976, vol. 1/, 548 p.
  7. Jean JACQUART, La crise rurale en Île-de-France : 1550-1670, Paris, A. Colin, 1974, vol. 1/, 795 p.
  8. Jean-Marc MORICEAU, Les fermiers de l'Île-de-France. L'ascension d'un patronat agricole (XVe-XVIIIe siècle), Paris, Fayard, 1994 (1069 pages)
  9. Michel FLEURY et Louis HENRY (dirs.), Nouveau manuel de dépouillement et d’exploitation de l’état civil ancien, Paris, Institut national d’études démographiques, 1985, 202 p.
  10. Robert Muchembled (Dir), Le XVIIIe siècle - 1715 – 1815, Paris, Éd. Bréal, Coll. Grand Amphi, 1994, 416 p.
  11. Jean-Marc MORICEAU, L’élevage sous l’Ancien Régime : les fondements agraires de la France moderne XVIe-XVIIIe siècles, Paris, Sedes, coll. « Regards sur l’histoire », 1999, 256 p.
  12. Jean-Marc MORICEAU, René BOURRIGAUD, Corinne MARACHE, François PLOUX et Jean VIGREUX, Les campagnes dans les évolutions sociales et politiques en Europe : des années 1830 à la fin des années 1920 : étude comparée de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne et de l’Italie, Paris, SEDES, 2005, 266 p.
  13. Jean-Marc MORICEAU et Gilles POSTEL-VINAY, Ferme, entreprise, famille : grande exploitation et changements agricoles : les Chartier : XVIIe-XIXe siècles, Paris, Éd. de l’École des hautes études en sciences sociales, 1992, 397 p.
  14. Jean-Marc MORICEAU, « Au rendez-vous de la « Révolution agricole » dans la France du XVIIIe siècle. À propos des régions de grande culture », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 1994, vol. 49, no 1.
  15. Pierre GOUBERT, « Sociétés rurales françaises du XVIIIe siècle : vingt paysanneries contrastées, quelques problèmes », in Conjoncture économique, structures sociales. Hommage à Ernest Labrousse, Mouton., Paris, 1974, p. 375-387.
  16. Jean-Marc MORICEAU, Histoire et géographie de l’élevage français : XVe – XVIIIe siècle, Paris, A. Fayard, 2005, 477 p.
  17. Jean-Marc MORICEAU, Terres mouvantes : les campagnes françaises du féodalisme à la mondialisation : 1150-1850 : essai historique, Paris, Fayard, 2002, 445 p.
  18. Jean-Marc Moriceau, 1992, « Rage et loups au XVIIe siècle. Angoisse et insécurité dans les campagnes au sud de Paris », bulletin de la Société historique et archéologique de Corbeil, de l’Essonne et du Hurepoix, 61, p. 61-78.
  19. Moriceau, 1998
  20. Moriceau, 2005
  21. Jacques Dupâquier et denis Kessler (dir.), 1992, La Société française au XIXe siècle, Paris, Fayard, 529 p.
  22. Moriceau 2010
  23. Julien ALLEAU, Quand les loups attaquaient l’homme… Attaques de loups et mortalité accidentelle de la Bresse au Dauphiné sous l’Ancien Régime, mémoire de Master 1 en histoire moderne, 2005, dir. Jean-Marc MORICEAU, université de Caen Basse-Normandie, 251 p.
  24. Julien ALLEAU, Loups, hommes, bétail du Léman à la Méditerranée (XVIeXVIIIe siècle), mémoire de Master 2 en histoire moderne, 2006, dir. Jean-Marc MORICEAU, université de Caen Basse-Normandie, 295 p.
  25. Julien ALLEAU, Garder ses distances : une histoire des relations homme-loup dans les Alpes Occidentalles (XVIe – XVIIIe siècle), 2011, thèse de doctorat en histoire des mondes modernes et contemporains, Université de Caen Basse-Normandie
  26. Romain GOUPIL, Chasser le loup dans le Bas-Maine (fin XVIIe -fin XIXe siècle), Mémoire de Master 2 en Histoire moderne, 2011, dir. Jean-Marc MORICEAU, université de Caen Basse-Normandie
  27. Martin LEPETIT, Quand les loups étaient méchants. Les relations entre hommes et loups en Normandie du XVIIe au XIXe siècle, 2008, dir. Jean-Marc MORICEAU, Mémoire de Master en histoire moderne, Université de Caen Basse-Normandie, 230 p.
  28. Moriceau, 2007
  29. Antoine DORE, L’histoire dans les méandres des publics. Quand les « méchants loups ressurgissent du passé, Repenser le sauvage grâce au retour du loup : les sciences humaines interpellées, Bibliothèque du Pôle Rural, Moriceau, JM et Madeline Ph. Dir., 2010, Presses Universitaires de Caen, p. 75-89.
  30. Jean-Daniel Piquet, "J.M. Moriceau, "Histoire du méchant loup, 3000 attaques sur l'homme en France", Annales de l'Est, no 2-2007 p. 281-283
  31. Moriceau, 2011
  32. Moriceau et Madeline, 2010
  33. Reto Furter, Anne-Lise Head-König, Luigi Lorenzetti (Hg.), Mensch und Wildtiere. L'homme et l'animal sauvage, collection : Geschichte der Alpen – Histoire des Alpes – Storia delle Alpi, Chronos , 2010, p. 165-181
  34. Roger CALMES, Philippe MADELINE et Jean-Marc MORICEAU, « Autour de Camembert - De l'An Mil à l'an 2000 - Quatre années de recherches interdisciplinaires », Enquêtes Rurales, no 6,‎ , p. 208 p.
  35. « Un paysan et son univers de la Guerre au Marché commun », sur Belin Editeur, (consulté le 31 janvier 2019)
  36. « Les Paysans », sur les arènes (consulté le 31 janvier 2019)
  37. Pierre GOUBERT, « Sociétés rurales françaises du XVIIIe siècle. Vingt paysanneries contrastées, quelques problèmes », Conjoncture économique, structures sociales. Hommage à Ernest Labrousse,‎ , p. 375-387
  38. Jean-Marc Moriceau, Secrets de campagne , Figures et familles paysannes du XXème siècle, Paris : les Editions Perrin, (lire en ligne)
  39. Notamment grâce aux travaux de Jean-Claude FARCY, Laurent HERMENT, Ronald HUBSCHER, Jean-Luc MAYAUD.
  40. Caroline LE MAO et Corinne MARACHE, Les élites de la terre du XVIe siècle aux années 1930, Paris, Armand Colin, , 336 p. p.
  41. « Les « petites gens » de la terre | Maison de la Recherche en Sciences Humaines », sur www.unicaen.fr (consulté le 31 janvier 2019)
  42. « Les Gens (février 2019) », sur www.lhistoire.fr (consulté le 31 janvier 2019)
  43. « La Mémoire des croquants », sur Éditions Tallandier (consulté le 31 janvier 2019)
  44. Le premier d’entre eux : Alphonse FEILLET, La Misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul, 1856.
  45. MORICEAU, 2018, p.26.
  46. Jean-Marc Moriceau, « Une histoire par le bas : rendre la parole aux Croquants », sur Mondes Sociaux (consulté le 31 janvier 2019)

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