Humanités numériques

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Exemple de recherche en humanités numériques : répertoire d'archives[1] sous forme d'analyse de réseau de métadonnées.

Les humanités numériques[2] sont un domaine de recherche, d'enseignement et d’ingénierie au croisement de l'informatique et des arts, lettres, sciences humaines et sciences sociales.

Elles se caractérisent par des méthodes et des pratiques liées à l'utilisation des outils numériques, en ligne et hors ligne, ainsi que par la volonté de prendre en compte les nouveaux contenus numériques, au même titre que des objets d'étude plus traditionnels.

Les humanités numériques s'enracinent souvent d'une façon explicite dans un mouvement en faveur de la diffusion, du partage et de la valorisation du savoir.

Définition[modifier | modifier le code]

Manifeste des Digital Humanities (2010)

Les humanités numériques peuvent être définies comme l'application du « savoir-faire des technologies de l'information [et de l'informatique/infosciences] aux questions de sciences humaines et sociales »[3]. Cette vision ne doit pas éclipser le dialogue entre les disciplines : il ne s'agit pas uniquement d'une mise à disposition d'outils dans les champs des sciences humaines, mais d'un mouvement fédérateur – la métaphore du « grand chapiteau » met en valeur le fait que cette communauté se pense comme extrêmement accueillante[4] –, qui vise à renouveler les pratiques savantes et leur épistémologie, tout en réconciliant la recherche et la demande sociale.

Dans l'espace francophone, une proposition de définition a été élaborée par les participants du THATCamp (en) Paris de mai 2010 sous la forme d'un « Manifeste des digital humanities »[5] :

« 1. Le tournant numérique pris par la société modifie et interroge les conditions de production et de diffusion des savoirs.

2. Pour nous, les digital humanities concernent l'ensemble des sciences humaines et sociales, des arts et des Lettres. Les digital humanities ne font pas table rase du passé. Elles s’appuient, au contraire, sur l’ensemble des paradigmes, savoir-faire et connaissances propres à ces disciplines, tout en mobilisant les outils et les perspectives singulières du champ du numérique.

3. Les digital humanities désignent une transdiscipline, porteuse des méthodes, des dispositifs et des perspectives heuristiques liés au numérique dans le domaine des sciences humaines et sociales. »

Les Non-actes de la non-conférence en humanités numériques[6] du THATCamp Paris de septembre 2012 témoignent de la poursuite de cet effort de définition interdisciplinaire.

Il arrive que les humanités numériques soient assimilées à l'« humanisme numérique » que propose Milad Doueihi dans Pour un humanisme numérique (2011).

Terminologie[modifier | modifier le code]

La traduction exacte de l'anglais digital humanities est « humanités numériques », adopté par la plupart des institutions francophones. Le terme « numérique » rattache le terme au fondement théorique et matériel de l'informatique actuelle, à savoir la représentation binaire des données. Il inscrit ce champ dans les transformations à la fois technologiques, intellectuelles et institutionnelles de nos sociétés.

Dans la désignation du champ, les discussions sur la référence aux humanités, terme désuet qui connaît un renouveau, témoignent de la très grande diversité des cultures académiques nationales. L'Office québécois de la langue française propose le terme "sciences humaines numériques"[7].

Le terme « humanités digitales » est un anglicisme car l'adjectif « digital » désigne quelque chose « qui appartient aux doigts » (Le Petit Robert 2016). Le terme est néanmoins parfois utilisé, en France et en Suisse[8]. Lorsqu'il s'agit d'un choix conscient, cet usage est notamment justifié par le fait que « nous entrons en contact avec les humanités digitales avec les doigts »[9]. Une telle dénomination rejoint la réactivation occasionnelle du sens premier de digital en anglais[10] et les hésitations du français face au développement de l'informatique après la Seconde Guerre mondiale, qui était largement le fait des pays anglophones[11]. Elle met surtout au premier plan le renouvellement des supports et des pratiques. De fait, l'interpénétration de la pratique et de la théorie est un thème constant des humanités numériques, indépendamment des termes employés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le jésuite italien Roberto Busa est souvent cité comme un père fondateur pour son travail au long cours sur les œuvres complètes de Thomas d'Aquin, fondé sur l'élaboration de concordances[12]. Cette histoire est sans doute plus complexe avec une multiplicité d'influences et d'origines[13].

Les humanités numériques ont pris le relais de ce que l'on nommait Humanities Computing, sciences humaines assistées par l’ordinateur. Certains champs disciplinaires ont tout particulièrement utilisé des outils informatiques dans l’analyse de corpus, notamment l'étude des textes littéraires anglais. La liste de diffusion par courrier électronique Humanist, créée en 1987 par Willard McCarty, est devenue une sorte de « séminaire électronique » permanent. Cette époque est également celle de tentatives d'inventaires, comme le Humanities Computing Yearbook.

L’expression Digital Humanities est forgée durant la préparation de l’ouvrage A Companion to Digital Humanities[14] (2004), qui popularise le terme en rappelant qu'il ne s'agit pas d'une simple numérisation (la maison d'édition leur avait proposé de parler de « digitized humanities », ou « humanités numérisées »)[15].

Parmi les manifestations emblématiques des humanités numériques, on peut citer la conférence annuelle Digital Humanities ou le Day of DH.

Champs et disciplines concernés[modifier | modifier le code]

Bien que certains établissements français proposent des enseignements universitaires dans les Humanités numériques (EHESS, École de Mines de Nancy...), celles-ci ne sont pas encore reconnues en France par le Conseil national des universités[16], mais sont "en bonne voie d’institutionnalisation dans le monde académique, où [elles tendent] à redéfinir les contours disciplinaires établis dans les facultés des universités"[17].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire numérique.

Bien que marquées par le rejet de certains traits de l'histoire quantitative[18], les disciplines historiques font la part belle aux outils numériques, en particulier aux bases de données. Plus récemment, de nouvelles perspectives s'y dessinent, grâce à l'analyse des réseaux, à leur visualisation mais aussi à l'analyse de texte (text mining) et à la fouille de données (data mining), qui permettent d'approcher les sources dans leur globalité par une distant reading ou lecture distanciée[19], souvent avec l'aide de procédés de visualisation (et/ou représentation graphique de données statistiques). En outre, au croisement de la public history et des Humanités numériques, on trouve de nombreux projets dits de valorisation (ou vulgarisation dans un sens noble) utilisant des outils numériques et à destination d'un large public[20].

Littérature et linguistique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Linguistique informatique.
Une capture d'écran de Voyant Tools, appliquée au corpus du Manifeste des digital humanities (sans stopwords)

Précoces dans l'appropriation des technologies numériques, les linguistes ne s'arrêtent pas au text mining (fouille de textes), mais exploitent également leurs corpus textuels avec les outils de lexicométrie, textométrie ou logométrie ainsi que du topic modelling (modélisation des thèmes), de l'attribution automatique des textes (hypothèses sur les auteurs) et de l'analyse de réseaux d'occurrences dans la littérature. Des logiciels très perfectionnés et accessibles pour les chercheurs en SHS, comme Hyperbase, Iramuteq, Lexico ou TXM permettent de décrire et de modéliser les textes en alliant approche qualitative (moteur de recherche, concordanciers, navigation hypertextuelle) et approche quantitative (statistique textuelle, index fréquentiel, calcul des cooccurrences, réseaux, analyse factorielle des correspondances, etc.). Voyant Tools[21] fait partie des outils mis à disposition par la communauté des humanités numériques pour explorer et représenter des textes.

Sociologie[modifier | modifier le code]

Dès les années 1970, la sociologie s'intéresse à l'informatisation (du travail, du domicile) et aux nouvelles technologies de communication (Minitel, Internet, messagerie électronique). La revue Réseaux[22], créée en 1982, se penche sur les usages des technologies de mass média et de l'informatique. Au début des années 2000, la sociologie est, globalement, prise de court par le surgissement des réseaux numériques, et du Web en particulier, obligeant à prendre en compte une nouvelle catégorie générique d'acteurs, les internautes. Dans le domaine des science and technology studies, les recherches portent aussi sur la conception et la mise en œuvre des technologies numériques, y compris l'étude sociale des logiciels et protocoles informatiques. La notion d'humanités numériques ne s'impose toutefois pas facilement dans les sciences sociales, du moins dans un premier temps, puisque pour établir la scientificité de leurs disciplines la plupart des sociologues ont cherché à rompre avec la tradition herméneutique des sciences humaines, parfois au profit d'une conception autonome du social. Depuis, la sociologie s'est intéressée à de multiples aspects des mondes numériques, tant du point de vue des usages des TIC que des outils d'analyse des réseaux (branche de la sociologie depuis les années 1930, s'exprimant notamment dans la revue Social Networks[23] (créée en 1979) et des formes d'expression en ligne. La scientométrie (voir la revue Scientometrics[24]) a intégré l'analyse des réseaux sociaux et sémantiques en sciences depuis les années 1980, puis la webométrie dans les années 2000. La sociologie des sciences étudie aussi les transformations en cours dans les sciences humaines et les institutions culturelles liées à l'utilisation des technologies numériques[25].

Arts et histoire de l'art[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Art numérique.

L'art numérique, n'est pas le seul exemple d'apport du numérique dans la discipline. En plus de renouveler les productions artistiques, cet outil offre de nouvelles possibilités à l'étude de l'art, en particulier en ce qui concerne la numérisation d'œuvres ou de photographies, les technologies de datation, etc.

Design[modifier | modifier le code]

Le design, en tant que mode de réflexion fondé sur la pratique du projet et l'élaboration de prototypes, permet de concevoir et d'analyser les opérations et environnements qui structurent les discours et les idées en sciences humaines et sociales à l'ère numérique. En tant que « pensée-par-la-pratique »[26], il permet de faire dialoguer des problématiques théoriques avec leur implémentation sous la forme d'outils, d'objets ou de systèmes inédits.

Au-delà d’une simple technique « créative » au service de la conception d’outils numériques innovants pour les chercheurs, le design est considéré par certains, tant aux États-Unis[27] qu'en France[28], comme une méthode intellectuelle relevant pleinement des humanités numériques car il peut consister, par la production de projets et de prototypes, à animer la réflexion sur la nature des savoirs à l’ère numérique et à interroger la manière dont les formes rhétoriques émergentes permises par les environnements numériques remodèlent les connaissances, en vue de faire des Humanités Numériques une « pratique générative », c’est-à-dire « un type de pratique qui repose sur des cycles rapides de prototypage et de test »[29].

La rencontre entre design et humanités numériques, encore peu analysée en Europe bien que déjà expérimentée dans certains laboratoires[30] et objet de recherche dans le champ de la recherche en design[31], est la raison d'être de plusieurs laboratoires nord-américains tels que le « Humanities + Design lab » de l’université Stanford[32] ou l'HyperStudio du MIT[33].

Théologie et sciences des religions[modifier | modifier le code]

La théologie a une sensibilité particulière pour la thématique du livre et des liens entre support d'écriture et expression des idées[34].

Parmi les champs de la théologie, le Nouveau Testament rencontre la culture numérique notamment à travers l'étude des manuscrits. On relèvera entre autres le travail d'édition numérique des manuscrits du Nouveau Testament en cours à l' Institute for Textual Scholarship and Electronic Editing[35], à l' Institut für neutestamentliche Forschung[36] et au Center for the Study of the New Testament Manuscripts[37].

Sciences de l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Les humanités numériques ont révolutionné le champ des études de l'Antiquité et de l'archéologie avec notamment la numérisation de la littérature antique grecque dans le Thesaurus Linguae Graecae (TLG) ou bien de la littérature antique latine dans le Thesaurus Linguae Latinae (TLL). Désormais toute une immense bibliothèque est à la disposition du chercheur qui connaît le grec ou le latin. Par ailleurs, la base de donnée Pinakes de l'IRHT permet d'avoir une information sur le contenu de tous les manuscrits grecs de par le monde.

Géographie[modifier | modifier le code]

Exemple de carte produite par un SIG

En géographie, l'émergence des systèmes d'information géographique[38] (SIG) depuis les années 1960 a entraîné de profondes évolutions de la discipline.

Ces systèmes assurent les six fonctions suivantes (parfois désignées comme « les 6 A ») :

  • saisie des informations géographiques sous forme numérique (acquisition)
  • gestion de bases de données (archivage)
  • manipulation et interrogation des données géographiques (analyse)
  • mise en forme et visualisation (affichage)
  • représentation du monde réel (abstraction)
  • prospective (anticipation)

Secteurs concernés[modifier | modifier le code]

Archivistique[modifier | modifier le code]

Répertoire d'un fonds d'archives visualisé sous la forme d'un réseau.

Succédant au classement par index de fiches et répertoires papier, la base de données relationnelle est en passe de révolutionner le travail des institutions d'archives comme celui des chercheurs amenés à les consulter. Modification organisationnelle, la « rétronumérisation » des documents est également porteuse de perspectives intéressantes. Pour les archives, le grand défi numérique, en particulier dans les administrations publiques dont elles sont la mémoire, est de mettre au point des procédures et des infrastructures de sélection et d'archivage des documents numériques « natifs »[39], dont la croissance est exponentielle.

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

La numérisation progressive de la documentation gérée par les bibliothèques modifie en profondeur le milieu dans lequel elles travaillent. Cela a débouché sur le concept de learning centers et sur la mise en place de stratégies favorables à l'open access. C'est ainsi que la bibliothèque de l'université de Liège est à l'origine de l'archive ouverte ORBI. La Bibliothèque nationale de France a fait évoluer le dépôt légal classique en « dépôt légal électronique » : elle aspire et archive une partie du Web pour permettre des études historiques du Web par les historiens du futur[40].

Documentation[modifier | modifier le code]

L'explosion des données numériques (en particulier les données nativement numériques : capteurs photos, 2D, 3D, 4D, SMS, tweets, etc.) a profondément touché les centres de documentation gérant ces données. De centres de documentation classiques, proche des bibliothèques, ils se transforment en centres de données numériques gérant la plupart du temps des dispositifs de traitement de l'information scientifique et technique (IST). L'IST est au cœur des enjeux concernant la gestion, l'accès, l'archivage des données de la recherche en particulier en SHS[41].

Édition électronique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : édition électronique.

Dans le domaine de l'édition, le numérique a d'abord introduit la publication assistée par ordinateur, dans les années 1980, puis la diffusion sur le Web. La diffusion sur le web a ouvert des perspectives nouvelles, regroupées sous le nom d'édition électronique[42], notamment dans les domaines suivants :

  • diffusion élargie des contenus, ce qui a été appelé le « canon à idées » [43];
  • diffusion en accès ouvert [44],[45],
  • développement de formes collaboratives d'écriture,
  • développement de formes de communication scientifique directe (archives ouvertes, carnets de recherches),

L'édition électronique est un nouveau champ qui couvre l'édition de livres et d'articles, d'une part, et l'édition critique, d'autre part. Les Humanités numériques sont, depuis l'origine, fortement marquées par l'édition critique.

Visualisation[modifier | modifier le code]

La visualisation est un des secteurs les plus dynamiques en humanités numériques. Celle-ci permet de produire de nouvelles formes de représentation des mécanismes étudiés. C'est le cas pour l'analyse de réseaux sociaux, pour la cartographie, pour la représentation des textes.

Une discipline ?[modifier | modifier le code]

Une question diversement résolue selon les lieux et les moments est la vocation des humanités numériques à se constituer en discipline. Certains acteurs considèrent que le champ, qui possède ses propres institutions et ses instances de légitimation, doit s'autonomiser, tandis que d'autres l'envisagent comme nécessairement transdisciplinaire.

Événements[modifier | modifier le code]

THATCamp[modifier | modifier le code]

THATCamp (The Humanities and Technology Camp) sont des « non-conférences », c'est-à-dire des rencontres informelles et non hiérarchisées, à l'opposé du modèle canonique du colloque universitaire. Les THATCamp sont nés à Washington (université George Mason) et sont devenus un réseau d'événement regroupant localement les membres des Humanités numériques. Le programme des Camp est en général décidé au début de l'événement, sur proposition des participants, suivi d'un vote. Des ateliers très courts ont ensuite lieu sur les sujets proposés. THATCamp Paris[46] (2010, puis 2012) a été le premier THATCamp européen. Il a été suivi très rapidement par Cologne et Londres, puis Gand[47] Göttingen[48], etc[49].

Day of DH[modifier | modifier le code]

"Day of DH" est une initiative de Geoffrey Rockwell qui a ensuite été confiée à Centernet. Le 18 mars, les membres de la communauté des Humanités numériques se regroupent pour décrire leur journée dans un site commun. Ils répondent à une question simple, qui consiste à décrire leur travail. Des recherches peuvent ensuite être menées sur ce corpus. On peut considérer "Day of DH" autant comme un dispositif ayant vocation à conforter l'identité collective des spécialistes des humanités numériques que comme un instrument pédagogique ayant pour vocation de montrer à l'extérieur la réalité de ce nouveau métier. À l'origine, "Day of DH" était anglophone[50]. Il s'ouvre, depuis, à d'autres langues[51].

Institutions[modifier | modifier le code]

L'Alliance of Digital Humanities Organisations[52] est notamment responsable de l'organisation annuelle du colloque international Digital Humanities.

Après les initiatives de plusieurs autres communautés linguistiques depuis 2011, l'association francophone des humanités numériques Humanistica[53], siégeant à Bruxelles, a été officiellement créée en 2014. Le THATCamp de Saint-Malo[54] (octobre 2013) avait en effet nommé un comité de constituants[55] chargé de rédiger des statuts et convoquer une assemblée générale constitutive le 8 juillet 2014 à Lausanne[56].

L'une des tâches de cette association est de rassembler la communauté de pratiques des humanités numériques et de recenser les activités en cours dans le domaine francophone, en s'appuyant sur les premiers inventaires disponibles[57].

Institutions francophones[modifier | modifier le code]

Institutions bilingues[modifier | modifier le code]

  • Canadian Society for Digital Humanities / Société canadienne des humanités numériques (CSDH/SCHN), l'association canadienne, membre d'ADHO et responsable de la revue savante Digital Studies / Le champ numérique.

Institutions non francophones[modifier | modifier le code]

Institutions hispanophones[modifier | modifier le code]

  • Humanidades Digitales Hispánicas. Sociedad Internacional (HDH)[59]
  • Red de Humanidades Digitales de México[60]

Institutions lusophones[modifier | modifier le code]

  • Associação das Humanidades Digitais - AHDIG[61]

Institutions italianophones[modifier | modifier le code]

  • Fondazione Rinascimento Digitale - Nuove Tecnologie per i Beni Culturali[62]
  • Associazione per l’informatica umanistica e la cultura digitale - Umanistica digitale[63]

Institutions anglophones[modifier | modifier le code]

  • Roy Rosenzweig Center for History and New Media, Université George Mason, États-Unis.
  • Maryland Institute for Technology in the Humanities (MITH), Université du Maryland, États-Unis.
  • Digital Humanities Center, Université Columbia, New York, États-Unis.
  • E-Research Centre, Université d'Oxford, Royaume-Uni.
  • Oxford Internet Institute, Université d'Oxford, Royaume-Uni.
  • Department of Digital Humanities, King's College de Londres, Royaume-Uni.
  • UCL Centre for Digital Humanities, University College London, Royaume-Uni.

Infrastructures européennes[modifier | modifier le code]

  • Digital research infrastructure for the Arts and Humanities (DARIAH)[64]
  • Common language ressources and technology infrastructure (CLARIN)[65]
  • European Social Survey (ESS)[66]
  • Council of European Social Science Data Archives (CESSDA)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

  • Digital Studies / Le champ numérique[67]
  • Journal of Digital Humanities[68]
  • Digital Humanities Quarterly[69]
  • Journal of the Text encoding initiative[70]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Sur les Humanités numériques[modifier | modifier le code]

  • (en) Susan Schreibman, Ray Siemens et John Unsworth, A Companion to Digital Humanities, Wiley-Blackwell,‎ (ISBN 1405168064)
  • Milad Doueihi, Pour un humanisme numérique, Seuil,‎ , 244 p.
  • Damon Mayaffre, Vers une herméneutique matérielle numérique. Corpus textuels, Logométrie et Langage politique, thèse d'Habilitation à diriger des recherches, 3 vol., 565 p., sous la dir. de S. Mellet, 2010, Université de Nice[71]
  • Pierre Mounier (dir.). Read/Write Book 2 : Une introduction aux humanités numériques. Nouvelle édition [en ligne]. Marseille : OpenEdition Press, 2012[72] ISBN 9782821813250.
  • THATCamp Paris 2012 : Non-actes de la non-conférence des humanités numériques. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2012 (généré le 27 octobre 2013)[73].
  • Informatica umanistica. Dalla ricerca all’insegnamento, a cura di Fiormonte D. Bulzoni, 2003.
  • Fiormonte, Domenico, Teresa Numerico, et Francesca Tomasi. L’umanista digitale. Il Mulino, 2010.
  • Claire Brossaud, Bernard Reber (dir), Humanités numériques, volume 1 : Nouvelles technologies cognitives et épistémologie, Hermès-Lavoisier, 2007.
  • Claire Brossaud, Bernard Reber (dir), Humanités numériques, volume 2 : Socio-informatique et démocratie cognitive, Hermès-Lavoisier, 2007.
  • Cultures du numérique, Communications, no 88, 2011/1[74]
  • Alain Guerreau, Statistiques pour historien, École nationale des chartes, Paris, 2004[75]
  • Frédéric Clavert et Serge Noiret, L'Histoire contemporaine à l'ère numérique, Bruxelles, Peter Lang,‎ (lire en ligne)
  • Jean-François Gleyze, Matières à écrire. Mémoire de fin d’études du cycle de créateur industriel sous la direction de Catherine Ramus, ENSCI – Les Ateliers, Paris, 384 p., 2014[76]

Il existe des groupes Zotero publics réunissant divers types de références sur les Humanités numériques[77].

Sur l'open access[modifier | modifier le code]

  • Peter Suber, Open Access, MIT Press, 2012[78]
  • Willinsky, John (2006). The Access Principle: The Case for Open Access to Research and Scholarship . MIT Press. ISBN 9780262512664.

Méthodes[modifier | modifier le code]

  • Groupe Chadule, Initiation aux pratiques statistiques en géographie, Armand Colin, 1999.
  • Claire Lemercier, Claire Zalc, Méthodes quantitatives pour l'historien, La Découverte, 2008.
  • Régis Caloz, Claude Collet, Analyse spatiale de l'information géographique, PPUR, 2011.
  • Francis Chateauraynaud, Prospéro : Une technologie littéraire pour les sciences humaines, CNRS Éditions, 2003.
  • P5: Guidelines for Electronic Text Encoding and Interchange, TEI consortium, 2007-2013[79]

Disciplines[modifier | modifier le code]

  • Serge Abiteboul. Sciences des données : de la logique du premier ordre à la Toile : Leçon inaugurale prononcée le jeudi 8 mars 2012. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Collège de France, 2012 (généré le 27 octobre 2013)[80] ISBN 9782722601710.

Professions liées au numérique[modifier | modifier le code]

  • Guylaine Beaudry, Profession bibliothécaire, Presses universitaires de Montréal, août 2012, 72 pages.
  • Marin Dacos (dir.). Read/Write Book : Le livre inscriptible. Nouvelle édition [en ligne]. Marseille : OpenEdition Press, 2010[81] ISBN 9782821809529.

Questions posées par le numérique à la société[modifier | modifier le code]

  • Dominique Cardon, La démocratie internet. Promesses et limites, Paris, Seuil, 2010.
  • Philippe Aigrain, Cause commune : l’information entre bien commun et propriété, Fayard et Publie.net, 2013[82]
  • Philippe Aigrain, Sharing. Culture and the economy in the internet age, Amsterdam university press, 2011, 244 p[83].
  • Melanie Dulong de Rosnay, Juan Carlos De Martin. The Digital Public Domain : Foundations for an Open Culture. Nouvelle édition [en ligne]. Cambridge : Open Book Publishers, 2012 (généré le 27 octobre 2013)[84]
  • Pierre-Jean Benghozi, Sylvain Bureau et Françoise Massit-Folléa. L’Internet des objets : Quels enjeux pour l’Europe. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009 (généré le 27 octobre 2013)[85] ISBN 9782735115877.
  • Ayse Ceyhan (dir.) et Pierre Piazza (dir.). L’identification biométrique : Champs, acteurs, enjeux et controverses. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2011 (généré le 27 octobre 2013)[86] ISBN 9782735115938.
  • Milad Doueihi, La grande conversion numérique suivie de Rêveries d'un promeneur numérique, édition du Seuil, 2011.
  • Milad Doueihi, Qu'est ce que le numérique?, édition Hermann, 2013.
  • Jean-Paul Fourmentraux (dir.), L'ère Post-Media. Humanités digitales et cultures numériques, Hermann, coll. Cultures Numériques, 2013.
  • Boris Beaude, Internet, changer l'espace, changer la société, FYP éditions, 2012.
  • Bernard Stiegler (dir), Digital Studies. Organologie des savoirs et technologies de la connaissance, FYP éditions, 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bibliothèque de l'Office des Nations Unies à Genève, Archives de la Société des Nations, Fonds de la Commission internationale de coopération intellectuelle.
  2. L'anglicisme « humanités digitales » de l'anglais digital humanities est parfois aussi utilisé bien que l'adjectif « digital » désigne quelque chose « qui appartient aux doigts » (Le Petit Robert 2016). À noter qu'il est également courant d'utiliser l'expression anglophone digital humanities et son abréviation DH en français.
  3. Olivier Dessibourg, « Venise, machine temporelle », Selon Frédéric Kaplan, professeur en humanités numériques à l'École polytechnique fédérale de Lausanne, Le Temps, no 4538, samedi 23 février 2013, pages 17-18.
  4. William Pannapacker, « Big Tent Digital Humanities » (page consultée le 8 mars 2013).
  5. « Manifeste des digital humanities »
  6. « Non-actes de la non-conférence en humanités numériques » (page consultée le 9 octobre 2012).
  7. « Sciences humaines numériques dans Le grand dictionnaire terminologique (Québec) », sur gdt.oqlf.gouv.qc.ca (consulté le 29 août 2015)
  8. Plus précisément, deux entités institutionnelles ont adopté ce terme dans leur titre : l'Institut des humanités digitales de Bordeaux et le Laboratoire de cultures et humanités digitales de l'université de Lausanne
  9. Claire Clivaz, « « Humanités digitales » : mais oui, un néologisme consciemment choisi ! », 13 septembre 2012.
  10. Pour un exemple ludique et provocateur, voir Jeffrey Schnapp, Todd Presner et UCLA Digital Humanities & Media Studies, Digital Humanities Manifesto 2.0, 2009.
  11. Voir numérique.
  12. Aujourd'hui, en France, un chercheur comme Étienne Brunet (linguiste) avec son logiciel de traitement Hyperbase et l'analyse lexicométrique de l'ensemble de la littérature française de Ronsard à Le Clézio représente la puissance créatrice de la littérature numérique.
  13. Le Deuff, Olivier, Le temps des humanités digitales, Limoges, FYP éditions,‎ , 174 p. (ISBN 978-236405-122-5)
  14. Schreibman, Siemens et Unsworth 2008
  15. Voir Digital Humanities.
  16. « Liste des sections CNU », sur Conseil national des universités,‎ s.d. (consulté le 12 septembre 2014)
  17. Darbellay, Frédéric, « Les Digital Humanities: vers une interdisciplinarité 2.0? », EDP Sciences, Natures Sciences Sociétés, no vol.20,‎ 2012/13, p. 269-270 (ISSN 1240-1307, lire en ligne)
  18. Claire Lemercier et Claire Zalc, Méthodes quantitatives pour l'historien, Paris, La Découverte, 2008, 120p.
  19. Franco Moretti, "Distant Reading", Verso, 2013, 224p.
  20. Voir: Noiret, Serge. "Digital history 2.0" in Clavert, Frédéric, Noiret, Serge, L'Histoire contemporaine à l'ère numérique, Bruxelles: PIE-Peter Lang, 2013.
  21. Voyant Tools est un outil mis au point par Stéfan Sinclair et Geoffrey Rockwell.
  22. Site internet : Réseaux
  23. Site internet : Social Networks
  24. Site internet : Scientometrics
  25. Vinck D., Natale E. (2015). La transformation des sciences historiques. La part du numérique, In A, Gorga et J.Ph. Leresche(éd), Transformations des disciplines académiques: entre innovation et résistance, Paris, EAC, 65-79    
  26. Donald Schön (1983) The Reflective Practitioner, How professionals think in action, Basic Books. ISBN 0-465-06878-2
  27. Burdick, A., Drucker, J., Lunenfeld, P., Presner, T., Schnapp, J. (2012), Digital_Humanities, Cambridge (MA) & London, The MIT Press, p. 12-13 : édition en libre accès disponible en ligne
  28. Vial, S., Rinato Y. (2015), « 2DH — Design & Digital Humanities : le design comme méthode pour les Humanités Numériques ? », THAT Camp Paris 2015, Paris (France), 9 juin 2015 : http://tcp.hypotheses.org/849
  29. Voici un extrait significatif de l'ouvrage collectif Digital_Humanities paru en 2012 chez MIT Press dont sont également tirées les citations précédentes : « Design in dialogue with research is simply a technique, but when used to pose and frame questions about knowledge, design becomes an intellectual method. In the hundred-plus years during which a self-conscious practice of design has existed, the field has successfully exploited technology for cultural production, either as useful design technologies in and of themselves, or by shaping the culture’s technological imaginary. As Digital Humanities both shapes and interprets this imaginary, its engagement with design as a method of thinking-through-practice is indispensable. Digital Humanities is a production-based endeavor in which theoretical issues get tested in the design of implementations, and implementations are loci of theoretical reflection and elaboration. » Burdick, A., Drucker, J., Lunenfeld, P., Presner, T., Schnapp, J. (2012), Digital_Humanities, Cambridge (MA) & London, The MIT Press, édition en libre accès disponible en ligne, p. 13
  30. tels que le médialab de sciences po : http://www.medialab.sciences-po.fr/
  31. Giorgio Caviglia, The design of heuristic practices, 2013.
  32. http://hdlab.stanford.edu/
  33. http://hyperstudio.mit.edu/
  34. Voir par exemple le projet de recherche CODEC de l'université de Durham.
  35. Birmingham Institute for Textual Scholarship and Electronic Editing
  36. Muenster Institut für neutestamentliche Forschung
  37. Center for the Study of the New Testament Manuscripts
  38. Une liste des logiciels SIG, libres et propriétaires, est disponible.
  39. Roy Rosenzweig, « Scarcity or Abundance? Preserving the Past in a Digital Era », American Historical Review, 108, 2003, p. 735-762, disponible en ligne.
  40. « Archives de l'internet », sur Bibliothèque nationale de France,‎ (consulté le 1 décembre 2013)
  41. « Documentation et sciences sociales. Des musées laboratoires aux Humanités digitales », sur HAL-SHS,‎ (consulté en 17 décembre 2013)
  42. Marin Dacos, Pierre Mounier, L'Édition électronique, La Découverte, Paris, 2010.
  43. Moritz Hunsmann, Sébastien Kapp (dir), Devenir chercheur. Écrire une thèse en sciences sociales, Éditions de l’EHESS, collection Cas de figure, 10 octobre 2013, p. 251. ISBN 978-2-7132-2416-4.
  44. John Willinsky, The access principle: the case for open access to research and scholarship, Cambridge (Mass.), MIT Press,‎ (ISBN 9780262232425).
  45. Peter Suber, Open Access, MIT Press, 2012.
  46. Site du THATCamp Paris
  47. Site du THATCamp Ghent
  48. Site du THATCamp Göttingen
  49. Liste de tous les THATCamp en Europe
  50. Day in the Life of the Digital Humanities 2009, premier du nom, puis 2010, 2011, 2012.
  51. Día de las Humanidades Digitale (en Espagnol)
  52. ADHO
  53. Site web officiel d'Humanistica, l'association francophone des humanités numériques
  54. http://thatcamp35.hypotheses.org/
  55. Vers une association francophone des humanités numériques !
  56. Première assemblée générale de l’association francophone des humanités numériques !
  57. Il existe ainsi une Carte des digital humanities francophones, collaborative, proposée par le Pôle informatique de recherche et d'enseignement en histoire (PIREH) de l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne (page consultée le 25 octobre 2013).
  58. Site internet : PIREH
  59. Humanidades Digitales Hispánicas. Sociedad Internacional (HDH)
  60. Red de Humanidades Digitales de México
  61. Associação das Humanidades Digitais
  62. Fondazione Rinascimento Digitale
  63. Umanistica digitale
  64. DARIAH
  65. CLARIN
  66. ESS
  67. En ligne : Digital Studies / Le champ numérique
  68. En ligne : Journal of Digital Humanities
  69. En ligne : Digital Humanities Quarterly
  70. En Ligne : Journal of the Text encoding initiative
  71. Lire en ligne
  72. Lire en ligne
  73. Lire en ligne
  74. Lire en ligne
  75. Lire en ligne
  76. Lire en ligne
  77. Notamment (en anglais) : Doing Digital Humanities (DARIAH) et Digital Humanities. Voir la liste complète.
  78. http://mitpress.mit.edu/books/open-access
  79. http://www.tei-c.org/release/doc/tei-p5-doc/en/html/
  80. Disponible sur Internet : http://books.openedition.org/cdf/506
  81. Disponible sur Internet : http://books.openedition.org/oep/128
  82. http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506596/cause-commune
  83. http://www.sharing-thebook.com/
  84. Disponible sur Internet : http://books.openedition.org/obp/513
  85. Disponible sur Internet : http://books.openedition.org/editionsmsh/78
  86. Disponible sur Internet : http://books.openedition.org/editionsmsh/130

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Logiciels[modifier | modifier le code]

  • Gephi est un logiciel libre, issu du projet e-Diaspora, permettant la visualisation de réseau.
  • Hyperbase est un logiciel de lexicométrie/textométrie/logométrie développé depuis le début des années 1980 et livré en 2014 dans sa version 9.0. Il permet l'étude de grands corpus textuels grâce à l'hypertextualité (moteur de recherche, concordancier, recherche par mots-clefs) et grâce aux statistiques textuelles (calcul des spécificités, des thèmes, des cooccurrences, de la distance entre les textes, de la richesse lexicale, AFC, analyse arborée, etc.). Articulé sur les lemmatiseurs Cordial ou Tree Tagger, il permet de traiter les mots graphiques du corpus, les lemmes, les étiquettes grammaticales et les enchainements syntaxiques. Développé par Étienne Brunet, le logiciel est produit par le CNRS et l'Université de Nice Sophia Antipolis.
  • IRaMuTeQ est un logiciel libre d'analyse de texte, développé par Pierre Ratinaud.
  • Voyant Tools permet de visualiser et d'explorer des textes
  • Prospero (PROgramme de Sociologie Pragmatique, Expérimentale et Réflexive sur Ordinateur - © Doxa) est un logiciel d'analyse de données textuelles qualifié par ses concepteurs de technologie littéraire pour les sciences humaines. Le logiciel a été conçu par le sociologue Francis Chateauraynaud et l'informaticien Jean-Pierre Charriau.
  • Philcarto est un logiciel de cartographie. Le code n'en est pas libre, mais le logiciel est gratuit (freeware). Il fonctionne sur Windows.
  • OpenRefine est un logiciel libre et gratuit de lissage de données (anciennement nommée Google refine).

Il existe un Wiki recensant de très nombreux logiciels: Bamboo DiRT (Digital Research Tools - en Anglais).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]