Pierre levée (Poitiers)

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Pierre levée
Image illustrative de l’article Pierre levée (Poitiers)
Vue générale de l'édifice
Présentation
Type dolmen
Période Néolithique
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, 1943)[1]
Caractéristiques
Matériaux calcaire
Géographie
Coordonnées 46° 34′ 28,4″ nord, 0° 21′ 43,3″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Vienne
Commune Poitiers

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Pierre levée

Géolocalisation sur la carte : Poitiers

(Voir situation sur carte : Poitiers)
Pierre levée

La Pierre levée est un dolmen situé à proximité de la ville antique de Poitiers devant lequel passait la voie romaine Lemonum (Poitiers) - Avaricum (Bourges) - Lugdunum (Lyon). Elle est aujourd'hui dans un square, rue du Dolmen, en pleine ville.

Historique[modifier | modifier le code]

Elle est mentionnée sous le nom de Petra-Levata en 1299, Petra-Soupeaze super Dubiam en 1302, Petra-Suspensa super Dubiam en 1322[2]. La mention Super dubiam précisant sa localisation dans le quartier des Dunes (quartier de Poitiers). Le dolmen a été classé au titre des monuments historiques par la liste de 1862 ; le terrain attenant est également classé en 1943[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le dolmen, désormais ruiné, est constitué de dalles en calcaire. L'édifice mesurait environ 6 m de long sur 3 m de large, il s'agissait peut-être d'un dolmen à couloir. D'après un plan d'A. Le Touzé de Longuemar de 1862, l'épaisse table de couverture repose sur neuf piliers. Elle comporte sur sa face supérieure une sculpture en forme de hache à deux branches[3].

Aucun matériel archéologique associé n'est connu[3].

Folklore[modifier | modifier le code]

La plus ancienne mention du dolmen est faite par Rabelais dans le chapitre des Faits du noble Pantagruel en son jeune âge. Envoyé à Poitiers pour étudier, il aurait arraché la Pierre levée de la falaise pour en faire une table de banquets pour les étudiants :
« Ainsi croissait Pantagruel de jour en jour, et profitait à vue d'œil, dont son père s'éjouissait par affection naturelle... Puis l'envoya à l'école pour apprendre et passer son jeune âge. De fait, vint à Poitiers pour étudier, et y profita beaucoup ; auquel lieu voyant que les écoliers étaient aucunes fois de loisirs et ne savaient à quoi passer temps, il eut compassion. Et un jour prit, d'un grand rocher qu'on nomma Passelaudir une grosse roche ayant environ douze toises en carré et d'épaisseur quatorze pans, et la mit sur quatre piliers au milieu d'un champ, bien à son aise, afin que les dits écoliers, quand ils ne sauraient autre chose faire, passassent temps à monter sur la dite-pierre, et là banqueter à force flacons, jambons pâtés et écrire leurs noms dessus avec un couteau ; et, de présent, l'appela-t-on Pierre Levée. Et, en mémoire de ce, n'est qu'aujourd'hui passé aucun en la matricule de la dite Université de Poitiers, sinon qu'il ait bu en la fontaine caballine de Crontelles, passé à Passelourdin et monté sur la Pierre-Levée ».

Jean Bouchet, le premier à propos des foires de Poitiers a émis une opinion sur l'origine du monument des Dunes[4].

Une légende affirme que sainte Radegonde voulant construire une table aurait apporté l'énorme bloc sur sa tête et les piliers dans son tablier en mousseline (ou dorne). Au moment de poser les blocs, le diable se serait saisi de l'un des piliers, ce qui explique pourquoi la pierre n'est soutenue que par trois piliers au lieu de quatre. Une variante de cette légende, rapportée par Sir John Lauder dans son Journal de Voyage (1665-1666) affirme que c'est le diable qui aurait fait tomber cette pierre sur la tête de la sainte, mais que par miracle elle n'en fut pas écrasée[5].

La Pierre levée est encore une étape du parcours initiatique des Bitards, confrérie estudiantine poitevine se référant à Rabelais.

Près du site, se trouvait l'ancienne maison d'arrêt de Poitiers dite "Prison de la Pierre Levée".

En 1560 les géographes et cartographes Gerardus Mercator, Abraham Ortelius, Franz Hogenberg, Philippe Galle et Jan Sadeler y gravèrent leurs noms.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00105592, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Baudouin 1937
  3. a et b Pautreau et Mataro I Pladelasala 1996, p. 140-143
  4. « Les deux foires ancienns sont l'une à la mi-caresme, et l'autre au mois d'octobre, qu'on appelle la Pierre Levée, parce que lorsque ladicte foire fut octroiée, en mémoire d'icelle, une grosse pierre ou roche fut enlevée, comme on voit encore hors ladite ville du costé du ponth à Joubert, dès le temps de Madame Aliéonor, duchesse d'Aquitaine ». Annales d'Aquitaine, édition de 1525.
  5. R. Mineau et L. Racinoux, La Vienne légendaire & mythologique, Geste éditions, , pp. 150-151

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • John Grand-Carteret, L'Histoire, la vie, les mœurs et la curiosité par l'Image, le Pamphlet et le document (1450-1900), Librairie de la curiosité et des beaux-arts, [détail des éditions]
  • Marcel Baudouin, « A propos de la Pierre Levée de Poitiers », Bulletin de la Société préhistorique de France, vol. 34, no 1,‎ , p. 94-96 (lire en ligne)
  • Jean-Pierre Pautreau et Montserrat Mataro I Pladelasala, Inventaire des mégalithes de la France, 12 - Vienne, A.P.C, , 319 p. (ISBN 2909165159). 

Articles connexes[modifier | modifier le code]