Pure player

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Pure player (faux anglicisme signifiant littéralement « pur joueur », déformation de l'anglais américain pure play qui peut se traduire ici par « pur artifice » ou par « tout en ligne ») désigne une entreprise ayant démarré et exerçant dans un secteur d'activité unique[1]. L'expression est toutefois popularisée pour désigner les entreprises œuvrant uniquement sur Internet et est souvent définie comme telle.

La Commission générale de terminologie et de néologie a publié, le 23 mars 2014 au Journal officiel de la République française, la traduction en français « tout en ligne », dont l'utilisation est préconisée à la place de pure player[2].

Commerce "tout en ligne" : enjeux du concept[modifier | modifier le code]

Le terme pure player peut s'appliquer au commerce électronique, le tout en ligne ne proposant aucun magasin où ses clients pourraient venir physiquement effectuer leurs achats. Des exemples de tout en ligne sont Amazon.com, eBay ou encore le français Aquarelle.com.

Cette expression se situe alors côte à côte avec les expressions brick and mortar (« brique et mortier », donc un magasin en dur), click and mortar (un magasin en dur doublé d'une boutique en ligne), aussi connu sous le nom de bricks and clicks.

Pour une entreprise, le choix d'agir en tout en ligne peut être motivé par la rapidité de mise en œuvre, la réduction des coûts, mais aussi par le choix d'une clientèle recherchant ce type d'entreprises.

Presse « toute en ligne »[modifier | modifier le code]

L'expression pure player s'applique également à des sites Web d'information sans édition papier. Un statut d'éditeur de presse en ligne a été défini en 2009, lors de l'adoption de la loi Création et Internet. Il permet aux pure player de bénéficier des subventions de l’État à la presse écrite.

En France, les principaux sites web d'information pure player apparaissent au milieu des années 2000 (Rue89 et Arrêt sur images en 2007, Mediapart en 2008, Slate France en 2009). En 2015, la Commission paritaire des publications et des agences de presse recense 391 pure players, contre 189 sites en 2010[3]. Ces médias lancés sur Internet peuvent ensuite imprimer une édition papier, comme Bakchich ou Rue89, s'éloignant du statut de pure player.

Les pure players peuvent se financer par la publicité (ex: Rue89, Slate, HuffPost) ou par abonnement (Arrêt sur images, Mediapart), ou bien sur les deux modèles (Atlantico). Bien que leur émergence doit être mise en parallèle avec la crise de la presse quotidienne française, c'est le modèle économique basé sur l'abonnement qui assure une meilleure stabilité financière[4], ainsi les sites d'infodivertissement que sont BuzzFeed et Vice Media, fondés essentiellement sur la publicité, connaissent des difficultés financières en 2017[5].

Le terme pure player s'applique généralement aux éditeurs de presse en ligne, cependant la frontière peut être floue entre ceux-ci, un blog, un agrégateur d'informations et un site de réflexions et de débats lié à un parti ou une fondation.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Colin Fay (dir. Jean-Luc Bouillon), Média, support, temporalité : le cas des pure-players de presse, Rennes, Université Rennes 2 (mémoire de master en Sciences de l'information et de la communication), 2014, 99 p. [lire en ligne]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. pure player sur actufinance.fr
  2. Le Journal Officiel préfère "tout en ligne" à "pure player"
  3. « Médias: les "pure players" de l'info se multiplient », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  4. Delphine Soulas-Gesson et Amaury de Rochegonde, « La startégie payante des pure players d'info », Stratégies,‎ (lire en ligne)
  5. François Bougon, « Les médias numériques américains à la peine », Le Monde, (consulté le 30 novembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]