Bouzloudja

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Monument de Bouzloudja
Хаджи Димитър
20140622 Buzludzha 016.jpg
Bouzloudja, salle de congrès communiste aujourd'hui abandonnée
Présentation
Type
Salle de congrès
Destination initiale
Style
Architecte
Guéorguy Stoilov
Matériau
Construction
23 août 1981
Propriétaire
Localisation
Adresse
Altitude
1 441 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Massif
Coordonnées
Localisation sur la carte de Bulgarie
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Red pog.svg

Le monument de Bouzloudja ou maison du Parti communiste bulgare est une ancienne salle de congrès, aujourd'hui abandonnée, située en Bulgarie, à quelques kilomètres au sud de Gabrovo, non loin du mémorial de Chipka. Construit sous le régime communiste de la République populaire de Bulgarie, ce bâtiment est situé sur le sommet de la Bouzloudja (ou Buzludja) à 1 441 m d’altitude. En 1868, ce fut le lieu de la dernière bataille entre les Bulgares (menés par les rebelles Hadji Dimitar et Stefan Karadzha) et les Turcs.

Description et historique[modifier | modifier le code]

Ce monument fut construit par les communistes pour commémorer les événements de 1891 quand les socialistes, menés par Dimitar Blagoev, se réunirent secrètement à cet endroit pour organiser le mouvement socialiste. Il a été inauguré en 1981[1], puis abandonné lors de la chute du régime communiste en 1989[2].

Conçu par l’architecte Guéorguy Stoilov, ce bâtiment a mobilisé pendant sept ans plus de 6 000 travailleurs[3] dont 20 célèbres peintres et sculpteurs bulgares qui ont travaillé pendant 18 mois à la décoration intérieure.

Il fut financé par des fonds gouvernementaux mais surtout grâce à des dons de partisans pour un total de près de 14 186 000 de leva, soit 7 000 000 d’euros environ. Une souscription nationale avait en effet été lancée pour financer les travaux de cette impressionnante structure mais une grande partie des fonds recueillis ont finalement été utilisés pour l’édification d’une autre structure, tout aussi imposante et à l’inspiration soviétique : le monument de Choumen, construit sur les hauteurs du plateau, au-dessus de la ville, à l’occasion du 1300e anniversaire de la fondation de l’État bulgare.

La construction du bâtiment fut confiée à la division Génie Civil de l’armée bulgare ainsi qu’à des volontaires. Le maître d’œuvre fut le général Delcho Delchev, commandant de la division du Génie Civil de Stara Zagora.

Le bâtiment comporte plusieurs niveaux, une passerelle panoramique et la salle principale ornée d’un plafond en forme de coupole suspendue à près de 15 mètres de hauteur. Cette coupole impressionnante était recouverte à l’origine de 30 tonnes de cuivre, pillées au fil des années, fragilisant la structure de l’édifice. Attenante à la structure principale, on trouve une grande tour de 70 m de hauteur ornée de part et d’autre de deux étoiles de verre couleur rubis, chacune haute de 12 m. Elles seraient 3 fois plus grandes que les fameuses étoiles rouge des tours du Kremlin de Moscou.

À l’origine, le décor intérieur était composé de mosaïques de marbre et de verre, y compris dans l'auditorium de la salle principale, d’une superficie de 500 m2, où la mosaïque géante représente des thèmes communistes bulgares et soviétiques.

Des mosaïques, abîmées, en pierre, serties d’étoiles couleur rubis, représentent des scènes de bataille. Si les portraits de Marx, Engels et Lénine sont encore reconnaissables, les historiens de l’art réclament la préservation du monument aux mosaïques monumentales, œuvre selon eux des meilleurs artistes de l’époque.

Pourtant, aucune des institutions publiques ne prend l’initiative de conserver et rénover ce monument historique, bien que lié à la douloureuse histoire politique du pays. Le parti socialiste bulgare lui-même n’engage aucune action en faveur de l’entretien de son plus important symbole.

C'est en que le gouvernement bulgare a transféré la propriété du monument au Parti socialiste bulgare. Le Premier ministre bulgare, Boïko Borissov a déclaré à cette occasion : « Nous allons les laisser en prendre soin parce que nous pensons qu’un pays qui ne respecte pas son passé et ses symboles n’a pas d’avenir ». « Ce monument, unique en Europe, une fois restauré, attirera beaucoup de touristes, notamment occidentaux. C’est un témoignage historique impressionnant », répond Boytcho Bivolarski, dirigeant régional des socialistes à Stara Zagora (centre du pays).

Mais, depuis cette date, le Parti socialiste bulgare et l’État ne sont toujours pas parvenus à un accord sur un projet de rénovation du monument.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adrien Minard, Bouzloudja. Crépuscule d'une utopie, Paris, éditions B2, 2018.