Marie-Andrée Regnard Duplessis de Sainte-Hélène

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Marie-Andrée Regnard Duplessis de Sainte-Hélène
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 72 ans)
QuébecVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Supérieur généralVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Autres informations
Ordre religieux

Marie-Andrée Regnard Duplessis de Sainte-Hélène, née à Paris le et morte à Québec le , fut une annaliste, épistolière et supérieure des hospitalières de l'Ordre des Augustines de la Miséricorde de Jésus[1] de l’Hôtel-Dieu du Précieux Sang de Québec. Elle figure au Répertoire du patrimoine culturel du Québec[2],[3].

Notes biographiques[modifier | modifier le code]

Aînée d’une famille de quatre enfants, elle est la fille de Georges Regnard Duplessis, sieur Duplessis, originaire de la Champagne, et de Marie Le Roy[4],[5],[6].

En 1689, Georges Regnard Duplessis est nommé commis au trésorier de la Nouvelle-France. Sa femme l’accompagne au Canada. « Homme d’ordre et bon chiffreur », Georges Regnard Duplessis obtient vite des promotions. Ainsi, il devient receveur de l’Amiral de France (1698) et trésorier de la Marine royale de France (1699). Deux ans plus tard, conjointement avec René-Louis Chartier de Lotbinière[7], il occupe les fonctions d’agent général et particulier de la Compagnie d'Occident.

Dans le but d'établir un jour sa famille, Georges Regnard Duplessis acquiert, en 1699, la seigneurie de Lauzon au coût de 5 500 livres tournois et devient l'un des seigneurs de la Nouvelle-France. Des revers de fortune l'obligent à vendre cette seigneurie en 1714 pour une somme de 40 000 livres tournois[8],[9].

À leur départ pour le Canada en 1689, le couple Duplessis confie Marie-Andrée aux soins de la grand-mère maternelle, qui habite Chevreuse, près de Paris. « Enfance heureuse, illuminée de charme et de bonté. Toute sa vie portera ce reflet. »[10].

« Je ne me souviens qu'avec beaucoup de joye et de reconnaissance des grandes bontés que ma grande mère a eue pour moy, tout ce qu'elle m'a dit pour mon bien s'est si fort gravé dans mon ame, que je me le rappelle avec plaisir », dira Marie-Andrée quelques années plus tard, qui ajoutera : « La tendresse d'une grande mère passe celle des mères; je l'ay epprouvée, ayant été élevée comme vous savez par une Ste Grande Mère. »

À treize ans, Marie-Andrée est placée chez les Filles de la Croix, rue Saint-Antoine, à Paris, une pension « assez fashionable où résident bon nombre de Dames de toutes conditions, même des Duchesses ». Marie-Andrée y reçoit une excellente instruction[9]. »

Rentrée au Canada[modifier | modifier le code]

En 1702, Marie-Andrée a quinze ans et sa mère fait la traversée en France pour la ramener au Canada, où se trouvaient déjà depuis une dizaine d’années son père, sa sœur Geneviève – qui entrera au monastère de l'Hôtel-Dieu en 1713 sous le nom en religion de Geneviève de l'Enfant-Jésus – et ses frères François-Xavier Duplessis (1694-1771)[11],[3] – missionnaire jésuite né au Canada mais installé en France dès 1716, « sans doute le jésuite d'origine canadienne le plus célèbre de son temps »[12] – et Charles-Denis Regnard Duplessis de Morampont (1704-1759) – qui fit carrière dans les armes et devint grand prévôt de la Maréchaussée le 1er mai 1749[13],[9],[14].

Marie-Andrée Regnard « fit sensation » à Québec. « La chose est plausible puisque, selon un témoin, elle était avantagée de la beauté du corps et d'un grand esprit…. Sa notice nécrologique mentionne qu'elle fut recherchée par plusieurs personnes de condition », écrit le biographe Jean-Pierre Asselin[15].

Noviciat[modifier | modifier le code]

Le 2 juillet 1707, à 20 ans, Marie-Andrée entre au noviciat de l’Hôtel-Dieu de Québec et le 3 janvier 1709, elle y fait profession sous le nom de Sainte-Hélène.

Les Annales[modifier | modifier le code]

De 1718 à 1721, elle devient maîtresse des novices, puis dépositaire des pauvres. C’est durant cette période qu’elle participe à la rédaction des Annales de l’Hôtel-Dieu de Québec 1636-1716[16], avec la mère Jeanne-Françoise Juchereau de la Ferté de Saint-Ignace.

C’est la mère de Saint-Ignace, alitée par la maladie, qui fournit à la mère de Sainte-Hélène les informations sur les événements vécus à l’hôpital et les bouleversements historiques ayant marqué la Nouvelle-France durant ces 80 années, puis elle s’en remet à sa jeune consœur « pour le style, l’ordre, l’économie et la piété ».

« L’ouvrage, resté à l’état de manuscrit jusqu’en 1751, raconte avant tout l’histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec depuis ses débuts mais, à travers le récit, c’est toute l’histoire de la Nouvelle-France qui revit, avec ses hauts et ses bas, avec ses problèmes sociaux et politiques, le tout vu dans la perspective d’une religieuse cloîtrée, cultivée, mais aux horizons forcément limités. Pour ce qui regarde l’histoire de l’Hôtel-Dieu, l’ouvrage offre un tableau exact, voire même [sic] minutieux, de la vie quotidienne des sœurs, de leurs préoccupations en tant que religieuses et hospitalières[9]. »

L'ouvrage sera publié en 1751 par le père Bertrand de la Tour, ancien supérieur de la communauté.

Correspondance[modifier | modifier le code]

À compter de 1718, en même temps qu’elle rédige les Annales, la mère de Sainte-Hélène entreprend une correspondance, jusqu’en 1758, avec Marie-Catherine Homassel-Hecquet, une amie d'enfance résidant à Abbeville, en Picardie. Ces lettres sont, d’une certaine manière, un prolongement des Annales, contenant une foule de faits et gestes touchant l’Hôtel-Dieu et les événements survenus dans la colonie. Elle lui envoie notamment des descriptions des mœurs et usages des Amérindiens. La mère de Sainte Hélène correspond également avec son frère, le jésuite François-Xavier Duplessis, né au Canada en 1692, mais installé en France en 1716[3].

Supériorat[modifier | modifier le code]

La mère de Sainte-Hélène occupe les fonctions de supérieure de la communauté des hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Québec pendant 16 ans au total, soit de 1732 à 1738, de 1744 à 1750, de 1756 à 1760, et d'assistante entre ces périodes[15],[2].

« Selon Julie Roy[17], biographe de la mère de Sainte-Hélène, « En tant que supérieure de l'Hôtel-Dieu, la mère de Sainte-Hélène était une personne en vue dans la bonne société de Québec. Ses relations avec la France ont assuré la survie de l'hôpital et garanti l'autorité des hospitalières sur leur fondation. Ses contemporains vantent ses qualités de moniale et d'administratrice, mais plus particulièrement ses talents littéraires. Elle a cependant été négligée par les historiens jusqu'à la première moitié du XXe siècle, au cours de laquelle une partie de sa correspondance a été publiée et sa responsabilité dans la rédaction de l'Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec a été reconnue[3]. »

Elle est décédée à l'Hôtel-Dieu de Québec le 23 janvier 1760. Avec elle, disparaît la dernière religieuse de l’Hôtel-Dieu née en France.

Dans sa lettre de condoléances adressée à la communauté, le vicaire géréral Jean-Olivier Briand loue « sa douceur, sa débonnaireté, sa prudence, sa modestie, son humilité, son amour pour la prière, sa mortification, sa régularité et fidélité entière à tout, même dans les plus petites choses »[15].

Note : Dans les références citées dans cet article, « DBC » est l’abréviation du Dictionnaire biographique du Canada (en ligne).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Fonds d'archives[modifier | modifier le code]

« Transcription de lettres de sœur Marie-Andrée Duplessis de Sainte-Hélène (Archives Ville de Montréal) » (consulté le 1er mars 2015)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Édition critique établie par le R. P. Dom Albert Jamet, bénédictin, du prieuré de Saint-Benoît-du-Lac (Memphrémagog). Né le 6 février 1883 à Vouvray (onze kilomètres de Tours) et décédé le 24 août 1948 à l’Hôtel-Dieu de Québec[18].

Références[modifier | modifier le code]