Marc Renneville

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Marc Renneville est un historien français, spécialisé sur l'histoire des sciences en rapport avec la justice et fondateur de Criminocorpus

Biographie[modifier | modifier le code]

Membre du centre Alexandre-Koyré. Histoire des sciences et des techniques (CNRS UMR 8560)[1] et directeur du CLAMOR Centre pour les humanités numériques et l'histoire de la justice [2], Marc Renneville a été maître de conférences au département d'Histoire de l'université Paris-VIII (1998-2001) à Saint-Denis[3] puis directeur à Agen du Centre Interdisciplinaire de Recherche Appliquée au Champ Pénitentiaire (CIRAP). En 2004, il organise avec le professeur Massimo Borlandi la donation de la bibliothèque du sociologue Gabriel Tarde à l'École nationale d'administration pénitentiaire[4] et le dépôt de ses manuscrits (notes de lecture, correspondance...) aux archives du Centre d'histoire de Sciences Po ainsi qu'un colloque inaugural sur l’œuvre criminologique de Gabriel Tarde[5] . Chargé de recherches au ministère de la Justice (direction de l'administration pénitentiaire (2008-2013) [6] et chercheur associé au Centre d'Histoire de Sciences Po[7], il a créée en 2005 la plateforme de publication Criminocorpus. Il a dirigé à sa création en mars 2013, la Très Grande Infrastructure de Recherche (TGIR)[8] Huma-Num dédié aux humanités numériques. Il dirige depuis septembre 2015 une nouvelle unité de service mixte du CNRS et du ministère de la justice : le CLAMOR [9].

Travaux[modifier | modifier le code]

Sa recherche initiale (thèse, 1996) porte sur le mouvement de médicalisation de la criminalité en France au XIXe siècle, dont la phrénologie est la première théorie. Tout en affirmant que ce mouvement est partiel et controversé, il y voit la matrice des théories de la criminologie de la fin du XIXe siècle ainsi que la caution scientifique d'un imaginaire de "sales têtes" [10] qui s'est largement diffusé dans la culture occidentale, à travers la presse illustrée et les films de fiction. Ses travaux sur le mouvement phrénologique en France ont fait l'objet d'un premier livre[11] dans le prolongement de Georges Lanteri-Laura puis d'un livre retraçant l'évolution des rapports complexes entre le crime et la folie du XIXe siècle aux années 1950 (théories scientifiques, responsabilité pénale, affaires criminelles). Tout en poursuivant ses recherches historiques sur les sciences du crime et du criminel (histoire de la criminologie, Gabriel Tarde, Alexandre Lacassagne, Cesare Lombroso, monstre criminel [12], pathologie du suicide...) et l'histoire des peines en recueillant les souvenirs du dernier surveillant militaire des bagnes de Guyane[13], il s'est orienté depuis le début des années 2000, dans le domaine des humanités numériques avec la création de la plateforme Criminocorpus qui a abouti en 2016 à l'ouverture du premier musée d'histoire de la justice nativement numérique dans le but de "s'adresser à un plus large public pour contribuer à une meilleure connaissance partagée de l’histoire méconnue de la justice, des crimes et des peines" [14]. En 2010, il réalise avec l'anthropologue Jean Arlaud [15] une visite filmée de l'ancienne maison d'arrêt du Havre [16] qui servira de modèle à la visite virtuelle de la maison d'arrêt de Paris La Santé, réalisée à l'occasion de la fermeture de cette prison, en 2014, pour travaux [17]. En 2014, il signe la tribune "Les prisons font aussi partie de notre patrimoine" [18]. Ses recherches s'orientent depuis quelque années sur le patrimoine judiciaire et la rationalité de l'enquête judiciaire. A l'occasion du déménagement d'une partie du palais de Justice dans dans la nouvelle Cité judiciaire de Paris située dans le 17e arrondissement, il a proposé la création d'un musée d'histoire de la justice et de la sécurité au 36 quai des Orfèvres[19].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Crime et folie : Deux siècles d'enquêtes médicales et judiciaires, Fayard, 2003, 526 p.
  • Le Langage des crânes : Une histoire de la phrénologie, Les empêcheurs de penser en rond, 2000. Prix "meilleur ouvrage" de la Société française d'histoire de la médecine. Préface de Georges Lanteri-Laura
  • Gabriel Tarde, La criminalité comparée Marc Renneville (préface et postface à la réédition), Les Empêcheurs de penser en rond, 2004
  • La médecine du crime. Essai sur l'émergence d'un regard médical sur la criminalité en France (1785 - 1885), Presses universitaires du Septentrion, 1997

Articles[modifier | modifier le code]

Sélection (extrait de HAL-SHS)

  • avec T. Laugée, Les monstres sont parmi nous, Revue de la BnF, n°56, 2018
  • Le suicide est-il une folie ? Les lectures médicales du suicide en France au XIXe siècle. Criminocorpus, revue hypermédia, 2018 (en ligne)
  • « Que tout change pour que rien ne change ? Aux origines de la judiciarisation de l’exécution des peines en France (1789-1958) », Criminocorpus, 2013 En ligne
  • « La psychiatrie légale dans le projet de réforme du code pénal français (1930-1938) » in J. Arveiller (dir.), Psychiatries dans l’histoire. Actes du 6e congrès de l’Association européenne pour l’histoire de la psychiatrie, Presses universitaires de Caen, 2008, p. 385-405. texte en ligne
  • « The French Revolution and the Birth of Criminology » in P. Becker and R. Wetzell (Eds.), The criminal and His Scientists : A new History of Criminology, Cambridge University Press, 2006, p. 25-41.
  • « Le criminel-né de Cesare Lombroso : imposture ou réalité ? » in Criminocorpus, Autour des Archives de l’anthropologie criminelle, 2005. texte en ligne
  • Avec Laurent Mucchielli, « Les Causes du suicide : Pathologie individuelle ou sociale ? Durkheim, Halbwachs et les psychiatres de leur temps (1830-1930) », Déviance et société, 1998, vol. 22, n° 1, pp. 3–36. Texte en ligne.
  • « La réception de Lombroso en France (1880-1900) » in L. Mucchielli (Ed), Histoire de la criminologie française, Paris, L’Harmattan, 1995, p. 107-135.
  • « Alexandre Lacassagne : Un médecin-anthropologue face à la criminalité (1843-1924) », Gradhiva (Revue d’histoire et d’archives de l’anthropologie), 1995, n° 17, p. 127-140.
  • « L’anthropologie du criminel en France », Criminologie (Acta criminologica), vol. XXVII, septembre 1994, n° 2, p. 185-209. Texte en ligne

Prix[modifier | modifier le code]

  • "Meilleur ouvrage" de la Société française d'histoire de la médecine pour "Le langage des crânes. Une histoire de la phrénologie" (2000)[20].

Références[modifier | modifier le code]

  1. page sur le site du centre A. Koyré
  2. Page sur le site CLAMOR
  3. notice BNF
  4. Louise Salmon, Le laboratoire de Gabriel Tarde. Des manuscrits et une bibliothèque pour les sciences sociales, CNRS Editions, 2014, p. 68
  5. Nouvelles du réseau Droit européen et société. [1]
  6. HIstoire des sciences et justice pénale. Site de Marc Renneville [2]
  7. page de présentation sur le site du Centre d'Histoire de Sciences Po
  8. Les TGIR sont des structures décidées par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche et mise en œuvre par les établissements de recherche et d'enseignement supérieur [3]
  9. Le renouvellement de l'histoire du droit et de la justice à travers le CLAMOR dans Thomas Clay, Bénédicte Fauvarque-Cosson, Florence Renucci et Sandrine Zientara-Logeay. États généraux de la recherche sur le droit et la justice, LexisNexis, 2018, pp. 221-232
  10. "Les sales têtes. Un documentaire original sur le délit de faciès" (réal. Davide Tosco, distribution Films d'Ici/Arte) [4]
  11. Le langage des crânes. Une histoire de la phrénologie, Les Empêcheurs de Penser en Rond, 2000
  12. « Quand la folie meurtrière fait son cinéma. De Nosferatu au tueur sans visage » in Criminocorpus, Crimes et criminels dans le cinéma de fiction, 2007. texte en ligne
  13. (avec Philippe Poisson), « Surveillant militaire, j’ai vu la fin du bagne ». Entretien avec Émile Demaret in Criminocorpus, Les bagnes coloniaux, 2006. texte en ligne
  14. DALLOZ Étudiant Actualité (19 avril 2018)
  15. Jean Arlaud (1938-2013), professeur d'anthropologie visuelle à l'université Paris 7
  16. Visite de l'ancienne prison du Havre (sur Criminocorpus)
  17. Visite de la prison de la Santé à Paris
  18. Sonya Faure, Les prisons font aussi partie de notre patrimoine, Libération (18 septembre 2014)
  19. Pour un musée d'histoire de la justice et de la sécurité au 36 quai des Orfèvres article publié le 19 décembre 2016 sur le blog Criminocorpus
  20. [5]Page des lauréats sur le site de la SFHM

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]