Mingei

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Le mouvement Mingei (民芸運動, Mingei undō?, lit. « mouvement de l'art populaire ») est un mouvement artistique japonais, principalement de poterie et de céramique, inspiré par le mouvement anglais Arts & Crafts.

Historique[modifier | modifier le code]

Créé en 1925 au Japon pour la revalorisation d'un artisanat issu d'une longue tradition, son style est lui aussi une réaction à l'urbanisme grandissant, prônant le réveil des traditions et la beauté dans les objets de tous les jours, fabriqués en céramique, en bois, en laque, en ferronnerie, en vannerie et en textile.

Ses trois premiers maîtres furent le philosophe Sōetsu Yanagi (柳 宗悦, Yanagi Muneyoshi?)[1], qui réaffirmait la valeur de l'artisanat traditionnel japonais, et les potiers et céramistes Shoji Hamada et Kanjirō Kawai (河井 寛次郎, Kawai Kanjirō?)[2]. Par la suite le céramiste anglais Bernard Leach, le graveur sur bois Shikō Munakata (棟方 志功, Munakata Shikō?) et le peintre sur tissu Keisuke Serizawa (芹沢 銈介, Serizawa Keisuke?) rejoignirent le mouvement[2].

Dans L'Idée du Mingei (1933), Sōetsu Yanagi définit ainsi le mouvement :

« Il doit être modeste mais non de pacotille, bon marché mais non fragile. La malhonnêteté, la perversité, le luxe, voilà ce que les objets Mingei doivent au plus haut point éviter : ce qui est naturel, sincère, sûr, simple, telles sont les caractéristiques du Mingei. »

Yanagi fut grandement inspiré par les poteries coréennes, particulièrement celles de la dynastie Yi, à la suite de plusieurs séjours en Corée[2]. Il convient également de préciser, comme le rappelle l'historien de l'art Michael Lucken, déplorant du même coup la méconnaissance en France à ce sujet, que le mouvement Mingei se situe dans le prolongement de l’« extraordinaire aventure humaine et intellectuelle » que constitua la publication de la revue Shirakaba à laquelle Yanagi Sōetsu prit un part active de même qu'il en subit fortement l'influence[3]. Il fondera en 1936 le musée de l'art populaire japonais (日本民藝館, Nihon mingei-kan?) à Komaba dans l'arrondissement de Meguro à Tokyo, avant que ses idées ne deviennent finalement populaires dans les années 1950[2]. Il inspira également Isamu Noguchi, la Française Charlotte Perriand, et bien sûr son fils : Sōri Yanagi (柳 宗理, Yanagi Sōri?)[2].

Exemples[modifier | modifier le code]

Exposition temporaire 2021[modifier | modifier le code]

Une exposition temporaire, Simplicité japonaise, ayant pour thème le mouvement Mingei sera visible à l'occasionde la réouverture du musée Guimet le 19 mai et jusqu'au 14 juin 2021. Une visite virtuelle et un texte cartel pédagogique sont accessibles en ligne[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son prénom peut se lire Muneyoshi — lecture usitée au Japon —, ou Sōetsu — c'est ainsi qu'il est connu à l'étranger.
  2. a b c d et e Dauphine Scalbert, Portrait de Yanagi et concept du Mingei in Yanagi et le Mingei
  3. Michael Lucken, « À la poursuite infinie des désirs intérieurs : Yanagi Sōetsu avant le Mingei », Cipango [En ligne],‎ mis en ligne le 15 novembre 2011, consulté le 08 janvier 2021 (lire en ligne)
  4. * « Simplicité japonaise [exposition temporaire : Mingei] », sur Musée Guimet, 16 décembre 2020 - 10:00,14 juin 2021 (consulté en ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Beauté du quotidien au Japon, collections de Jeffrey Montgomery, [catalogue d'exposition] Nice, Musée des arts asiatiques, 2000, 142 pages, 179 illustrations en couleur. Textes de Marie-Pierre Foissy-Aufrère, Dominique Buisson, Robert Moes, Anna Jackson.
  • (fr + en) Hiroshi Kashiwagi, Masafumi Fukagawa, Shû Hagiwara et al., Wa : l'harmonie au quotidien : Design japonais d'aujourd'hui [exposition], Tokyo ; Paris : Fondation du Japon, , 165 p., 26 cm (ISBN 978-4-87540-098-1)
  • Christophe Marquet and Jean-Michel Butel, éd., « Dossier : L’invention des « arts populaires » – Yanagi Sōetsu et le Mingei », Cipango - INALCO, no 16,‎ (lire en ligne, consulté en ).
  • Christophe Marquet, « Yanagi Sōetsu et l'invention des arts populaires », Cipango, Publications INALCO, no 16 « L’invention des « arts populaires » Yanagi Sōetsu et le Mingei »,‎ , p. 13-22 (lire en ligne, consulté en )
  • Germain Viatte (dir.) et Ryu NIIMI (exposition), L'Esprit Mingei au Japon, Arles : Actes Sud ; Paris : Musée du quai Branly, , 143 p., 20 x 26 cm (ISBN 978-2-7427-7849-2 et 978-2-915133-95-0, lire en ligne), p. 4e de couv.
  • Yanagi et le Mingei, tiré à part du numéro 163 de la revue de la céramique et du verre édité à l'occasion de l'exposition L'esprit Mingei au Japon : de l'artisanat populaire au design au Musée du quai Branly du au (commissaire d'exposition : Germain Viatte). Textes de Dauphine Scalbert, Issey Miyake, Sōetsu Yanagi et Isamu Noguchi.

Liens externes[modifier | modifier le code]