Nikolaï Karamzine

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Nikolaï Karamzine
Karamzin by Tropinin (1818, Tretyakov gallery).jpg
Biographie
Naissance

Simbirsk (moyenne Volga)
Décès
Sépulture
Période d'activité
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Nom dans la langue maternelle
Николай КарамзинVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
А. Б. В.Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Russe
Formation
Activités
Linguiste, poète, historien, écrivain, traducteur, critique, journaliste, prosateur, conseil d'État, journaliste d'opinion, Active State CouncillorVoir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Andreï Karamzine (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Iekaterina Karameïna (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Iekaterina Meshcherskaya
Andreï Karamzine (d)
Alexandre Karamzine (d)
Sofia Nikolaevna Karamzina (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Mouvement
Genre artistique
Distinctions
Ordre de Sainte-Anne de première classe (d)
Ordre de Saint-Vladimir, 3e classe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Nikolaï Mikhaïlovitch Karamzine (en russe : Николай Михайлович Карамзин, ISO 9 : Nikolaj Michajlovič Karamzin) né le 1er décembre 1766 ( dans le calendrier grégorien) à Simbirsk et mort le 22 mai 1826 ( dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg, est un écrivain et historien russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans le gouvernorat de Simbirsk ou plus probablement d’Orenbourg, il fit à Moscou des études solides et complètes, qui le mirent à même d’apprécier les chefs-d’œuvre des littératures étrangères, et publia d’abord des poésies et des traductions de William Shakespeare, de Gotthold Ephraim Lessing et de Gottlieb Emanuel von Haller.

Après avoir passé quelque temps au service militaire, il employa les années 1789 et 1790 à visiter l’Allemagne, la Suisse et une partie de l’Italie. Après avoir voyagé à l’étranger, il se fixa à Moscou et y publia des ouvrages littéraires qui le mirent au premier rang des gens de lettres du pays. Sa réputation fut au comble lorsque, désirant de faire participer son pays aux avantages que l’expérience et le temps avaient valu à d’autres contrées, il publia, en 1797, sous le titre de Lettres d'un voyageur russe (6 vol. in-12), au moment où l’attention publique se tournait vers l’ouest de l’Europe, alors agité par les grands débats de la Révolution française, son Histoire générale de la Russie, qui devint un classique. Les 3 000 premiers exemplaires furent vendus en 3 semaines[1] Les Lettres d'un voyageur russe eurent un succès délirant et même Gavrila Derjavine, qui appartenait à la tendance anti-karamzinienne proclama son enthousiasme [2]. La question de l'influence mongole sur les Russes est clairement posée par Karamzine au chapitre IV du cinquième tome de son ouvrage. L'idée maitresse de l'auteur est malgré le nouvel ordre affligeant imposé par les Mongols, la Russie était sortie grandie de cette épreuve. D'une part l'oppression qui dura deux siècles préserva le cœur des russes en matière religieuse, d'autre part les khans, dont la politique était d'opprimer le peuple et les princes protégèrent l'Église et augmentèrent les revenus des monastères. Par ailleurs cette époque de trouble vit naître l'autocratie, grand bienfait pour les Russes selon Karamzine [3]. La réputation que des contes, des nouvelles, et d’autres productions de moindre intérêt avaient déjà fait acquérir à Karamzine en fut singulièrement augmentée. On reconnut en lui un patriote éclairé, capable de se montrer sensible aux beautés de la nature et de l’art, et de se laisser frapper par la civilisation occidentale sans être ébloui.

Le strict conservatisme de l’ouvrage de Karamzine, doué d’un jugement assez éclairé pour signaler les dangers et les déceptions auxquels une imitation trop confiante et peu réfléchie des institutions étrangères exposerait l'Empire russe, qui glorifiait et justifiait l’autocratie, plut beaucoup à Alexandre Ier, qui conféra à Karamzine le titre d’historiographe de Russie et fit de lui son conseiller. Karamzine dissuada ainsi l'empereur de restaurer le royaume de Pologne, en publiant son Opinion d’un citoyen russe en 1819. Conseiller d’État, membre de l’Académie de Saint-Pétersbourg, il reçut de Nicolas Ier de nombreuses marques d'estime. Pendant sa maladie, l’empereur lui donna un logement au palais de Tauride, entouré d’un vaste jardin, où il pouvait respirer l’air de la campagne. Il lui assigna une pension de 50 000 roubles pour se rendre, dès que sa santé le lui permettrait, dans le midi de la France où une frégate de la marine impériale devait le transporter.

Toutes les archives publiques se trouvèrent ouvertes à Karamzine. Il y puisa abondamment; il prit une connaissance générale des chroniques manuscrites et des documents imprimés qui formaient déjà, sur l’histoire nationale, une masse fort considérable. Cependant, en composant son Histoire de l'État russe, les lauriers de l’érudition spéciale n’étaient pas l’objet de l’ambition littéraire de Karamzine. Il ne voulut pas consacrer trop de temps et d’investigations aux recherches que d’autres écrivains ont entreprises ensuite sur les origines des Slaves, de leur langue, de leur législation primitive, de leur vieille religion ; mais donnant tous ses soins à la grande nation dont il entreprenait de dérouler les annales, il glissa rapidement sur les premiers siècles de son existence, et n’entra pleinement en matière que lorsqu’il fut arrivé aux époques vraiment historiques qui suivent le baptême de Vladimir.

Sur le plan littéraire, l'action de Karamzine sur la langue russe est double. Sur le plan théorique il tente de rapprocher la langue écrite de la langue parlée: il est juste d'écrire comme on parle mais on devrait aussi parler comme on écrit. Il admirait et connaissait les langues occidentales, qu'il ne méprisait donc pas, mais elles ne devaient pas être l'objet d'emprunts serviles par la langue russe[4]. L'adoption par Pouchkine de la langue de Karamzine reste la meilleure preuve de la justesse de l'œuvre de Karamzine dans ce domaine. Karamzine introduisit de nombreux gallicismes, traductions exactes de termes français qui exprimaient les sentiments et la sensibilité littéraire nouvelle[5]. Karamzine a été appelé « le Tite-Live de la Russie » et est, avec Mikhaïl Lomonossov (1711-1765), le créateur de la prose russe, ouvrant ainsi la voie aux écrivains du XIXe siècle.

Dans son cours sur Les Slaves au Collège de France (1840-41, 1849) Adam Bernard Mickiewicz de Poraj (1798-1855) présente Karamzine comme un auteur lié aux Martinistes[6].

Famille[modifier | modifier le code]

Nikolaï Karamzine s'est marié deux fois et a eu dix enfants:

  1. Il épouse en premières noces en avril 1801 Élisabeth Ivanovna Protassova (1767—1802), sœur d'Anastasia Plechtcheïeva. Elle fut aimée et estimée par son époux qu'elle connaissait depuis une dizaine d'années. Elle était fort cultivée et assistait son mari. Étant de santé fragile, elle donna naissance à une fille - Sophie - en mars 1802 et mourut un mois plus tard de fièvre puerpérale.
  2. Il épouse en secondes noces le 8 janvier 1804 Catherine Andreïevna Kolyvanova (1780-1851), fille illégitime du prince André Wiazemsky et de la comtesse Élisabeth von Sievers, demi-sœur du poète, le prince Pierre Wiazemsky.
    • Nathalie (30.10.1804-05.05.1810)
    • Catherine (1806-1867), épouse du prince Mechtcherski, faisait partie des milieux proches de Pouchkine.
    • André (20.10.1807-13.05.1813)
    • Nathalie (06.05.1812-06.10.1815)
    • André (1814-1854)
    • Alexandre (1815-1888)
    • Nicolas (03.08.1817-21.04.1833)
    • Vladimir (1819-1879), sénateur
    • Élisabeth (1821-1891), demoiselle d'honneur à la cour en 1839, jamais mariée. elle vivait d'une petite pension et habitait chez sa sœur, la princesse Mechtcherski. Elle était un exemple de bonté. Léon Tolstoï en fait les louanges dans sa correspondance.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lorraine de Meaux, La Russie et la tentation de l'Orient, Fayard, (ISBN 978-2-213-63812-6), p.252
  2. Lo Gatto p.177.
  3. Meaux 253-254.
  4. Ettore Lo Gatto (trad. M. et A.-M. Cabrini), Histoire de la littérature russe des origines à nos jours, Desclée de Brouwer, , p. 173
  5. Lo Gatto 176.
  6. Richard Raczynski, Un dictionnaire du Martinisme, Paris, Dualpha éd., 2009, p. 345.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Karamzine écrivit aussi des poèmes.

Source[modifier | modifier le code]

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