Michel-Édouard Leclerc

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Michel-Édouard Leclerc
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Michel-Édouard Leclerc à la Wall to Wall en 2015
Naissance (66 ans)
Landerneau, France
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau de la France France
Activité principale

Président directeur général de l'enseigne de grande distribution E.Leclerc ;

Président de NEOMA Business School
Famille

Michel-Édouard Leclerc, né le 23 mai 1952 à Landerneau, est le président directeur général de l'enseigne de grande distribution E. Leclerc. Il a succédé à son père Édouard Leclerc à la présidence de l'ACDLec (Association des Centres Distributeurs Leclerc) en 2006, après en avoir assuré la coprésidence pendant dix-sept ans. À ce titre, il dirige le groupement d'entrepreneurs réunis sous l'enseigne E.Leclerc et représente le groupe auprès des pouvoirs publics et des médias. Il a donné des impulsions fondamentales à l'enseigne, notamment le développement de l'enseigne à l'international, la structuration du groupement et l'élargissement de l'offre E.Leclerc aux services. Il est depuis janvier 2018 le président du conseil d'administration de Neoma Business School.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Né le 23 mai 1952[réf. souhaitée], Michel, Marie Leclerc - qui accolera dans les années 1980 le prénom de son père à son état civil pour rendre hommage à son père[1],[2] - est le fils d'Édouard et Hélène Leclerc. À Landerneau (Finistère), sa ville natale, il assiste aux débuts du « centre distributeur » dans lequel ses parents expérimentent une formule de vente originale et restera marqué tant par leur enthousiasme et leur ténacité que par la violence de leurs opposants[réf. nécessaire].

À onze ans, il quitte le domicile familial pour faire ses études secondaires, comme son père, dans le petit séminaire des pères du Sacré-Cœur de Viry-Châtillon (Essonne), l'Institution missionnaire Saint-Clément [3]. Enfant émotif et sensible, il est un élève médiocre et rêveur[4].

En 1970, après un baccalauréat littéraire A3, il s'inscrit en sciences économiques à l'université de Brest, mais, peu doué en mathématiques[5], il déserte les amphithéâtres et adhère au Parti socialiste unifié (PSU). Un an plus tard, il s'inscrit à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où l'enseignement des sciences économiques est davantage littéraire. Il étudie les sciences politiques et la philosophie - il assiste aux conférences de Vladimir Jankélévitch ou de Michel Serres - et fréquente des intellectuels notamment André Gorz qu'il considère comme un « deuxième père »[6]. Il entreprend un doctorat en sciences économiques sous la direction de Raymond Barre. En 1978, lorsqu'il soutient sa thèse en sciences économiques (Le financement du déficit extérieur de la France après la crise pétrolière de 1973), qu'il considère comme bâclée[6], il est aussi titulaire d'une maîtrise de philosophie[7],[8][réf. insuffisante] et d'une maîtrise de sciences politiques.

Les premiers pas au sein des supermarchés Leclerc (1979-1987)[modifier | modifier le code]

Photo non datée de Michel-Édouard Leclerc

L'arrivée de M.-É. Leclerc dans l'entreprise familiale n'est pas planifiée : en 1978 encore, É. Leclerc envisageait de confier sa suite à l'adhérent[Quoi ?] qui aurait parrainé le plus de chefs d'entreprise[9][réf. insuffisante]. De son côté, M.-É. Leclerc s'orientait vers une carrière de professeur (professeur assistant à Paris-1 devant 150 étudiants) ou de journaliste, en commençant à rédiger des articles à la pige, notamment pour le magazine Que choisir, et à enseigner à l'université[10][réf. insuffisante]. Il est également à cette époque le nègre pour des hommes politiques, des écrivains[8]. En 1979 quand il se voit proposer par André Jaud(adhérent à Laval et bras-droit de son père Édouard) la mission de développer une société d'importation -future SIPLEC[11] - afin de rendre indépendant l'approvisionnement en carburant des supermarchés, il accepte. Le 7 mai 1979, il est nommé conseiller technique en intérim et est alors payé au SMIC via une agence d’intérim[12]. Alors que l'accès aux autorisations d'importation vient d'être élargi, son premier but consiste à obtenir une licence A3[Quoi ?]. M.-É. Leclerc fréquente les cabinets ministériels et travaille au montage juridique des dossiers ; il apparaît au côté de son père dans les médias et apprend à mener des campagnes de communication offensives[réf. souhaitée]. Simultanément, il s'impose comme l'un des plus farouches opposants de la loi Lang[réf. souhaitée] et lutte, sans succès, contre le prix unique du livre. Il travaille également de nouvelles offensives contre d'autres secteurs protégés : la parapharmacie, la parfumerie...

La coprésidence et présidence de l'ACDLec (depuis 1988)[modifier | modifier le code]

En 1988, il est élu coprésident de l'ACDLec (Association des Centres Distributeurs Leclerc[13][réf. insuffisante]) au côté de son père[8]. La même année, il dénonce les pratiques des municipalités quant à l'implantation des grandes surfaces et sera entendu à ce sujet par une commission d'enquête gouvernementale[14].

M.-É. Leclerc continue ses combats pour accéder aux secteurs protégés, en se reposant sur une utilisation systématique du droit et du conflit judiciaire, orchestrée et relayée dans des campagnes de communication spectaculaires[non neutre][15]. Les combats s'imposent comme l'un des traits de l'identité du groupe et participe au succès commercial de l'enseigne[réf. nécessaire]. En 1991, les centres E.Leclerc obtiennent la fin du monopole de la pharmacie sur les produits de parapharmacie : la Cour d'appel de Paris condamne la vente exclusive en pharmacie des produits qui ne sont pas des médicaments et ne nécessitent pas les conseils du pharmacien. L'enseigne E.Leclerc se diversifie dans les secteurs des services, notamment avec la création d'E.Leclerc Voyages en 1987, et dans la distribution des cosmétiques, de la parfumerie, du textile, de l'électronique ou encore de la bijouterie avec la création en 1986 des Manèges à Bijoux, aujourd'hui premier bijoutier de France[réf. nécessaire].

L'enseigne se développe à l'international, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Slovénie et Pologne.

En 1994, M.-É. Leclerc lance avec le groupe la création des Espaces Culturels E.Leclerc qui proposent des produits culturels. Il existe aujourd'hui plus de 200 espaces[réf. souhaitée].

En 1996, les centres E.Leclerc sont les premiers à supprimer les sacs de caisse jetables pour les remplacer par des sacs recyclables et échangeables à vie[7]. L’enseigne poursuit son engagement écologique en organisant un événement annuel de ramassage de déchets à travers la France, « Nettoyons La Nature » (1998)[16]. Depuis, l’enseigne conduit une politique engagée en faveur de l’environnement : conception de nouveaux magasins à Haute qualité environnementale (HQE)[Quoi ?], participation au programme The Forest Trust (TFT), qui certifie les filières d’approvisionnement de bois (2004), implication des fournisseurs dans la démarche développement durable. En 2005 les centres E.Leclerc deviennent également le premier distributeur de produits équitables en France[17].

M.-É Leclerc s'impose comme un interlocuteur redouté auprès des pouvoirs publics alors que ses détracteurs le décrivent en « jésuite médiatique surcoté, fasciné par les feux de la rampe, impitoyable derrière son abord agréable »[18].

Il ouvre en 2005 un blog, intitulé De quoi je me M.E.L.[19].

Il succède à son père Édouard Leclerc à la présidence de l'ACDLec en 2006[12].

Il est reconnu pour ses participations à une soixantaine de manifestations culturelles (sponsorisant notamment le festival international de la bande dessinée d'Angoulême (de 1990 à 2007), La Folle Journée de Nantes, Étonnants voyageurs de Saint-Malo, le Festival de chansons vivantes de Montauban ou le festival des Vieilles Charrues) et en créant avec les Espaces Culturels E.Leclerc le prix Landerneau en 2008 et le Fonds Hélène et Édouard Leclerc pour la culture (expositions temporaires dans ce centre d'art contemporain) en 2012[20],[17]. Sous son égide, les Espaces Culturels E.Leclerc sont devenus en 2012 le deuxième diffuseur de produits culturels en France (premier pour les BD, deuxième libraire et troisième disquaire de France)[21], ce qui leur vaut d'être accusés de marchandisation de la culture, comme la Fnac, Amazon, ou Lagardère (à travers l'enseigne Virgin)[22].

Passionné de bandes dessinées, il est également un grand collectionneur de planches illustrées[8]. Passionné également de navigation à voile, il a notamment franchi plusieurs fois le Cap Horn[23]. Divorcé[20], il est père de quatre enfants[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel-Édouard Leclerc, La Fronde des caddies : vers une nouvelle société de consommation, PLON, , 267 p. (ISBN 2-259-00240-4)
  • Michel-Édouard Leclerc et Chantal-Marie Wahl, Itinéraires dans l'univers de la bande dessinée, Flammarion, (ISBN 978-2-08-068452-3)
  • Du bruit dans le Landerneau : entretiens avec Yannick Le Bourdonnec, Albin Michel, 2004
  • La planète n’est pas à vendre, avec Nicolas Vial, Naïve, 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir site du Journal officiel lors de sa nomination au grade de chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur
  2. Déclaration faite lors de l'entretien accordé à Nicolas Poincaré dans l'émission Complément d'enquête, hors-série, diffusé sur France 2 le jeudi 27 aout 2015.
  3. LECLERC Michel-Édouard, Du bruit dans le Landerneau, entretien avec Yannick Le Bourdonnec, Albin Michel, 2004 p. 38-39
  4. « Michel-Edouard Leclerc », Les Échos, no 19853,‎ , p. 40
  5. « Adieu notre bac », Paris Match, semaine du 8 au 14 février 2018, pages 26-27.
  6. a et b Pascal Boniface et Marc Verzeroli, « "Distribuer, redistribuer" Entretien avec Michel-Édouard Leclerc », Revue internationale et stratégique, no 97,‎ , p. 7-15 (ISSN 1287-1672, lire en ligne)
  7. a, b et c « Michel-Edouard Leclerc : Président-directeur général de E. Leclerc », sur www.lsa-conso.fr (consulté le 11 septembre 2017)
  8. a, b, c et d Marie-Béatrice Sioufi-Hansen, « Le parler vrai de... Michel Edouard Leclerc », sur Les Entretiens de Valpré,
  9. LSA, entretien d'É. Leclerc, 8 septembre 1978
  10. http://www.michel-edouard-leclerc.com/content/pdf/FR/ressources/textes/Bio_Biblio/MEL_mon_parcours_ma_formation_DBDLL.pdf.
  11. [www.siplec.com/ SIPLEC] : Société d’Importation Pétrolière Leclerc
  12. a et b « Michel-Edouard Leclerc », sur Linéaires,
  13. De la célébrité à l’enseigne : la création de l’Acdlec (1960-1964)
  14. http://www.ina.fr/video/CAB88002111/michel-edouard-leclerc-sur-le-financement-partis-politiques.fr.html
  15. Collard Christophe « performance juridique et avantage concurrentiel. chronique no 2 : le cas des centres É. Leclerc », Petites affiches no 146, 23 juillet 2007
  16. « Forte mobilisation pour l'opération "Nettoyons la nature" », lsa-conso.fr,‎ (lire en ligne)
  17. a et b « Michel-Edouard Leclerc », sur Libre Service Actualités,
  18. Luc Le Vaillant, « Michel-Edouard Leclerc. Au rayon culturel », sur liberation.fr,
  19. http://www.michel-edouard-leclerc.com/wordpress/
  20. a et b Michel-Édouard Leclerc : biographie
  21. Roxana Azimi, « Michel-Edouard Leclerc se rêve en mécène du Finistère », sur Le Monde,
  22. Giorgio Agamben, Michel Butel Maurice Nadeau, « Le livre face au piège de la marchandisation », sur Le Monde,
  23. « Michel-Edouard Leclerc: "J'ai assez d'orgueil pour penser que j'ai du talent" », sur L'Express,