Père Tanguy

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Père Tanguy
Van Gogh - Portrait of Pere Tanguy 1887-8.JPG
Portrait du père Tanguy en costume breton devant sa collection d'estampes japonaises par Vincent van Gogh (1887-1888)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Julien-François TanguyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Le père Tanguy peint par van Gogh, avec son tablier de marchand de couleur.

Julien François Tanguy, dit le père Tanguy, est un marchand de couleurs, né à Plédran en Bretagne, le et mort à Paris, le . Sa boutique, 14, rue Clauzel à Paris, fut un lieu essentiel du développement de l'impressionnisme, le père Tanguy comptant parmi les premiers collectionneurs et marchands de tableaux des peintres impressionnistes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le père Tanguy peint par Émile Bernard, en 1887.

Julien Tanguy joue un rôle essentiel dans l'histoire de l'impressionnisme. D'abord ouvrier plâtrier, il devient charcutier après avoir épousé, à Saint-Brieuc, la charcutière Renée Briend originaire d'Hillion, le 23 avril 1855. En 1860, il monte à Paris et travaille au Chemin de fer de l'Ouest. En 1865, il devient ouvrier broyeur de couleurs, puis marchand de couleurs, rue Clauzel. En 1868, il ouvre son propre commerce ambulant, vendant aussi bien à Barbizon qu'à Argenteuil, mais, dès 1870, il adjoint au commerce de matériel la vente de tableaux.

La Commune de Paris[modifier | modifier le code]

Membre de la Commune, Julien Tanguy est arrêté emprisonné au camp de Satory, puis déporté à Brest après être passé devant le conseil de guerre. L'intervention du peintre académique et membre du conseil municipal de Paris, Félix Jobbé-Duval, lève la condamnation et lui permet de revenir à sa boutique, au 14, rue Clauzel. Cependant, le père Tanguy resta toute sa vie un adepte de la Commune et des théories anarchistes qu'il partageait avec Pissarro[1].

Figure paternelle et bienveillante, le « père Tanguy » compte parmi ses clients le docteur Paul Gachet, les peintres Pissarro, Monet, Renoir, Gauguin, Guillaumin, Lautrec, van Gogh et Vignon, dont il expose et vend les toiles. Les peintres et critiques intéressés par l'impressionnisme et surtout, plus tard, par les œuvres de Paul Cézanne, viennent voir ses collections dans l'arrière-boutique. C'est dans ce modeste lieu que se croiseront van Gogh et Cézanne[2] ; Émile Bernard décrit la boutique de Tanguy comme un lieu de naissance du mouvement symboliste et, par extension, de l’école de Pont-Aven[3].

Il vend des couleurs aux artistes, en donne également, partageant à l'occasion son repas. Julien Tanguy reçoit aussi en dépôt des toiles qu'il est chargé de vendre.

À sa mort, ses collections sont vendues par ses amis, pour sa veuve, à l'Hôtel Drouot, le 2 juin 1894. Octave Mirbeau rend hommage au père Tanguy dans L'Écho de Paris, le 13 février 1894[4].

Les portraits[modifier | modifier le code]

Le portrait du père Tanguy a été peint par de nombreux artistes impressionnistes (comme Monet…). Parmi les portraits les plus fameux, on trouve ceux peints par van Gogh.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sophie Moneret, « Art Tanguy », in L'Impressionnisme et son époque. Dictionnaire International, tome I, Robert Laffont, Denoël, 1978-1979, p. 933-936 (ISBN 2-221-05412-1).
  2. Bernard 1908, p. 607.
  3. Bernard 1908, p. 614.
  4. Octave Mirbeau, « Le père Tanguy », L'Écho de Paris,‎ (lire en ligne) — Repris en 1993 dans les Combats esthétiques, Paris, Nouvelles Éditions Séguier.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Bernard, « Julien Tanguy, dit le “père Tanguy” », Mercure de France,‎ , p. 600-616 (lire en ligne) — réimprimé à part en 1990, Paris, L'Échoppe.