Philippe Brunet (helléniste)

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Philippe Brunet
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Biographie
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Philippe Brunet, né le 23 juin 1960, est un helléniste et un metteur en scène français. Il enseigne le grec ancien à l'université de Rouen[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe Brunet est né à Paris en 1960. Dans sa famille maternelle il y avait des samouraïs ; l'un de ses aïeux maternels fit partie de la première délégation japonaise en Europe occidentale, envoyée par le dernier Shôgun, Tokugawa Yoshinobu, et reçue le 15 avril 1862 par Napoléon III[2]. Il passe un bac C, lit les poètes allemands, Goethe et Hölderlin, découvre les poètes grecs et latins. Il entre au lycée Louis-le-Grand où un professeur, M. Fortassier lui fait découvrir la scansion des vers antiques. Reçu à l'École normale supérieure, il fait la connaissance d'André Markowicz, avec lequel il scande en latin Catulle, dont celui-ci est en train de faire une traduction rythmée en français[3]. Markowicz, traducteur de Pouchkine, l’introduit dans l'univers des traducteurs qui gravitent autour d’Efim Etkind. Il y découvre qu'on peut s'immerger dans une langue, une pensée à travers la traduction. Il décide alors de se consacrer à la traduction de Pindare et entame des recherches sur la métrique grecque sous la direction de Jean Irigoin[2].

Au retour de deux ans de coopération en Bolivie, il croise un élève de l’ancien professeur de Jean Irigoin, l'helléniste américain Stephen G. Daitz, spécialiste de la prononciation restituée du grec ancien. Il va étudier, à la British Library, les papyrus de Pindare, et en revient, en 1991, avec une traduction de Sappho.

Il soutient en 1992 à l'université Sorbonne-Paris IV, sa thèse de doctorat sur Le vers dactylique lyrique dans la tragédie grecque[4]. Enseignant alors à Tours, il poursuit ses recherches sur la phonologie du grec ancien, la scansion de cette langue et la musique grecque antique. Il étudie et pratique ainsi la restitution orale du grec ancien auprès de Stephen G. Daitz.

Il est professeur de grec ancien à l'université de Rouen[5]. Depuis septembre 2017[6][Quand ?], il enseigne les Humanités numériques dans cette même université.

L'aventure théâtrale[modifier | modifier le code]

Avec Daitz, Philippe Brunet monte des récitals, crée la 14e Ode Olympique de Pindare – dédiée à un dénommé Asôpichos qui donne son nom à une première éphémère compagnie.

En 1995, il fonde la compagnie théâtrale Démodocos (nommée d'après l'aède aveugle Démodocos, personnage de l’Odyssée) dont les spectacles sont des adaptations pour la scène de textes antiques grecs[7]. Il monte Le Retour d’Ulysse, d’après Homère, avec un autre Américain, Robert Ayres, puis en 1996 Les Amours d’Arès et d’Aphrodite à partir du Chant VIII de L’Odyssée. Mais la mise en scène de Robert Ayres le déçoit, et il arrête leur collaboration[2].

En mai 1997, à Tours, dans À quand Agamemnon ? d’après Eschyle, il bascule du français vers le grec, scandant les trochées dans un passage récitatif. Il renouvelle avec succès l'expérience au Grand amphithéâtre de la Sorbonne.

Il a depuis mis en scène Les Perses, la trilogie de L'Orestie, Les Grenouilles, Antigone, Circé, dans des décors d'Emmanuel Collin[8], et de nombreuses adaptations de L'Odyssée, notamment au théâtre du Nord Ouest, à Avignon, au Festival européen Latin Grec, qu’il inaugure en 2005 avec une première version de son Antigone. Démodocos participe régulièrement à la Semaine de Théâtre Antique de Vaison-la-Romaine, a présenté Les Perses au Festival des Miliaires à Argenton-sur-Creuse et dans le théâtre de Karthéa à Kéa en 2018.

Il est directeur du festival de théâtre antique Dionysies fondé en 2006, où les spectacles, lectures, chants et représentations théâtrales, reposent sur des écritures rythmiques en traduction, une mise en scène bilingue langue ancienne-français, et un jeu de masques associé à la danse[9]. Les « aèdes » qui composent la troupe sont les jeunes traducteurs eux-mêmes qui ont fait leurs premières armes avec Les Perses, comme Guillaume Boussard, Yann Miboubert, Aymeric Münch ; des musiciens : Gaspar Brunet, Jean-Baptiste Apéré, Fantine Cavé-Radet, François Cam, Emmanuel Lascoux ; des étudiants et professeurs de la Sorbonne assurant le rôle du chœur[10].

Toutefois, récemment, sa mise en scène des Suppliantes d'Eschyle qui devait se faire dans l'amphithéâtre Richelieu, à la Sorbonne, le lundi 25 mars, a été violemment empêchée par des associations étudiantes[11],[12]. au prétexte que les acteurs, conformément à la grande tradition du théâtre antique, portaient des masques, pour symboliser leur personnage. Ici des masques dorés pour signifier les Argiens (des Grecs) et des masques sombres pour signifier les filles de Danaos (les Danaïdes de la légende, venues d'Égypte). Cela est apparu comme apparenté à la pratique racialiste du blackface à ces associations étudiantes, parmi lesquelles la Ligue de défense noire africaine (LDNA), la Brigade anti-négrophobie, et le Conseil représentatif des associations noires (CRAN). Philippe Brunet s’est expliqué sur sa page facebook. « Désolé d'avoir heurté ou blessé quelqu'un si je l'ai fait. (…) En mettant en scène la pièce des Suppliantes d'Eschyle, avec son texte, et rien que son texte, je dois mettre en place une opposition entre des Grecs d'Argos, supposés plus ou moins blancs, et les Danaïdes, venues d'Egypte, à la peau noire et au costume bariolé. ». Cette censure a suscité un vif émoi dans la presse[13].

Publications[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Autres ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Naissance de la littérature dans la Grèce ancienne, Livre de Poche, 1997
  • L'Égal des dieux. Cent versions d'un poème de Sappho, Paris, Allia, 2009

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]